L'arbre se sauve en faisant tomber ses feuilles.
Dans la lecture solitaire, l'homme qui se cherche lui-même a quelque chance de se rencontrer.
Il est des jours heureux, il n'est point de vie heureuse.
Ce qui est hasard à l'égard des hommes est dessein à l'égard de Dieu.
Il y a deux espèces de sots : ceux qui ne doutent de rien et ceux qui doutent de tout.
Les hommes ont la volonté de rendre service jusqu'à ce qu'ils en aient le pouvoir.
Dans le vocabulaire des couturiers seulement, patron est synonyme de modèle.
- Vous êtes plus futé que vous n'en avez l'air... - C'est mieux que le contraire !
L'esprit qu'on veut avoir gâte celui qu'on n'a pas.
Le golf, ce n'est guère autre chose qu'une façon coûteuse de se promener.
On admire en général les gens modestes, quand on entend parler d'eux.
Abandonnez la contemplation de Dieu dès qu'un pauvre vous le demande.
Dieu est l'obstacle que j'érige entre moi-même et moi pour n'avoir pas à me comprendre.
On ne sait pas assez combien les femmes sont une aristocratie. Il n'y a pas de peuples chez elles.
On peut choisir son régiment, mais partout il faut marcher au pas.
Le malheur des bons fait le bonheur des méchants.
Le ridicule est l'arme favorite du vice. C'est par elle qu'en attaquant dans le fond des coeurs le respect qu'on doit à la vertu, il éteint enfin l'amour qu'on lui porte.
Il ne faut pas cracher sur l'instruction, mais trop d'instruction finit par rendre le peuple trop conscient de l'inégalité sociale.
La vérité est qu'aucun système d'éducation n'est en soi préférable à un autre système : les enfants aiment-ils mieux leurs parents aujourd'hui qu'ils les tutoient et ne les craignent plus ?
Le passé c'est notre seule promenade et le seul lieu où nous puissions échapper à nos ennuis quotidiens, à nos misères, à nous-mêmes. Le présent est aride et trouble, l'avenir est caché. Toute la richesse, toute la splendeur du monde est dans le passé.
La meilleure façon d'épater les gens c'est encore de faire en sorte qu'ils s'épatent eux-mêmes.
Un homme qui a la foi doit se préparer à être un martyr mais aussi un sot.
Le souffle s'épanouit en baiser ; le naturel fruit de la participation au monde extérieur est l'amour.
L'amour de la vie rend ingénieux.
On passe le quart de sa vie à fuir. Et l'on s'étonne de vivre en étranger avec soi-même.
Ça ne s'explique vraiment pas, l'amour, c'est fatal !
Possible que l'individu trouve son profit et même son aise à se fondre dans la collectivité, mais ce ne serait qu'au détriment de celle-ci. Pour elle, et non pour lui, il doit se défendre contre elle.
Toutes les inventions jolies et charmantes pour ceux qui ont les moyens d'en jouir valent-elles, vraiment, la somme de misère et de souffrance que nos civilisations produisent ?
Pauvres artistes, la gloire leur vient quand ils sont enterrés !
On dit d'un homme qu'il est raisonnable, comme les putains disent d'un client qu'il est sérieux.
Un gouvernement, de par sa nature, a intérêt à élargir son champ d'action, restreignant par là même la liberté des individus.
Les idées ne manquent pas aux femmes : c'est la réflexion approfondie qui leur fait défaut.
La bibliographie du plaisir est aussi pauvre que celle de la douleur est riche.
Celui qui ne se sent pas offensé par l'offense faite à d'autres hommes, celui qui ne ressent pas sur sa joue la brûlure du soufflet appliqué sur une autre joue, quelle qu'en soit la couleur, n'est pas digne du nom d'homme.
La joie ne se mesure pas.
Les pauvres sont aussi nécessaires dans un état que les ombres dans un tableau.
L'homme et la femme ne se rencontrent qu'une fois.
C'est souvent comme ça avec la féerie : l'horreur n'est jamais loin.
Ce qui importe à l'homme ce ne sont pas les événements survenus dans sa vie, mais seulement la répercussion de ces événements dans sa conscience.
Les armes ne sont une force que si nous restons unis.
L'Etre divin n'est que l'être de l'homme dans sa subjectivité sans bornes et absolument libre.
Il n'y a pas d'émission quelle qu'elle soit, qui ne soit tributaire de la santé de sa chaîne. La star, c'est la chaîne.
Qu'est-ce que les caresses de deux amants, lorsqu'elles ne peuvent être l'expression du cas infini qu'ils font d'eux même ?
C'est marrant, je m'entends bien avec tous mes ennemis. Ce sont eux qui ne s'entendent pas bien avec moi.
L'esprit vient de la vie : il est dans les montagnes, les rivières, l'herbe et les arbres.
Les conquérants : Terre... Horizon... Terrorisons !
Sortir de guerre, c'est comme sortir de prison.
Ah ! Combien de testateurs regretteraient en mourant et leur vie et leurs biens, s'ils pouvaient voir après leur mort les figures de leurs héritiers.
Ce que les cours de nos écoles négligent presque totalement est ce qui intéresse le plus : la question de la vie.
Ca fonctionne comment, au juste ? Nous menons notre vie, ou bien c'est la vie qui nous pousse ?