Ce qui manque aux orateurs en profondeur, ils vous le donnent en longueur.
L'idée d'être un symbole me déplaît, mais si je dois être le symbole de quelque chose je préfère que ce soit du sexe.
Aimer, c'est n'avoir plus droit au soleil de tout le monde. On a le sien.
Ceux qui écrivent comme ils parlent, quoiqu'ils parlent très bien, écrivent mal.
Je n'aime pas les maisons neuves : leur visage est indifférent.
La vie serait courte sans les malheurs qui la rendent longue.
Le chagrin creusé par ceux qui partent fait le nid de ceux qui arrivent dans le coeur de ceux qui espèrent.
On n'est jamais trahi ; on se sert des autres pour se trahir soi-même.
J'ai connu des hommes de grand courage qui avaient peur de leur femme.
L'esprit dit de jolies choses et n'en fait que de petites.
L'opinion publique : le public achète ses opinions comme il achète sa viande ou se fait apporter son lait, selon le principe que cela coûte moins cher que d'avoir une vache.
La rime suit l'idée et parfois la précède.
La philosophie nous montre bien qu'il y a un Dieu, mais elle est impuissante à nous apprendre ce qu'il est, comment et pourquoi il le fait. Il faudrait être lui-même pour le savoir.
A Dieu ce qui est à Dieu, à César ce qui est à César ! Il fallait être là au moment du partage.
Les livres ne font que rendre ce qu'on leur donne.
On n'improvise jamais mieux que lorsqu'on sait son texte.
Les gens, ils trouvent que le monde est bien comme il est, tout juste comme il est et chacun d'eux, provisoirement, puise le sens de sa vie dans celle de l'autre.
C'est sur la terre que s'engagent les dépenses, mais le grand livre où on les apure est au ciel.
Qui ne compte plus sur le bonheur est moins soigneux de sa conscience.
Quêter l'amour des autres, quand on n'a rien à lui offrir en retour, n'est-ce pas une malhonnêteté ?
Les célibataires en savent plus long sur le mariage que les hommes mariés. Sans quoi, ils ne seraient pas restés célibataires.
Les femmes quelconques en savent plus sur les hommes que les belles.
L'on doit se taire sur les puissants : il y a presque toujours de la flatterie à en dire du bien ; il y a du péril à en dire du mal pendant qu'ils vivent, et de la lâcheté quand ils sont morts.
Un discours est recevable dès l'intant qu'il produit un sens du monde pour celui qui l'énonce.
Pour promettre l'Eternité, les religions restreignent les Libertés.
Qu'est-ce que la possession qu'un lent désir n'a pas précédée ?
Refuser d'aimer, c'est déjà aimer dans une certaine mesure.
Tous les parents se valent.
Le malheureux accuse, invoque la fortune ; L'heureux n'en reconnaît aucune, Et ne veut rien devoir qu'à ses propres talents.
Les partis de la liberté vivent de l'impuissance de leurs partisans.
Le film a la capacité de tout exprimer sans rien dire.
Mieux vaudrait, par respect pour l'arbitraire du destin, ne jamais former de phrases qu'au conditionnel : du moins n'engage-t-il à rien.
La mode entre une année et sort la suivante.
Chacun sa mort, on a celle qu'on mérite, ça ne sert à rien de vouloir la reconnaître, elle n'a jamais le même visage, et au fond pour chacun elle ne peut ressembler qu'à soi-même.
Possession : tension vers l'infini, délicieux désespoir, appréhension momentanée de la béatitude.
Ne plus se souvenir, c'est peut-être ça, vieillir.
Rien n'est estimable en soi, ni l'or, ni les perles, ni les soieries les plus fines. Un objet, si parfait soit-il, n'a de valeur que par le souvenir qu'il incarne.
La mort signe d'une croix.
La politique n'est rien d'autre qu'un moyen de s'élever dans le monde.
Trouvez-moi un seul curé pressé d'aller au paradis !
Etre jugé sur son intelligence est aussi injuste que d'être jugé sur sa beauté. L'un et l'autre sont, à 65 %, des qualités innées. Ce sont donc des critères égaux en iniquité.
Le caprice de notre humeur est encore plus bizarre que celui de la fortune.
Celui qui interroge se trompe Celui qui répond se trompe.
L'homme est un biftèque. L'homme est composé de tripes, de foie, d'entrecôtes et d'os à moelle.
Il n'y a pas que des salauds au gouvernement. Il faut rester objectif. Il y a aussi des incompétents.
La pensée idéologique est toujours contre quelqu'un. Elle est toujours un instrument de violence. Elle en est imprégnée, empoisonnée.
Si quelqu'un me montrait entre l'indépendance complète et l'asservissement entier de la pensée une position intermédiaire où je puisse espérer me tenir, je m'y établirais peut-être ; mais qui découvrira cette position intermédiaire ?
Il y a peu de travail et beaucoup trop de population sur la terre.
"Tromper", toute la femme est là.
Ce n'est pas la star qui fait l'audience, mais l'audience qui fait la star.