C'est fini, l'époque où je croyais aux bateleurs de la politique politicienne.
La gloire est comme ces navires où l'on ne meurt pas seulement à ciel ouvert mais aussi dans l'obscurité pathétique des cales.
Il se sentait toujours comme un puzzle, complètement éparpillé en dedans.
Qui me montrera l'étoile qui me donnera l'encre pour écrire ma nuit?
Pour produire un livre, seuls l'auteur et le libraire sont nécessaires. Sans parasites intermédiaires.
La langue de bois, langue écologique qui ne pollue pas la pensée dans la mesure où elle n'en contient pas.
Nous en étions à ce point dans la crise européenne qu'une révolution de plus, c'était une guerre de moins.
La misère ne consiste pas dans la privation des choses, mais dans le besoin qui s'en fait sentir.
La conscience est un tribunal qui casse vite ses sentences.
Le vice a mille formes, un seul résultat : l'homme se déplaît à lui-même.
Si l'argent répond à tous les besoins, est-il besoin d'occuper son esprit à amasser autre chose ?
L'interdépendance nouvelle qu'impose l'électronique recrée le monde à l'image d'un village.
Les seuls gens qui existent sont ceux qui ont la démence de vivre, de discourir, d'être sauvés, qui veulent jouir de tout dans un seul instant, ceux qui ne savent pas bâiller.
Le courage, c'est de traverser tout nu un village de cannibales.
La société devient enfer dès qu'on veut en faire un paradis.
Toutes les bonnes maximes sont dans le monde ; on ne manque qu'à les appliquer.
Rien de plus facile que d'effrayer un spectateur. On peut littéralement l'affoler, car la plupart des gens ont dans quelque partie de leur être une peur toute prête à éclore.
L'argent n'a pas d'odeur.
La recherche de Dieu est une entreprise toute personnelle.
Chacun est présumé innocent jusqu'à ce qu'il soit reconnu coupable.
Les belles gonzesses, c'est comme le camembert, on ne peut pas les garder longtemps.
On juge un homme aux factures qu'il reçoit.
C'est un moyen de se consoler que de regarder sa douleur de près.
La guerre étant, chacun le sait, la forme collective et violente de la conversation.
Nous voulons tout ce que Dieu veut, mais nous ne savons pas que nous le voulons, nous ne nous connaissons pas, nous ne rentrons en nous que pour mourir, et c'est là qu'il nous attend.
Le monde, c'est la trop lourde présence des choses où l'on sent parfois la trop vive absence de Dieu. Le désert, c'est la trop dure absence des choses où l'on sent parfois la trop douce présence de Dieu.
Haïr quelqu'un c'est encore le porter en soi...
Aucune vie ne supporte de copie, et cela suffit, quelle qu'elle soit, à garantir sa valeur.
La santé est en partie affaire de tuyauterie.
Les seules belles histoires d'amour sont les vraies et les histoires vraies sont banales.
Dans la vie, toute joie doit se payer d'une façon ou d'une autre et il est sage de payer sans renâcler.
Le mot entre partout, mais il lui est parfois difficile de ressortir.
Dieu n'est pas parfait, il est vivant, c'est tout autre.
Soyez sûre qu'on me reprocherait moins de paradoxes, si l'on pouvait me reprocher des erreurs.
On trouve le temps long sous la terre.
Les jeunes ont des aspirations qui ne se concrétisent jamais, les vieux ont des souvenirs de ce qui n'est jamais arrivé.
Nous nous croyons libres car nous ignorons les causes qui nous font agir.
Dieu est bon pour ceux qui aiment. Il a pensé à eux depuis les origines. Il a créé deux mondes : l'un pour ceux qui aiment, le second pour les autres.
A frotter, jour après jour, les barreaux de sa cage pour la rendre plus attrayante et à s'y cogner le nez le reste du temps, l'oiseau finit-il par en oublier sa chanson...
Ce qui est fait est fait. C'est autant de pas accomplis dans la route qui mène à l'éternité.
Cette totale perfection : santé, amitié et amour.
Chacun tisse son mal à sa façon.
L'amour n'est pas une relation sociale. Ca ne se dit pas, ce sont des choses qui ne se disent pas. L'amour n'est traduit qu'en silence ou en cri.
Le mort saisit le vif, les morts veulent hériter des vivants, de tous sans exception.
La générosité n'est que la pitié des âmes nobles.
Dieu n'est qu'une grande volonté pénétrant toutes choses par l'intensité qui lui est propre.
Les hommes qui sont nés pour jouir véritablement de la vie font ce qui leur plaît, à l'heure où cela leur plaît, et ne perdent pas leur temps à prévoir l'avenir, à se garer de catastrophe imaginaires.
Quel premier communiant n'a rêvé d'être pape ?
Personne dans un théâtre n'a moins d'importance que l'auteur de la pièce.
L'axe Nord-Sud, c'est l'axe richesse-pauvreté. L'axe Est-Ouest est moins fondamental : il oppose deux cultures, deux philosophies. Le dialogue semble possible et la confrontation est piquante. L'axe Nord-Sud cloue toutes les gorges.