Ne soyez pas si pressée de croire tout ce qu'on vous raconte.
La lâcheté rend subtil.
La passion est une fièvre de l'esprit qui nous laisse toujours affaiblis.
On court le risque du dégoût quand on voit comment se préparent l'administration, la justice et la cuisine.
L'esclave qui obéit choisit d'obéir.
Avec les mots on ne se méfie jamais suffisamment.
A la place du bon Dieu, je ne serais pas très flatté de n'amener à moi que les gens qui ne trouvent pas mieux.
On ne donne rien si libéralement que ses conseils.
Rien de plus facile que d'effrayer un spectateur. On peut littéralement l'affoler, car la plupart des gens ont dans quelque partie de leur être une peur toute prête à éclore.
Des choses arrivent qui sont comme des questions. Une minute se passe, ou bien des années, puis la vie répond.
Le moyen d'être sauf, c'est de ne pas se croire en sécurité.
Si tu es robuste, tiens-toi tranquille ; les autres te respecteront plus qu'ils ne te craindront.
La physique donne le combien, la métaphysique le comment.
Si le rap excelle, le Jazz en est l'étincelle.
Il est plus aisé qu'un chameau passe par le trou d'une aiguille qu'il ne l'est qu'un riche entre dans le royaume des cieux.
Le premier signe de l'ignorance, c'est de présumer que l'on sait.
L'ironie n'est pas moins mordante que l'agressivité.
En France, nous avons nos réserves d'imbéciles comme les réserves de Peaux-Rouges en Amérique : ce sont les intellectuels. On est sûr de ne jamais en manquer.
Il avait mis tout son génie à faire oublier qu'il n'avait aucun talent.
Le chercheur de tare en trouvera même au paradis.
Et rien, pas même Dieu, n'est plus grand pour chacun que lui-même.
Les chats semblent avoir pour principe que ça ne peut pas faire de mal de demander ce qu'on veut.
Yeux : il leur arrive d'être fermés pour cause de décès.
Ce quelque chose que seul le temps peut faire et qu'on appelle - parce qu'on ne sait pas ce que c'est - fatalité.
Pour étudier l'ordre, il ne faut pas étudier le désordre.
Il n'y a pas en peinture de solution parce qu'il n'y a pas de problèmes.
Il y a beaucoup de livres qui n'ont l'air d'avoir été édités que pour servir à asseoir les enfants sur des chaises trop basses.
Ainsi que par César, on jure par sa mère.
L'enrageant c'est de penser que la France est le pays des inventeurs ! On en revient toujours à ceci : nous ne savons pas tirer parti de nos ressources.
Il y a tant d'égoïsme dans le coeur des hommes, tant d'intérêts personnels chez eux, que les belles initiatives viennent s'y briser comme les lames de la mer sur un rocher inébranlable.
A la périphérie, tout se ressemble. C'est très loin, au bout de chaque inquiétude, qu'on rencontre la clarté.
En politique, il n'y a pas de traîtres, il n'y a que des perdants.
Il n'y a pas de doute : après un certain âge, on a trop de peau !
La conversation est un commerce. Tous ceux qui y prennent part doivent dépenser ; c'est le seul moyen d'en tirer quelque chose.
Les crimes purement moraux et qui ne laissent aucune prise à la justice humaine, sont les plus infâmes, les plus odieux.
Le grand art, c'est toujours de l'érotisme camouflé.
Oscars aux acteurs dont le corps, la figure, la voix, ne font pas l'effet d'être à eux, ne donnent pas la certitude qu'ils leur appartiennent.
Essayez, si vous le pouvez, d'arrêter un homme qui voyage avec son suicide à la boutonnière.
Rien de ce qui est humain n'est simple.
Qu'est ce que je veux au juste, la connaissance ou la liberté ? L'une est-elle possible sans l'autre ?
Chaque homme possède au moins autant de raisons de se suicider que de ne pas le faire.
Nous sommes toujours quelque peu artificiels pour autrui.
Le plaisir auquel on s'est livré sans défense et sans retour devient le plus inexorable des ennemis.
Le lieu de Dieu est le monde, mais le monde n'est pas le lieu de Dieu.
Autrefois, quand on était las et dégoûté du monde, on entrait au couvent ; et lorsqu'on avait du bon sens, on y restait. Aujourd'hui, quand on est las et dégoûté du monde, on entre dans la révolution, et lorsqu'on est intelligent, on en sort.
Il faudrait être sot pour croire que l'on meurt à cause d'une déficience qui nous est personnelle, ce sont les autres qui nous tuent par leur entêtement à vivre...
La mémoire, comme le coeur, se laisse abuser, et souvent pas celui-ci comme de juste.
N'aidez pas la vie à se moquer de vous.
Les rêves de jeunesse sont des rêves solitaires qui durent peu.
La modestie et l'effacement sont même des conditions nécessaires au succès des hommes qui le méritent.