Le silence est le parti le plus sûr de celui qui se défie de soi-même.
La seule manière de protéger sa culture, c'est d'accepter de la mettre en danger.
Rien ne communique plus de courage au peureux que la peur d'autrui.
Comme il faut travailler pour être naturel !
On n'écoute pas d'autre prédication que le temps, qui vous inculque toutes les idées que les gens plus âgés que vous, avaient vainement essayé de vous mettre dans la tête.
La générosité croit toujours devoir ce qu'elle donne.
Un regard est dans tout pays un langage.
L'enfance est ce que nous passons notre existence à essayer de retrouver.
Il y a bien moins de difficultés à résoudre un problème qu'à le poser.
Mieux vaut entendre une corde qui se brise que de n'avoir jamais tendu un arc.
Il est plus facile de légaliser certaines choses que de les légitimer.
Le malheur de l'autre est toujours une langue étrangère.
Quotidien : tissu d'inepties, écrit, imprimé et vendu en moins de quelques heures ; puis lu, jeté et oublié en moins de quelques minutes.
Les dames ont une fâcheuse tendance à préférer les palaces aux auberges de jeunesse.
Pourquoi faut-il que nous ayons assez de mémoire pour retenir jusqu'aux moindres particularités de ce qui nous est arrivé et que nous n'en ayons pas assez pour nous souvenir combien de fois nous les avons contées à une même personne.
On a beau répondre froidement. Si l'on répond trop vite, c'est la passion.
Dieu nous a donné la langue pour que nous puissions dire des choses charmantes à nos amis et de dures vérités à nos ennemis.
Un succès ne nous donne jamais une bonne opinion de nous-mêmes : il la confirme.
La vertu n'embellit pas toujours, mais le vice toujours enlaidit.
Dieu est le possible qui réside au-delà de l'actuel. Dieu n'existe pas. Dieu est une création car l'éternité ne suffit pas.
Il arrive à un âge où le moindre mâle est un bien pour une femme.
Le poète a toujours le dernier mot.
Dieu est absence du livre et le livre, lent déchiffrement de son absence.
Il y a des jugements dans la vie qui jugent celui qui les prononce.
L'esprit occupe à chaque instant tout l'espace dont il dispose.
Aux yeux de beaucoup de gens, la pauvreté est bien pire que vice : elle est faiblesse.
Il ne suffit pas au modèle d'être exemplaire, il faut que nous en soyons saisis ; alors il prend valeur apostolique.
Le plus difficile c'est d'être fidèle à soi-même.
N'est-ce pas là l'éternité ? Cette poussée soudaine d'une âme en nous et ce départ pour un monde qu'on ne possède qu'à deux.
Les beaux faits sont la substance de la vie, et les beaux mots en sont l'ornement.
Vous imaginez le bonheur absolu possible, c'est le néant que vous désirez.
Notre coeur n'est pas brave. Un très long et très grand bonheur l'accable bien plus que le malheur.
Sur cette terre, il n'est pas un homme qui ne cherche le bonheur. C'est un besoin naturel.
Aucun effort ne peut aboutir si la divinité en a décidé autrement mais l'inverse n'est pas vrai : aucune victoire ne peut être obtenue, quand les dieux lui sont favorables. Si l'homme ne va pas, le tout premier, au-devant de leurs désirs.
Rien de ce qui est humain n'est simple.
Un fou ne saurait être égalé en perfection sur le point où il déraisonne.
La valeur du don tient à deux choses : l'effort qu'il faut toujours recommencer et la liberté de le faire ou de ne pas le faire.
La fin suprême de la famille serait qu'entre les trois personnes il n'y eût plus ni sexe ni âge, que les fils fût le père de ses parents, l'époux de sa mère.
L'épopée de notre époque est la révolution mondiale, elle ne peut se terminer avant d'avoir englobé le monde entier.
La terre est sous nos pieds, Solide, indifférente, Heureusement.
Le pouvoir est un moyen comme un autre d'engendrer une guerre contre l'absurde.
La vieillesse n'est pas une question d'âge, mais bien plus une certaine façon de regarder les autres.
Qu'est-ce qui est le pire : mourir trop jeune, ou vivre trop vieux ?
Exister sans témoins appréciables, c'est vivre à vide.
Merde : ce mot est une friandise. Seuls les crétins de haut vol ne l'utilisent jamais. Un mot qui se crie, qui se hurle, qui se susurre, se murmure, se savoure. C'est le mot qui console, dont on a besoin.
La nuit tous les chats sont gris mais les chattes, il n'y en a aucune de pareille.
Il est de ces êtres qui ont le privilège de s'affirmer en se niant et de se retrouver en se reniant.
Le bon dramaturge doit posséder le sens de l'assassinat ; depuis les Elisabéthains, qui sait encore tuer ses personnages ?
Le pauvre comédien : même ses partenaires ne l'écoutent pas.
Chausse tes sandales, et foule le sable qu'aucun esclave n'a piétiné !