Nos vies ne sont que d'obscures intermèdes dans les grands jeux électriques de Dieu Le Père.
Quand on a pris l'habitude de brûler au feu de la politique, si le foyer s'éteint, on reste infirme.
L'humanité n'est parfaite dans aucun genre, pas plus dans le mal que dans le bien.
Il importe de s'accoutumer d'abord à être mal couché ; c'est le moyen de ne plus trouver de mauvais lit.
Une loi naturelle veut que l'on désire son contraire, mais que l'on s'entende avec son semblable. L'Amour suppose des différences. L'amitié suppose une égalité.
Les hommes de génie font la grandeur intellectuelle d'une nation mais rarement sa puissance.
Si la peur des conséquences éloigne parfois du mal, elle éloigne beaucoup plus souvent du bien.
Chaque fois que le temps a fait croître un bâton, au bout du bâton l'homme a mis une lance.
Le plus puissant de tous les leviers, c'est la volonté.
Les hommes sont différents dans la vie, semblables dans la mort.
On se ruine souvent pour soutenir qu'on est riche.
On a bien de la peine à rompre quand on ne s'aime plus.
Les mêmes causes qui nous procurent des biens peuvent également nous causer des maux, tout en nous offrant le moyen de les éviter.
La beauté enfanta l'amour, mais elle en accoucha trop tôt afin de ne pas se rider le ventre.
Les généraux n'ont pas le goût du sang, mais de la tactique. Ce n'est pas du tout la même chose.
Ceux qui prétendent vivre totalement au jour le jour sont de fieffés menteurs.
Les gens assez sensés pour donner des conseils le sont d'ordinaire assez pour n'en point donner.
Se soigner ? A quoi bon ? Je durerai peut-être moins que mes maladies.
Les hommes ne veulent jamais distinguer entre la constance et la fidélité.
La solitude est comparable à une lampe qui baisse.
Les pires histoires sont des histoires de famille.
La première vertu d'un écrivain est la propriété du vocabulaire.
L'amour... Il n'y a que cela qui ait de l'importance. On peut aimer un homme, on peut aimer Dieu, on peut aimer ses semblables, tout cela au fond, c'est pareil.
Les imbéciles ne pensent qu'à partager leurs merveilles avec la multitude, ce qui est le plus sûr moyen de perdre son butin, et surtout de le voir se muer en une chose vulgaire.
Pourquoi Dieu écoute-t-il quand on lui demande des choses qui plus tard ne feront plus notre affaire ?
C'est le mal seul à dire vrai qui exige un effort, puisqu'il est contre la réalité.
La conversation est un art. La preuve : d'aucuns en vivent ou en ont vécu (grassement ?).
Il n'est pas nécessaire de réussir pour désespérer.
Si l'amour ne vous est rien, c'est que vous ne l'aurez jamais véritablement connu.
Le fait d'être né augure mal de l'immortalité.
Il y a de nombreuses manières d'écrire une histoire. Le sensationnalisme n'en est pas une.
En Occident, l'on vit exaspéré et l'on meurt désespéré.
Les femmes n'ont sans doute pas inventé la poudre, mais elles ont sûrement trouvé la houppette pour s'en servir.
Le mal ! Quel petit mot pour de grandes choses !
La maxime seule est morale. Elle seule a pour excuse la brièveté. Elle seule enfin veut être le dernier mot.
Ce qui est bien avec les films, c'est que c'est toujours plus vaste que les mots.
Le plus terrible, ce n'est pas le chagrin, c'est la diligence qu'on met à l'oublier.
Je ne trouve pas injuste que les uns possèdent des millions et les autres rien, je trouve ça bête.
A propos de l'univers toutes les idées se valent. Elles sont toutes fausses. Même la science est un tissu de mensonges et d'illusions.
Ce n'est pas de mourir qu'il faut craindre, mais de vieillir.
On n'est seul que par comparaison.
Par définition, tous les hommes sont pris. Mais chez quelques-uns, il y a du jeu.
Ce qu'il y a de plus impressionnant chez l'homme, probablement la seule chose qui excuse sa folie ou sa brutalité, est le fait qu'il ait inventé le concept de ce qui n'existe pas.
Une érection ne se discute pas.
Le monde ne plie jamais devant les volontés individuelles.
Pourquoi s'embêter à faire cuire les plateaux-télé ? Je les suce congelés.
Le monde n'a sans doute pas été fait pour les hommes, mais les hommes doivent quand même y vivre.
Je ne suis pas pour les cadeaux luxueux dénués de sens, qui dénotent la vanité de celui qui offre mais ne prouvent pas qu'on a pensé à faire plaisir à celui qui les reçoit.
Plus on serre un mot de près, et plus il le prend de haut.
Tant que je pourrai voyager autour de ma bibliothèque, je ne me sentirai jamais tout à fait désespéré.