Nul n'est capable d'aimer tout le temps celle qu'il aimera toujours.
Prier. Demander que les lois de l'univers soient annulées en faveur d'un unique pétitionnaire, indigne de son propre aveu.
Viendra au secours de la peine d'autrui celui qui souffre lui-même.
Il est maintenant presque autorisé pour une catholique de recourir aux mathématiques pour éviter d'être enceinte, mais il lui est encore interdit de se servir de la physique et de la chimie.
Pourquoi un homme aimerait-il ses chaînes, fussent-elles en or ?
L'art de lire consiste à savoir sauter les pages.
Aujourd'hui, l'instruction ne se fait pas dans le cabinet du juge, mais sur la place publique ou dans les bureaux de rédaction.
Il faut savoir faire les sottises que nous demande notre caractère.
Confiez au passé sa propre défense, à l'avenir son propre accomplissement.
Quel étrange plaisir de réaliser ses mensonges !
Le tabac est l'herbe la plus souveraine et la plus précieuse que la terre ait jamais offerte à l'homme.
Dans la vie de l'esprit comme dans la vie pratique, celui dont les connaissances tiennent progresse toujours et réussit. Celui, au contraire, piétine qui perd son temps à réapprendre ce qu'il a oublié.
Les extrêmes se touchent.
L'action, c'est la vie de l'âme aussi bien que celle du corps.
Qui borne ses désirs est toujours assez riche.
Ce que Dieu ne peut plus faire, une femme, parfois, le peut.
Vieillir c'est simplifier.
En affection, il n'y a que des commencements.
Et si d'avoir souscrit à des niaiseries pouvait nous coûter l'immortalité ?
L'immortalité serait-elle héréditaire ?
On ne peut regretter que ce qu'on se rappelle.
L'art est l'habileté réduite en théorie.
L'amour, dans le mariage, est une chimère.
La gloire, c'est d'être un excentrique de la littérature.
L'homme s'abat, s'agenouille, se prosterne.
Dieu existe-t-elle ?
La plupart des images que nous rencontrons brillent, se convulsent et s'éteignent.
Abstenez-vous de raconter à votre femme les infamies que vous ont faites les précédentes. Ce n'est pas la peine de lui donner des idées.
De l'école, je ne garde que le souvenir de ma montre. Combien de temps avant la fin du cours, combien avant la fin de la journée. Même le travail, pendant le quel je me suis pourtant souvent ennuyée, ne m'a jamais inspiré autant d'impatience.
L'homme maître de soi n'aura point d'autres maîtres.
Ce que le stimulus est à l'âme, la beauté l'est à l'esprit.
Personne n'est jamais trop bien pour personne.
Une fille de dix-huit ans qui ne connaissait rien à la vie et ressemblait aux bougies qu'on allumait dans les églises : super simple, super pure et super blanche, mais bien allumée. Oui, complètement en effusion à l'intérieur...
La peste a pris la relève de la lèpre comme modèle de contrôle politique, et c'est là l'une des grandes inventions du XVIIIe siècle, ou en tout cas de l'âge classique et de la monarchie administrative.
Nécessité fait gens mesprendre Et la faim saillir le loup du bois.
On a deux vies au moins. Une qui s'installe dans notre mémoire comme une pierre au fond de l'eau, et l'autre qui disparaît au fur et à mesure qu'elle se déroule comme si c'était vaporeux.
Au regard de l'éternité, nous n'en sommes peut-être qu'à l'aube de l'humain ? Je l'espère. Le prochain continent à découvrir sera plus vaste que l'univers profond. L'esprit, cet inconnu, nous ouvre l'espace infini de notre spiritualité.
C'est plus difficile de recevoir le succès que l'échec.
La corde au cou, c'est les enfants, tout le reste est aménageable.
Je suis parfois un innocent, parfois un monstre. Tout ce qui est entre les deux ne m'intéresse pas. Tout ce qui est entre les deux est corrompu. Seuls, l'innocent et le monstre sont libres. Ils sont ailleurs.
Rrose Sélavy propose que la pourriture des passions devienne la nourriture des nations.
Je pense que tout vient de là : vous faites pleuvoir parce que vous avez peur du soleil.
Cette nuit me plaisait. Les choses grandissent la nuit, mon imagination ouvre ses portes, les idées préconçues s'évanouissent. On cherche parfois le paradis aux mauvais endroits. Alors qu'on l'a à ses pieds. Ou dans son lit.
La pauvreté exclut, et la richesse isole.
Le capital, c'est du travail accumulé. Seulement,comme on ne peut pas tout faire, ce sont les uns travaillent et les autres qui accumulent.
La nature ne fait pas de bonds ; l'industrie non plus.
Il lui restait du temps. Mais, depuis quelques mois, ce temps gratuit, naguère savouré, devenait un temps pour être mal et pour s'interroger. Un temps à ne trop savoir quoi en faire. Un temps pour redouter le temps.
Il est peu de douleurs plus cruelles que d'être quitté par qui l'on aime. A cet irréductible chagrin, encore faut-il ajouter le questionnement de ceux qui viennent déposer une pincée de sel sur la blessure toute fraîche en demandant :"Et tu n'as rien senti venir ?"
Daumier est d'abord et surtout dessinateur, au point que l'on peut presque dire que, pour suggérer la couleur, il peut se passer d'elle.
Relire un livre, aux différents âges de la vie, c'est réviser un procès dont le juge a vieilli et qui se juge lui-même.