Le plus précieux de nous-mêmes est ce qui reste informulé.
Avez-vous remarqué que, quel que soit le bruit qui vous réveille, il cesse aussitôt que vous êtes éveillé ?
Le talent d'un homme est ce qui nous manque pour mépriser ou détruire ce qu'il a fait.
La morale est l'épine dorsale des imbéciles.
Etre écrivain, c'est la façon exemplaire, proclamée, de ne pas devenir un adulte.
Tu n'invoqueras pas le nom de Dieu avant d'avoir épuisé tous les mots de cinq lettres.
Pour un mélomane la plus belle pièce de musique est celle qu'il écoute ; pour un collectionneur c'est celle qu'il n'a pas dans sa discothèque.
L'amour est immortellement jeune, et les façons de l'exprimer sont et demeureront éternellement vieilles.
Le flambeau de l'hymen est une lanterne sourde.
Nous sommes le seul animal qui soit surpris de l'univers, et qui s'étonne tous les jours de n'en être pas plus étonné.
Il faut que les obscurs coquins d'en bas aillent mourir pour que les grands coquins d'en haut soient bien assis.
En fin de compte, l'important, ce n'est pas ce que j'ai réussi à faire dans la vie, mais que je n'aie pas vécu une seule minute inutile.
Il y en a qui n'ont tout leur esprit que lorsqu'ils sont de bonne humeur, et d'autres que lorsqu'ils sont tristes.
Le geste de bénédiction ne fait pas dévier le vent froid.
Lorsque l'on fait voir à un homme artificieux qu'on reconnaît ses artifices, on lui donne sujet de les augmenter.
Quelqu'un qui vous répète toujours qu'il n'est pas fou doit avoir quelques doutes.
L'ordre, à la longue, se met de lui-même autour des choses.
Ce qui vient du coeur peut s'écrire, mais non ce qui est le coeur lui-même.
Gens trop heureux font toujours quelque faute...
La nature féminine est un abandon sous forme de résistance.
Ce que Dieu a fait de mieux, c'est que chacun se trouve bien comme il est.
Qui verse le sang de l'homme, par l'homme aura son sang versé.
Nous sommes tous des farceurs : nous survivons à nos problèmes.
L'historien et le romancier font entre eux un échange de vérités, de fictions et de couleurs, l'un pour vivifier ce qui n'est plus, l'autre pour faire croire ce qui n'est pas.
Les latins disaient : la faim de l'or, auri fames. Nous, plus énergiquement, la soif de l'or. La soif est en effet un besoin plus violent et dont la satisfaction cause l'ivresse.
L'opposition systématique se donne bien garde de demander quelque chose qu'elle pourrait obtenir, car alors il lui faudrait être contente ; et être contente pour l'opposition, c'est cesser d'être.
L'O donne de la majesté à tous les mots en les rendant plus sonores.
Les maux réels affectent moins les hommes que l'idée qu'ils se font de leur condition.
Celui qui vit de peu vit beaucoup.
L'existence est illusoire à moins d'être transposée en réflexion.
Dans un feuilleton américain, le suspense est très soutenable.
Malades, la plupart des gens le sont. Mais seuls les psychanalystes y voient un titre de gloire.
Mourir est une chose qui ne se fait que pour soi.
Tout songe est un procès absolu de toute la réalité.
Je crois afin de comprendre.
Les années ne modifient pas notre essence, si tant que nous en ayons une.
Qui ne croit pas à l'enfer ne va pas en enfer.
Je me méfie de la contagion des machines.
L'éphémère est la matière du théâtre.
Si une pièce, sur le papier, satisfait le lecteur de quelque façon, on peut juger que la pièce est mauvaise.
Chacun est le produit de ses pensées.
Espérer, c'est être heureux.
Quand l'homme comprendra-t-il qu'il n'est pas un dieu, mais une toute petite poussière dans l'univers ?
Les théâtres qui ont les succès les plus durables sont ceux où les sièges sont les plus rapprochés.
Les jeunes Gitans sont persuadés qu'ils ne vieilliront pas en Gitans.
Toute innocence se souille inéluctablement.
Quand dans une réunion, un homme ne dit rien alors que tout le monde parle, on n'entend plus que lui.
L'éloquence est l'art d'exprimer les pensées des autres.
Le soleil, sans donner un sou à personne, fait la vie et la richesse du monde.
Si vous saviez, lorsque vous commencez à écrire un livre, ce que vous allez dire à la fin, croyez-vous que vous auriez le courage de l'écrire ?