Je dis "vous" à mon impresario. Avec l'argent qu'il me prend, j'ai toujours cru qu'ils étaient deux.
Le triomphe de l'amour, c'est de ne pas s'habituer l'un à l'autre.
On sent que les loups ce sont des bêtes avec lesquelles on peut s'entendre, sinon avec des paroles en tout cas avec des coups de fusil.
Toute vraie passion ne songe qu'à elle.
L'infini fait autant de peur à notre vue qu'il plaît à notre âme.
Il ne faut pas beaucoup d'esprit pour montrer ce qu'on sait ; mais il en faut infiniment pour enseigner ce qu'on ignore.
Les reines ont été vues pleurant comme de simples femmes.
Ne disons pas du mal du diable : c'est peut-être l'homme d'affaires du bon dieu.
Tant chauffe-t-on le fer qu'il rougit.
L'amour est une herbe spontanée et non une plante de jardin.
Le dernier mot dans une affaire est toujours un chiffre.
A l'oeuvre on connaît l'ouvrier.
La seule façon d'oublier qu'on n'a qu'une vie, c'est d'avoir plusieurs femmes...
L'amour plaît plus que le mariage, pour la raison que les romans sont plus amusants que l'histoire.
Ce n'est pas ce que les femmes vous disent qui est intéressant, c'est ce qu'elles vous taisent.
Celui qui pourvoit uniquement à l'avenir est moins prévoyant que celui qui ne pourvoit qu'à l'instant, car il ne pourvoit même pas à l'instant, mais seulement à sa durée.
On ne choisit pas plus son esprit que son visage. On ne s'attache pas moins à l'un qu'à l'autre.
Les larmes ne sont un aphrodisiaque qu'à vingt ans.
Le public a l'esprit juste, solide et pénétrant : cependant comme il n'est composé que d'hommes, il y a souvent de l'homme dans ses jugements.
Des sottises faites par des gens habiles ; des extravagances dites par des gens d'esprit ; des crimes commis par d'honnêtes gens... voilà les révolutions.
L'avenir est un paradis d'où, exactement comme de l'autre, personne n'est encore jamais revenu.
Que doit penser Dieu des bigots qui pensent savoir ce qu'Il pense ?
Le remplisseur de formulaire est un exhibitionniste qui autorise tout, y compris et surtout l'incontournable croisement des données qui permettra de le prendre au tournant.
Mourir : occasion posthume de faire parler de soi.
Dieu est esprit, il pense, il veut ; mais ne l'humanisons pas : il ne pense et ne veut pas comme nous.
Dieu est-il mort ? Non, pour avoir le droit de mourir, il faut avoir vécu.
Pourquoi n'entend-on jamais parler de l'imbécile malheureux ?
L'habitude de la sagesse dispense presque toujours de la vertu.
Nier c'est encore affirmer.
Le Français est un critique par essence, c'est un de ses charmes...
Il est possible que nous portions en nous, occultes, enterrées, certaines métaphores primordiales, et que toute quête verbale n'ait d'autre but que de déchiffrer ces images antérieures.
Il n'y a point d'âge légal pour le malheur.
La bêtise ne dispense pas de la nécessité de penser.
Le monde ne peut jamais pardonner à ceux qui ne sont coupables de rien.
L'écrivain est peut-être un politicien fourvoyé dans un état social qu'il n'a pas choisi mais dont il se sert comme d'une tribune...
Fort peu de femmes aiment leurs maris ; il n'y a point de maris qui, malgré leurs distractions, ne soient attachés à leurs femmes.
Le désir est le plus éloquent des langages et le mieux compris.
Si les plaisirs sont plus grands lorsqu'on les prévoit, il en va de même pour les problèmes.
Il n'y a de hasard que dans les choses dérivées et multiples.
Qu'est-ce que la civilisation ? C'est l'argent mis à la portée de ceux qui en possèdent.
Le peuple voudrait en finir, or il n'y a pas de fin.
Ne t'impose pas ce que tu ne peux pas faire.
La vraie fin de l'homme, ce n'est pas la mort, c'est sa perfection.
Les poètes le sont par l'âme et non par le savoir. L'érudition n'engendre que peu de poètes.
Le vocabulaire de l'amour étonne par sa pauvreté.
Pour cesser de croire à la vie, il faudrait que Dieu cessât d'exister !
Il est difficile à supporter le langage de l'homme qui dit ce que pensent les autres.
Il n'y a rien qu'un être humain fasse une seule fois. Si un être humain fait une chose un jour, c'est que c'est dans sa nature. Chaque personne passe son temps à reproduire les mêmes actes.
Les ordinateurs modernes se situent quelque part entre l'obsolescence et le néant.
Chacun poursuit en lui sa Route des Indes et l'homme est plus vaste que la terre, dont on fait le tour en quelques heures.