La promptitude à croire le mal sans l'avoir assez examiné est un effet de l'orgueil et de la paresse.
Un gouvernement ne périt jamais que par sa faute, et presque toujours par d'anciennes fautes qui en font commettre de nouvelles.
Il faut déjà passablement d'intelligence pour souffrir de n'en avoir pas davantage.
Il est bien plus facile de mécontenter la plupart des gens que de les contenter.
L'illogisme irrite. Trop de logique ennuie.
L'ignorance s'accompagne de fanatisme et suscite le fanatisme.
A quoi bon faire des livres pour instruire les hommes ? Les passions n'ont jamais lu ; il n'y a point d'expériences pour elles, elles se lassent quelquefois, mais elles ne se corrigent guère, et voilà pourquoi tant d'événements se répètent.
Il y a de nos jours des fillettes de quatorze ou quinze ans qui devraient être condamnées pour détournement de majeurs.
Il n'y a pas de plaisir plus complexe que celui de la pensée.
Les hommes sont comme les horloges : bons, ils servent très longtemps ; mauvais personne ne peut les réparer.
Il n'y aurait de capitaine s'il n'y avait de laboureur.
Le cynisme, c'est une façon déplaisante de dire la vérité.
Et mon bonheur, à moi, n'est pas de cette vie.
Sans contraintes, il n'y a pas de discours. Sans tabous, il n'y a pas de sexualité.
La prospérité fait peu d'amis.
Le cinéma est un art du passé qui ne correspond plus aux modes d'expression contemporains ; j'ai besoin d'une palette plus large.
L'admiration est la fille de l'ignorance.
Ce n'est pas assez de faire des pas qui doivent un jour conduire au but, chaque pas doit être lui-même un but en même temps qu'il nous porte en avant.
C'est une loi : souffrir pour comprendre.
Chez les uns, le style naît des pensées ; chez les autres, les pensées naissent du style.
Un peuple est grand quand il produit de grands hommes.
On ne construit du solide que sur le passé.
C'est dans les contacts humains qu'on exerce notre liberté.
Il ne faut pas un grand QI pour rentrer là-dedans...
Plus on fuit l'épreuve, la lutte et le danger, plus on devient vulnérable.
L'existence humaine ne devient une véritable souffrance, un enfer que lorsque deux époques, deux cultures, deux religions interfèrent l'une avec l'autre.
Je pense que le happy-end des contes de fées donne à l'enfant l'image d'épreuves qui, évidemment, sont loin de sa réalité, mais qui lui permettent momentanément de s'identifier à des héros qui traversent des passes difficiles et qui arriveront tout de même à triompher des obstacles.
Les injustices du pervers servent souvent d'excuse aux nôtres.
De tout temps la beauté a été ressentie par certains comme une secrète insulte.
Je me pose des questions, mais les regrets je ne connais pas.
Une foule d'objections se sont sans doute présentées à l'esprit du lecteur avant qu'il en soit arrivé à cette partie de mon ouvrage. Les unes sont si graves, qu'aujourd'hui encore je ne peux y réfléchir sans me sentir quelque peu ébranlé.
Ma femme me dit toujours que je suis un acteur exécrable, car dans mon répertoire je n'ai pas le « visage de poker ». On devine tout de suite ce que je pense ou ce que je ressens. Ma voix également me trahit : lorsque j'essaye de mentir au téléphone, elle me traite d'incapable.
Quand on picole tout seul chez soi c'est difficile de se dire qu'on a l'alcool festif, qu'on est un bon vivant, on est forcément confronté à l'aspect un peu glauque de ce qu'on cherche.
Si jamais elle m'a compris plus tard, elle a dû découvrir que pour tous ceux qui sentent profondément et qui ont conscience de l'inextricable labyrinthe de la pensée humaine il n'y a qu'une seule réponse possible : une tendresse ironique, et le silence.
N'aimer personne c'est n'être aimé de personne.
Et maintenant, comment voulez-vous que je le regrette, votre Paris bruyant et noir ? Je suis si bien dans mon moulin ! C'est si bien le coin que je cherchais, un petit coin parfumé et chaud, à mille lieues des journaux, des fiacres, du brouillard !...
On ne conçoit pas mieux la propriété lumineuse des corps, après l'avoir attribuée à leur faculté incompréhensible de lancer un fluide fictif, ou de faire vibrer un éther imaginaire.
Je crois que ce qui arrive de mauvais dans le monde arrive par les hommes, jamais par les femmes.
Le plaisir est joyeux, clément et facile.
C'est un tout de savoir s'entourer.
La mémoire est un don précieux. Quand on le possède, le passé n'existe pas.
Je regrette d'avoir tant pleuré ! se disait Alice en nageant et en s'efforçant de gagner la rive. Me noyer dans mes propres larmes, voilà bien ce qui me pend au nez. Un accident bizarre en vérité ! Mais tout est bizarre, aujourd'hui.
La bonne fortune, on ne paye jamais le prix fabuleux qu'elle vaut.
Aisément l'amitié jusqu'à l'amour nous mène.
L'homme est l'être délirant par excellence, en proie à la croyance que quelque chose existe.
Quel enfant n'a pas aimé trembler, la nuit sur les pentes herbeuses, à attendre le dahu, n'a pas chanté pour se donner du courage devant les monstres de l'imaginaire, vaincre la peur en marchant bravement vers les ombres ?
Le fou égoïste et qui sourit, le fou morose et qui fronce les sourcils seront tous deux tenus pour des sages pour servir de férules.
La pureté est le résultat de l'action juste.
L'opinion courante veut toujours que la sexualité soit agressive. Aussi, l'idée d'une sexualité heureuse, douce, sensuelle, jubilatoire, on ne la trouve dans aucun écrit. Où donc la lire ? Dans la peinture, ou mieux encore : dans la couleur.
Il faut que je pleure moi aussi, j'essaye, mais c'est difficile. La seule façon c'est de me mettre du piment dans les yeux comme font les veuves quand elles n'arrivent pas à pleurer leur mari.