Zèle. Maladie nerveuse qui afflige les jeunes et les inexpérimentés. Passion qui ne s'élance que pour mieux s'étaler.
Il n'y a rien de plus triste que la tristesse d'un homme gai.
Les auteurs de recueils de citations sont comme ces gens qui mangent des cerises, qui commencent par les meilleures et qui finissent par les manger toutes.
Laissez-leur prendre un pied chez vous, Ils en auront bientôt pris quatre.
Plus j'ai envie que quelque chose soit fait, et moins j'appelle ça du travail.
La crainte de l'adjectif est le commencement du style.
On dirait que les survivants de ces générations formées par le plaisir, en ne se refusant rien, ont appris à se passer de tout.
Le présent est fait de déformations du passé et d'ébauches imprécises de l'avenir. Et quoi qu'on fasse, le présent n'est jamais qu'une vaste et bruyante fabrique du passé.
Les mots sont comme des verres qui obscurcissent tout ce qu'ils n'aident pas à mieux voir.
Que d'hommes se croient vertueux parce qu'ils sont austères, et raisonnables, parce qu'ils sont ennuyeux.
Dieu est mon égoïsme. Ce que j'aime par-dessus tout en moi, c'est Dieu...
Certains devraient vivre une deuxième fois, comme récompense ; d'autres, comme châtiment.
Les femmes qui ont des idées ne sont jamais jolies.
Il n'est pas difficile de parler avec un être humain, d'embrasser un être humain, de se marier avec un être humain, de mettre au monde un être humain. Ce qui est difficile et seul intéressant, c'est d'avoir un être humain.
Les ouvrières portant des pulls trop larges doivent faire attention aux machines ; celles qui portent des pulls très collants doivent faire attention aux machinistes.
L'humilité, cet a priori de la mésestime de soi.
Pour les malades, le monde commence au chevet et finit au pied de leur lit.
L'occasion. Notre seul pouvoir est de la saisir.
Quand tu donnes, donne avec joie et en souriant.
L'imagination, c'est la forme suprême de l'intelligence. C'est elle qui vivifie la faculté d'analyse et la faculté de synthèse. Ceux qui en sont dépourvus se contentent d'être des érudits ou des gens d'esprit.
Un écrivain qui n'est pas libre, est-ce un écrivain ?
Les prolétaires sont des candidats bourgeois qui se gorgent de vaudeville.
Il faut mener les hommes avec des phrases plus qu'avec la raison.
Il n'y a que les imbéciles pour croire qu'ailleurs ils seraient rois.
L'ennui, en matière de décision, c'est de ne jamais savoir si on pourra vraiment s'y tenir.
Il n'y a pas de création sans épreuve...
La pierre de touche du succès n'est pas que le problème soit difficile, mais qu'il soit différent de celui de la veille.
L'idée du combat échappe à ceux qui le font. Ils sont condamnés à se battre. Ils se cherchent, ombres et silhouettes ; ils ont besoin de l'autre, pour éteindre une haine, comme le feu a besoin d'eau.
Pour avoir quelque chose à écrire, il est infiniment plus nécessaire d'écouter que de parler.
Nous, les Américains du Nord, nous avons un présent et un avenir, les Européens, eux, ont un passé. C'est une force.
Les femmes entretenues prévoient toujours qu'on les aimera, jamais qu'elles aimeront, sans quoi elles mettraient de l'argent de côté.
Chez certains députés, le sommeil est parfois ce qu'il y a de plus profond.
Les hommes ne sont pas faits pour s'aimer. Alors il faut qu'ils s'aident à survivre sans l'amour.
Les salariés les plus inefficaces sont systématiquement mutés aux postes où ils risquent le moins de faire de mal : l'encadrement.
La religion, ce n'est pas gênant mais confortable. Savoir où l'on va est quand même rassurant.
Les mots ça fait vivre quand on n'a personne.
Les hommes qui ne parviennent pas à être maîtres chez eux et qui ne sont pas le principal objet de sollicitude de leur femme sont toujours des malchanceux.
Je trouve vomitive toute publicité personnelle.
On fait des promesses quand on sent le besoin d'affirmer, de solidifier des sentiments que l'on craint de perdre.
Etre vieux c'est quand le passé envahit toute la place et qu'il ne reste plus d'espace à l'avenir. Etre vieux, c'est devenir une chose du passé dans un présent sans avenir...
Quelque effort qu'on y mette, il est difficile de résister à soi-même.
La drogue, c'est une catastrophe. Y'en a plus.
La faiblesse de caractère ou le défaut d'idées, en un mot tout ce qui peux nous empêcher de vivre avec nous-mêmes, sont les choses qui préservent beaucoup de gens de la misanthropie.
Il faut avoir la bonne idée de mourir pour procurer aux autres l'occasion de s'amuser.
La vision que l'on a de soi est toujours approximative : même si l'on a plus ou moins apprivoisé son physique, même si l'on veut bien se reconnaître quelques défauts et quelques qualités.
Bien écrire, c'est le contraire d'écrire bien.
Les Anglais possèdent deux produits d'une exceptionnelle valeur : leurs tweeds et leurs silences.
Un milieu élégant est celui où l'opinion de chacun est faite de l'opinion des autres. Est-elle faite du contre-pied de l'opinion des autres ? C'est un milieu littéraire.
Il n'y a rien de plus ennuyeux que l'utopie.
Les jeunes gens surtout devraient se mettre en tête cette maxime véritable que plus on lit, plus on a d'esprit.