La gloire de dictateurs est vaine. En effet, leurs monuments sont plus durables de leur vivant qu'après leur mort.
Quand on parle trop du loup, il finit par l'apprendre.
Il existe en nous des germes de ressemblance que développe l'amour. Un geste, une inflexion de voix, tôt ou tard, trahissent les amants les plus prudents.
L'âme de l'homme est comme un marais infect : si l'on ne passe vite, on s'enfonce.
L'immense majorité des hommes désire et a une femme à la mode, comme on a un joli cheval.
Quand nous sommes las d'aimer, nous sommes bien aises que l'on devienne infidèle, pour nous dégager de notre fidélité.
Je hais cet accidentel repentir que l'âge apporte.
Les passions font moins de mal que l'ennui, car les passions tendent toujours à diminuer, tandis que l'ennui tend toujours à s'accroître.
Peu importe le succès, il s'agit d'être grand, non de le paraître.
La sottise des gouvernements répond à celle des citoyens, la sottise des journaux à celle de leurs lecteurs.
Il n'y a de nouveau que ce qui a vieilli.
La mégalomanie c'est la silicone des artistes.
Les femmes conduisent désormais comme les hommes. Ce qui m'étonne, c'est qu'elles en soient fières.
Les Irlandais sont des gens justes : ils ne disent jamais du bien les uns des autres.
Les femmes croient toujours ce qu'elles ont besoin de croire, tant pis pour elles.
Le métier de ministre est devenu à peu près impossible, mais cela ne semble pas décourager les vocations.
Le drame de notre époque apporte comme de juste des dividendes à ses créateurs.
Hygiène des esprits ? Alors que les âmes sont déjà si stérilisées ?
Le rêve est une allusion.
Peut-être que nous sommes nos pires ennemies, nous les femmes.
Les morts ne sont que des vivants amnistiés.
Le devoir est l'ennemi juré du caprice. L'un commande et l'autre désobéit.
Les malheurs passés ne servent vraiment à rien qu'à faire des livres.
La vraie pitié est toujours celle que l'on éprouve pour soi-même.
Mieux vaut vivre accidentellement que de mourir sans savoir pourquoi !
C'est toujours des bagatelles qui sont à la source des révolutions.
Les liaisons ennuyeuses ou tragiques sont des erreurs de peau, de squelette, de parfum, de voix.
Sans les songes, c'est un champ incolore la mer.
Les danses s'établissent sur la poussière des morts et les tombeaux poussent sous les pas de la joie.
Une vieille coquette ne dit ni les années qu'elle a, ni les dents qu'elle n'a plus.
Ce qui est fascinant, avec l'argent boursier, c'est que, lorsqu'on le perd, en cas de baisse, par exemple, il se volatilise, il ne va dans la poche de personne. D'une certaine façon, c'est poétique.
La moitié du dictionnaire, c'est des mots pour les vieux.
Cela fait souvent de la peine de penser.
Et croyez-vous, parce que nous sommes partis, que nous sommes certains d'arriver ?
Autrefois, les écrivains dénués de métier voulaient passer pour en avoir ; aujourd'hui ceux qui en sont farcis veulent nous faire croire qu'ils ne savent même pas ce que c'est. Tel est le progrès.
Les Etats-Unis d'Europe sont l'avenir de la République.
Les amants ne tiennent que des propos volatiles... Et il se trouve des dindes pour les écouter !
Nos raisons renoncent Mais pas nos mémoires.
Dans une discussion, je suis toujours du côté de l'adversaire.
On ne peut comprendre un processus en l'interrompant. La compréhension doit rejoindre le cheminement du processus et cheminer avec lui.
On appelle cette mise en question de ma spontanéité par la présence d'Autrui, éthique. L'étrangeté d'Autrui - son irréductibilité à Moi - à mes pensées et à mes possessions, s'accomplit précisément comme une mise en question de ma spontanéité, comme éthique.
L'idée d'âme a été pendant longtemps et reste encore en partie la forme populaire de l'idée de personnalité.
Quand je m'ennuie, j'achète un ticket de métro, et je passe la journée à lire des visages.
Le preux ne cherche d'autre protection que dans l'expertise de son destrier, dans la qualité de son armure et dans le dévouement de ses camarades dont l'amitié le flanque. L'honneur l'oblige à paraître intrépide.
La grande tristesse, c'est d'avoir eu vingt ans et de ne les avoir plus.
Femme adorable ! il fut le produit de l'amour, ce baiser si tendre et si doux.
Je n'écris pas pour faire rire les gens mais pour leur faire oublier qu'ils sont tristes.
Et c'est un parfum que penser à toi,Le dossier sur ton compte est complet,Sauf ce que nous avons omis de faire,Par mille baisers de fond.
Faites votre devoir et un peu plus encore, et l'avenir prendra soin de lui-même.
La science consiste à faire ce qu'on fait en sachant et en disant que c'est tout ce qu'on peut faire, en énonçant les limites de la validité de ce qu'on fait.