Si ton âme est blessée, ne blâme jamais les autres de ses plaies.
Tant qu'il y aura des yeux reflétant les yeux qui les regardent ; tant qu'une lèvre répondra en soupirant à la lèvre qui soupire ; tant que deux âmes pourront se confondre dans un baiser, il y aura de la poésie !
Chaque mot est un préjugé.
Au joug depuis longtemps, ils se sont façonnés ; ils adorent la main qui les tient enchaînés.
On dédaigne volontiers un but qu'on n'a pas réussi à atteindre, ou qu'on a atteint définitivement.
Nous ne trouvons guère de gens de bon sens, que ceux qui sont de notre avis.
Entre le plus possible dans l'âme de celui qui te parle.
Les seules choses qui sont sûres en ce monde ce sont les coïncidences.
Un livre c'est comme une bande dessinée, sauf que les images se trouvent entre les lignes.
La presse étant un sacerdoce, il faut bien pourvoir aux frais du culte.
Logique : un bon outil qu'on nous vend presque toujours sans la manière de s'en servir.
Qu'est le plus beau ? Le mouvement du félin ou son calme ?
Les femmes absolument belles n'ont de pudeur que juste ce qu'il faut pour faire valoir leur beauté.
Il y a des jugements dans la vie qui jugent celui qui les prononce.
Le propre des grands livres est que chaque lecteur en est l'auteur.
La pensée est immortelle, à condition qu'on la fasse perpétuellement renaître.
Le style n'est pas une danse, c'est une démarche.
Il vaut mieux escompter le pire. Nous n'aurons plus que de bonnes surprises.
L'esprit occupe à chaque instant tout l'espace dont il dispose.
C'est très important de donner une chance aux enfants.
Il n'y a pas de mathématiques modernes. Ces deux mots anodins font pourtant régner la terreur dans des millions de foyers où les parents, angoissés, "sèchent" sur des problèmes donnés à leurs fils en quatrième.
Si votre femme est laide, dites-lui qu'elle est jolie. Alors, elle songera : "J'ai épousé une âme d'artiste".
L'étiquette ne doit pas être plus grosse que le sac.
N'est-ce pas là l'éternité ? Cette poussée soudaine d'une âme en nous et ce départ pour un monde qu'on ne possède qu'à deux.
Il nous est difficile de parler de bêtise, sachant bien qu'on est, ou deviendra, toujours l'imbécile de quelqu'un.
Un désir fou grandit rarement seul. L'erreur se partage.
L'âge est devenu une maladie vénérienne.
A-t-on le droit de se considérer comme l'auteur de pensées qu'on n'a pas souhaitées ?
Faut pas laisser traîner une idée, on risque de la perdre.
A quoi cela sert-il de se faire couper les cheveux, puisqu'ils repoussent.
Il n'existe pas de plus beau paysage que le corps vibrant ou alangui de qui l'on aime ; pas de plus sûr refuge que l'âme secrète et tendre de qui l'on aime ; pas de meilleure nourriture que les caresses de qui l'on aime.
Pourquoi voudrais-je être Caton qui déchire ses entrailles, plutôt que César triomphant ?
Près du bonheur extrême est l'extrême infortune.
La pire drogue, c'est l'amertume, elle empoisonne la vie, mais conserve son homme.
Peur, curieux comme ce mot revient souvent dans les confidences des hommes quand ils se racontent au lieu de plastronner.
Ayez toujours quelque chose à désirer ; sinon votre bonheur vous rendra malheureux.
Celui qui vénère le pouvoir est un homme en péril et celui qui révère les signes du pouvoir est un homme à sa fin !
On connaît son avenir tout autant que son passé, mais on préfère vivre comme si on ne connaissait ni l'un ni l'autre.
Les rêves vécus à deux forment les souvenirs les plus beaux.
Avec une télécommande et une chasse d'eau, l'homme est un animal sédentaire qui vit heureux.
Les livres de théâtre scellent la mort de la jouissance que procurent le spectacle.
On va au théâtre pour voir et savoir, pour sentir et ressentir. On se met en état d'attente, dans l'espoir d'attendre ou de comprendre quelque chose que l'on n'a pas su comprendre jusqu'alors.
Il y a une différence capitale entre "être" et "en être". Appartenir à l'un ou à l'autre groupe n'a aucune importance pourvu qu'on s'amuse.
Quand quelqu'un s'en va, il a tendance à oublier ceux qu'il laisse derrière lui.
Délire laborieux et appauvrissant que de composer de vastes livres, de développer en cinq cent pages une idée que l'on peut très bien exposer oralement en quelques minutes.
Cultivez-vous, puis oubliez.
L'intelligence, c'est l'imprévisible.
Le secret de l'industrie moderne, c'est l'utilisation intelligente des résidus.
Les beaux-arts, c'est ce qui ressemble le plus aux mythes de la création ; à la main du démiurge qui, de la matière, extrait les formes, les anime, recrée la vie.
La clémence ouvre le chemin à la vie, la recherche du mal conduit à la mort.