Vous n'ouvrez jamais la bouche jusqu'à ce que vous sachiez quel est le tir.
Mais parlent-elles ? Ces cris, pleurs, chants, bavardages, langues étranges, disent très clairement l'impossibilité pour les femmes d'accéder à la seule parole reconnue, la parole politique. Et nous avons dit dès le début de ce livre à quel point la quasi-absence d'écrits de femmes oblitère tout essai de constituer une histoire des femmes antiques.
Pour la première fois, nous nous apercevons que notre langue manque de mots pour exprimer cette insulte : la démolition d'un homme.
Le langage des yeux. Quel doux dialogue, quelle merveilleuse cascade d'idées, dites dans le silence.
A vingt ans, une femme ne veut épouser que l'homme avec lequel elle pense être heureuse ; à trente ans, elle pense être heureuse avec n'importe quel homme qui voudrait l'épouser.
Comme la Hongrie, le monde informatique a une langue qui lui est propre. Mais il y a une différence. Si vous restez assez longtemps avec des Hongrois, vous finirez bien par comprendre de quoi ils parlent.
Dans la langue d'un acteur, savoir est synonyme de sentir.
Le pardon, quel repos !
La langue est fasciste. La possibilité de tricher avec elle se nomme littérature.
Nous avons été impliqués dans plus de guerres, sur une base bilatérale, depuis que les Nations Unies ont été formées que n'importe quel autre pays et de loin.
Les jeunes ne peuvent pas savoir à quel âge ils pensent et ressentent. Mais les vieillards sont coupables s'ils oublient ce que c'était que d'être jeunes.
La réalité... Quel drôle de concept !
Dans une langue que nous savons, nous avons substitué à l'opacité des sons la transparence des idées.
N'importe quel lâche peut mener une bataille quand il est sûr de gagner.
Qui s'est brûlé la langue n'oublie plus de souffler sur sa soupe.
Un écrivain traduit est un écrivain en exil dans une langue étrangère.
Ma bouche sera la bouche des malheurs qui n'ont point de bouche, ma voix, la liberté de celles qui s'affaissent au cachot du désespoir.
Si aujourd'hui nous ne sommes pas heureux, quel jour devrons-nous attendre pour l'être ?
La langue est du vin sur les lèvres.
L'horizon est bouché à l'émeri et du sol poussent des lampadaires occupés à se mirer dans un point d'interrogation.
- Je t'aime... - Quel dommage !
Plus on parle de transparence, moins on sait qui dirige quoi, qui manipule qui, et dans quel but.
Ceux qui n'ont pas la même quantité de salive ne doivent pas manger de la farine ensemble.
Chaque langue est infiniment riche et propose une grille de l'univers qui lui est propre.
Le même discours dans la bouche d'un homme obscur, ou dans celle d'un homme qu'on considère, produit des impressions bien différentes.
La langue télédiffusée est à la hauteur des contenus qu'elle véhicule : ses approximations portent des messages d'une totale superficialité.
Quel homme est sans erreur ? Et quel roi sans faiblesse ?
Mais Liszt, coeur généreux, toujours prêt, à se dévouer pour une belle cause, avait compté sans l'esprit envahissant de son colossal et dangereux protégé, incapable de partager l'empire du monde, fût-ce avec son meilleur ami. On sait maintenant, depuis la publication de la correspondance entre Liszt et Wagner, de quel côté fut l e dévouement.
Les couteaux les plus aigus peuvent s'émousser mais la langue d'un homme reste toujours tranchante.
Une sottise dite par une vieille bouche est aussi sotte que dite par de jeunes lèvres.
Il faut revenir au théâtre pour redevenir attentif à notre destin dans la langue et saisir le grand mouvement de nos vies, que la scène restitue et rend visible.