Le problème, c'est que, à force de faire des villes différentes tous les jours, je finis par oublier leurs noms
Participer à la restauration d'une oeuvre, c'est développer avec elle une relation privilégiée
L'art des contes aide à sourire, à combattre la mort.
Tous les gens qui s'inquiètent pour les autres ne devraient pas. Ils feraient mieux de s'inquiéter pour eux-mêmes.
Nous percevons toujours ce qui est nouveau chaussé de nos lunettes du passé et notre vue s'y déforme.
Dans les romans d'autrefois, le héros n'embrassait jamais l'héroïne avant la dernière page. Maintenant, il l'embrasse sur la jaquette, avant même qu'on ait ouvert le livre.
Chaque fois que nous entendrons dire : de deux choses l'une, empressons-nous de penser que, de deux choses, c'est vraisemblablement une troisième.
Il ne faut jamais rien dire à une femme !
Quand des schémas sont brisés, de nouveaux mondes peuvent émerger.
Le sommeil est le seul don gratuit qu'accordent les dieux.
Parmi d'autres exercices de l'esprit, le plus utile est l'histoire.
Les équations n'explosent pas.
Le mariage doit être une éducation mutuelle et infinie.
Le pape est une idole à qui on lie les mains et à qui on baise les pieds.
Le silence est le plus bel ornement pour une femme, mais il est peu porté.
Une civilisation me paraît se définir à la fois par des questions qu'elle pose et par celles qu'elle ne pose pas.
La sainteté ne relève pas de la quantité, mais de la qualité.
L'eucharistie n'est pas un dessert pour enfants sages, c'est une relation de combat.
Il n'y a pas de problème assez énorme pour qu'on ne puisse pas le fuir.
On n'aime guère un bonheur qui vous tombe ; on veut l'avoir fait.
Il n'y a pas d'éloquence solitaire et tout orateur a deux génies, le sien et celui du siècle qui l'écoute.
Plus on a médité, plus on est en état d'affirmer qu'on ne sait rien.
On ne chemine jamais qu'entraîné par la force de son naturel.
J'ai renoncé à l'amitié de deux hommes, l'un parce qu'il ne m'a jamais parlé de lui, l'autre parce qu'il ne m'a jamais parlé de moi.
Nous vivons dans un temps, où, si quelques-uns trouvent les galères à moitié chemin du pouvoir et de la fortune, il en est d'autres qui trouvent la fortune et le pouvoir à moitié chemin des galères.
Si la liberté pouvait conduire elle-même ses affaires, ce serait la démocratie.
Les femmes attachent beaucoup d'importance à l'étiquette. Parce qu'il y a le prix dessus.
Chassez la contrariété, elle reviendra vous hanter à la une des journaux.
Dieu se choisit : il n'est pas ce qu'il est, il est ce qu'il veut.
On ne prouve pas Dieu et c'est mal dire qu'on l'éprouve : il nous éprouve !
Le péché n'est pas ce qu'en font les moralistes. L'état de péché c'est d'être distant de Dieu.
Il n'y a plus que la peur de mort qui les retienne à la vie.
Les pays sont comme les fruits, les vers sont toujours à l'intérieur.
Ce qu'un homme a de plus indécent à montrer : ses rêves.
Les touristes, leur manière de tout vérifier par rapport aux guides qu'ils trimbalent. Ils n'admirent pas : ils confrontent.
L'humilité, cet a priori de la mésestime de soi.
Rassemble les hommes du monde entier au creux de ton amour.
L'on croit se libérer (et de quoi ?) en écrivant et à écrire, on s'emprisonne. L'on crée des personnages qui nous enchaînent et l'on a peur de revivre leur destinée.
Les imbéciles ne pensent qu'à partager leurs merveilles avec la multitude, ce qui est le plus sûr moyen de perdre son butin, et surtout de le voir se muer en une chose vulgaire.
Le corps a ses grâces, l'esprit ses talents, le coeur n'aurait-il que des vices ?
Une certaine curiosité est une qualité d'homme aussi souveraine que fidélité à soi-même et disponibilité...
Les prolétaires sont des candidats bourgeois qui se gorgent de vaudeville.
Le yoga ? Une invention occidentale !
Nous avons beaucoup d'écrits où l'on se refuse à convenir qu'il existe un Dieu. Mais nul athée, tant que je sache, n'a réfuté de façon probante l'existence du diable.
L'homme est peuplé de nuages qui le connaissent depuis l'enfance.
A force d'annoncer une chose, elle finit par arriver.
Proportionnelle. Système électoral qui permet de faire élire un député en fonction du nombre de voix qu'il a obtenu par rapport au pourcentage de celles qu'il aurait dû obtenir, le tout divisé par le nombre de candidats.
Il n'est qu'un esprit lézardé pour avoir des ouvertures sur l'au-delà.
On écrit souvent son premier livre comme un testament.
Les mots ça fait vivre quand on n'a personne.