L'expérience, c'est le résultat des bêtises qu'on a faites de bonne volonté...
Et comment peindre avec des mots sans couleurs ?
L'innocence est souvent plus hardie que le vice n'est entreprenant.
Le critique a toujours le mérite imbécile de se prendre au sérieux. Il n'a d'ailleurs souvent que celui-là.
Ecrire un roman, c'est savoir que chaque mot fait aussi partie d'un immense trésor.
Le comédien revient toujours rôder autour de son théâtre.
La médiocrité obtient plus en s'appliquant que la supériorité qui ne s'applique pas.
On ne naît pas en naissant. On naît quelques années plus tard, quand on prend conscience d'être.
La laideur est une forme de violence.
Pour nous découvrir, il faudra les yeux de l'amour. Nous ne serons perceptibles qu'à l'amour.
Aimer sans doute est le possible le plus lointain.
Grattons tout Québécois et c'est le coureur des bois qui surgit sous le vernis.
La paix, comme toute métamorphose, exige une adaptation douloureuse à laquelle bien des gens se refusent.
Personne n'est propriétaire du bonheur, on a parfois la chance d'avoir un bail, et d'en être locataire. Il faut être très régulier sur le paiement de ses loyers, on se fait exproprier très vite.
Si la société parfaite ne peut s'établir sans sacrifier la raison d'être de l'homme, sa solitude, c'est que la perfection est l'ennemie de l'homme.
Parfois, nous faisons semblant, c'est une façon comme une autre d'être vrai.
Séduire, c'est ne pas mourir. C'est vivre dans le regard de l'autre.
Quand l'esprit croît, il accède déjà au pouvoir. Il est peut-être lui-même le pouvoir.
Jouis des choses de la terre en y renonçant.
Pour que dans notre beau pays la liberté soit à tout le monde, il ne faut pas que n'importe qui s'en empare.
Toute la vie n'est que vices sans volonté.
La solitude est l'élément des grands esprits.
Les premières étreintes sont toujours un peu ratées. On se jette l'un sur l'autre, à l'aveuglette ; poussé par trop de hâte on ne prend pas le temps de faire connaissance avec une peau, une odeur, un sexe étrangers.
Trois ans pour faire un livre, cinq lignes pour le ridiculiser et des citations fausses.
L'ivresse permet d'élaborer de nouvelles formes, de révoquer les mots usés de la tribu, bibelots abolis incapables de dire l'éternelle beauté du Monde.
Si l'humanité n'était faite que de romanciers, il n'y aurait pas de guerres.
La peur engendre le besoin de sécurité, celle-ci étant à son tour une des conditions du bonheur.
Au royaume de l'homme quelconque, les hommes ne comptent plus.
Il est plus facile de trouver un compagnon de voyage que de s'en débarrasser.
On nuit plus au progrès de l'esprit en plaçant mal les récompenses qu'en les supprimant.
L'autre rive est toujours plus belle. Elle se trouve toujour plus loin.
Nu, il n'y a de bonheur que pour les corps libérés de leurs vêtements.
C'est dur de faire un film, mais travailler pour de bon, c'est pire !
Il faut remettre une fois par an son avenir en jeu.
Nous cherchons plus à durer que nous n'essayons de vivre.
Cinéma : lieu dangereux en raison des risques de projection de navets.
L'excès engendre un sentiment d'ennui.
Deux angoisses de l'écriture : ne plus rien avoir à dire, n'avoir jamais fini de dire.
On dit à sa maîtresse qu'elle est unique... ça ne lui suffit pas! Il faut qu'elle se croit seule !
Le talent est un accident des gênes et une responsabilité.
Avoir un avenir tout tracé, ça ne sert à rien quand on n'a nulle part où l'écrire.
Une fois que les mots ont passé vos lèvres, on ne peut pas les ravaler.
Ma politique diplomatique ne consistera pas à aller s'agenouiller devant George Bush. C'est une chose l'alliance avec les Américains, c'est autre chose que l'alignement sur George Bush.
Une stratégie brillante est, certes, une question d'intelligence, mais l'intelligence sans audace ne suffit pas.
Le racisme n'est pas un tout mais l'élément le plus visible, le plus quotidien, pour tout dire, à certains moments, le plus grossier d'une structure donnée.
Le refus de vieillir, ce n'est pas seulement l'obstination à garder un corps jeune, c'est parfois une mentalité inapte à maturation.
J'ai dans mon coeur un oiseau bleu,Une charmante créature,Si mignonne que sa ceintureN'a pas l'épaisseur d'un cheveu.
Je veux chanter pour ceuxQui sont loin de chez euxEt qui ont dans leurs yeuxQuelque chose qui fait malQui fait mal.
L'industrialisation avait très vite imposé ses contraintes - tâches mécaniques, routinières et parcellaires - et les travailleurs étaient dépossédés de tout contrôle sur l'organisation et les résultats de leur travail.
J'ai peur quand ça se tait. Quand ça ne parle que dedans. L'intérieur est plus impitoyable que le dehors.