Si la prière ne change pas notre destin, elle change nos sentiments, utilité qui n'est pas moindre.
Le seul homme qui peut changer d'idée est celui qui en a une.
Si vous voulez voir la valeur de l'argent, essayez donc d'en emprunter.
Le moins que l'on puisse demander à une sculpture, c'est qu'elle ne bouge pas.
L'amour qui économise n'est jamais le véritable amour.
Parler est bien, écrire est mieux ; imprimer est excellente chose. Car si votre pensée est bonne, on en profite ; mauvaise, on la corrige et l'on profite encore.
Apprendre par coeur ; ce mot me plaît. Il n'y a guère en effet que le coeur qui retienne bien, et qui retienne vite.
L'amour, tel qu'il existe dans la société, n'est que l'échange de deux fantaisies et le contact de deux épidermes.
"Je pense, donc je suis" est un propos d'intellectuel qui sous-estime les maux de dents.
La mer isole de tout et dispense des sensations qui n'ont rien à voir avec les tics nerveux citadins.
Quand il est nécessaire de changer, il est nécessaire de ne pas changer.
Dans le coeur humain, il y a des cordes qu'il est préférable de ne pas faire vibrer.
On ne chemine jamais qu'entraîné par la force de son naturel.
Si vous achetez ce qui est superflu, vous vendrez bientôt ce qui est nécessaire.
La paix, si jamais elle existe, ne reposera pas sur la crainte de la guerre mais sur l'amour de la paix.
La patience du consolateur tient à ce qu'il a ses propres embêtements.
Les prisons sont bâties avec les pierres de la Loi, les bordels avec les briques de la Religion.
Un modéré, c'est un monsieur qui s'occupe modérément des intérêts d'autrui.
Ce n'est pas ce que les femmes vous disent qui est intéressant, c'est ce qu'elles vous taisent.
Les poèmes se font à peu près comme les canons : on prend un trou, et on met quelque chose autour.
Les îles sont de petits continents en abrégé.
Dieu parle à tout le monde, mais la plupart d'entre nous ne lui laissent pas placer un mot.
La débauche est une illusion de ceux qui n'en ont plus.
Les dieux sont nos métaphores, et nos métaphores sont nos pensées.
L'expérience d'autrui est peu profitable, et il faut que chacun paie le tribut de sa propre inexpérience.
L'on croit se libérer (et de quoi ?) en écrivant et à écrire, on s'emprisonne. L'on crée des personnages qui nous enchaînent et l'on a peur de revivre leur destinée.
La coutume fait tout jusqu'en amour.
Il en est des bêtes comme des hommes, on ne peut pas en aimer plusieurs.
Avec de l'argent, on plie bien des consciences.
La pierre de touche du succès n'est pas que le problème soit difficile, mais qu'il soit différent de celui de la veille.
Des concepts sans matière sont vides.
On comprend toujours bien ce que l'on aime !
On ne fait pas de guerres pour des territoires mais pour des mots.
Il faut convaincre les vivants que les morts ne savent pas chanter.
L'aveu est la tentation du coupable.
La mort est la chose la plus simple qui soit si on évite de philosopher à son sujet.
Liberté ? Nom donné le plus souvent à tous les sentiments inutiles. Ou à une dispersion à justifier.
Rien n'est plus humiliant parfois que la pitié exprimée.
C'est leur apanage aux guerres d'amener sur le devant de la scène ce qui se tenait caché en coulisses, qu'on ne voit pas d'ordinaire, le mettre sous les projecteurs.
Plus on a du succès, plus on devient timide.
Un héros qui n'a pas l'occasion de faire des prouesses a l'impatience d'un coursier devant son auge.
Il n'y a pas de vices mais des choses mal faites.
On dit beaucoup qu'en politique, il ne faut pas faire de querelles de personnes. Mais alors, quoi d'autre ?
Les idées passent mal à la télé.
Ce ne sont ni les hommes, ni les passions, encore moins les idées qui mènent le monde. Mais les mots, rien que les mots.
Comme les devins, les femmes ont tendance à mettre de la pensée partout, à lire l'univers des objets et des choses comme un parchemin. Elles ne regardent pas, elles déchiffrent. Tout à toujours un sens.
Nous ne choisissons pas les choses qui nous touchent.
Un peu de mystère, et l'Espérance clignote.
Écrire : une plume griffant le silex de la mort.
Dans une pièce de théâtre, rien de plus inutile qu'une phrase bien faite.