Il y a des sots qui sont de toutes les opinions, positivement parce qu'ils ne comprennent les conséquences d'aucune.
Un recueil de pensées ressemble à ces lignes militaires trop étendues que l'ennemi peut percer en mille endroits.
Le bonheur, c'est comme un chat, si vous essayez de le cajoler, il vous fuit, si vous ne vous occupez pas de lui, il vient se frotter contre vos jambes et saute sur vos genoux.
Dieu nous a donné la mémoire pour qu'elle puisse se souvenir de lui, l'intelligence pour qu'elle puisse le connaître, la volonté pour qu'elle puisse le choisir, l'aimer et jouir de lui.
On n'a jamais autant parlé, ne serait-ce que pour affirmer qu'on ne peut plus rien dire.
Historiens de l'art, avez-vous fini par découvrir un style pour le monde tel qu'il a été créé ?
L'incroyance n'est-elle pas une sorte de folie ?
Depuis des siècles, l'homme entretient avec l'homme un seul et même monologue.
L'argent ne se souvient de rien. Il faut le prendre quand il est là et le jeter par les fenêtres. Ce qui est salissant, c'est de le garder dans ses poches, il finit toujours par sentir mauvais.
L'espérance engendre l'action.
Un dilettante s'amuse à découvrir ce qu'il pourrait faire s'il savait le faire.
Le bon goût s'acquiert au prix de maintes lectures ennuyeuses.
La mer est un élément capital pour la connaissance des peuples. La mer modèle les moeurs comme elle fait les rivages. Tous les peuples marins ont du caprice, sinon de la folie, dans l'âme.
Rien n'est plus mystérieux que nos raisons d'aimer : qu'est-ce qui motive notre choix ? Qu'est-ce qui dirige nos recherches ? Y a-t-il même des recherches et un choix ? Ou seulement le hasard de l'espièglerie des dieux...
En matière sociale, la grande difficulté est de détruire.
L'analyse tue la vie.
Nous devons le prix de nos plus belles minutes à leur évanescence...
On ne cherche pas le bonheur, on l'attend.
L'humoriste se place derrière sa victime.
Ce n'est pas toujours souhaitable d'être celui à qui Dieu parle.
Il ne faut pas moins de toute une vie pour comprendre quelque chose à la vie.
Le langage, un autre mur...
Il y a des choses qui se comprennent sans paroles, pas vrai ? Les yeux suffisent.
Faculté merveilleuse de la vieillesse que de se fermer l'esprit à tout souvenir désagréable.
Il ne faut pas vouloir dévorer la vie.
La vie est donnée à tout le monde, mais tous ne sont pas capables de la vivre.
Depuis toujours, surtout en France où l'on a couronné Voltaire, enterré Hugo comme un roi, canonisé Proust et enrôlé Gide, Camus, Malraux, Sartre et Mauriac comme directeurs de conscience, le respect admiratif pour l'écrivain est resté vivace.
L'oeuvre peut être miroir, et combien d'entre nous le voudraient briser ?
Les travaux interrompus restent en suspens.
L'extrême exactitude est le sublime des sots.
Le bogue du rêve, c'est de ne pas pouvoir s'éveiller pour de vrai.
Après les guerres un mystère veut qu'il naisse plus de garçons que de filles, excepté chez les Amazones...
Ceux qui regrettent leur enfance n'ont jamais dû être petits...
Quand je pense à tout ce que je n'ai pas fait, à tout ce que je n'ai pas dit, à toutes celles que je n'ai pas eues, je me dis que c'est bien peu de choses à côté de ce à quoi je n'ai même pas pensé.
Les baisers qu'on ne reçoit pas sont peut-être plus intéressants que ceux qu'on reçoit.
L'imagination mène à tout à condition d'en sortir.
Moi et toi, cochon, nous ne serons estimés qu'après notre mort.
La gaieté se contente des premiers mots venus, mais à la tendresse il faut du style. Il y a des paroles sérieuses qui sonnent faux, de gaies aussi, mais on s'en aperçoit moins.
Le poète est celui qui voit le drame et la comédie.
La télé, c'est terrible. Mais le plus terrible serait de ne pas en faire !
"Sinon...", c'est souvent un mot de trop.
La clémence honore le pouvoir.
Tous les grands conteurs sont de formidables menteurs.
Comme c'est étrange, ils m'ont dit "Tu vas perdre une journée de ta vie dans le vol entre Buenos Aires et l'Australie". Quel jour ? Le 6 juin, l'anniversaire de la mort de Ma. Et je me suis dit "Ca, c'est une journée que je serai ravie de perdre".
J'ai écrit mon journal à partir de 11 ans, adressé à Munkey, mon confident, ce singe en peluche habillé en jockey m'a été offert par mon oncle, gagné dans une tombola, il a dormi à mes côtés, partageant la mélancolie [...] ► Lire la suite
Jamais je ne me suis demandé si je l'aimais toujours ou quels étaient mes exacts sentiments à son égard. Ca n'aurait servi à rien. Mais j'aimais la retrouver au détour d'un moment de solitude. Je dois le dire parce que c'est la vérité.
Le révolutionnaire qui réussit est un homme d'État, celui qui échoue est un criminel.
La grande revendication d'une éducation d'État, ou contrôlée par l'État, vous la trouvez exactement au moment où commence la campagne de la masturbation en France et en Allemagne, vers les années 1760-1780.
Il est très étonnant que je n'aie pas encore abandonné tous mes espoirs car ils paraissent absurdes et irréalisables. Pourtant je m'y accroche, malgré tout, car je continue à croire à la bonté innée de l'homme. Il m'est absolument impossible de tout construire sur une base de mort, de misère, de confusion.
Pour moi la société est une menace, dès qu'on vous demande de rentrer dans le rang, vous perdez l'essentiel de vous-même.