Ce n'est pas avec la raison, et c'est le plus souvent contre elle, que s'édifient les croyances capables d'ébranler le monde.
Il vaut mieux employer notre esprit à supporter les infortunes qui nous arrivent qu'à prévoir celles qui nous peuvent arriver.
Nul n'est si vieux qu'il ne croie vivre un an de plus.
La loi et l'équité sont deux choses que l'homme a unies, mais que l'homme a séparées.
L'esprit dit de jolies choses et n'en fait que de petites.
Ce que le temps apporte d'expérience ne vaut pas ce qu'il emporte d'illusions.
Moins est visible le Dieu que nous prions, plus il ressemble au Dieu que nous verrons un jour.
Certes Dieu n'a pas besoin de l'existence ; c'est bien plutôt l'existence qui a besoin de Dieu.
Dieu était une erreur. Mais il est difficile de déterminer si elle fut commise trop tôt ou trop tard.
Les voies de Dieu sont impénétrables, dit-on. Assurément. Je n'aurais jamais accepté, en aucune façon, de servir un Dieu dont les voies auraient été à la portée de la compréhension de l'homme.
Oisiveté mère de tous les vices et fille de toutes les vertus.
Ce n'est pas le gouffre qui sépare, mais la différence de niveau.
Les autres peuples ont eu des historiens, des jurisconsultes, des sages, des poètes, mais qui sont à eux seuls et forment comme une gloire privée, le peuple juif a été l'historien, le sage, le poète de l'humanité.
L'essence de l'homme ne serait-elle pas d'être un être qui peut témoigner ?
Quand on désire pénétrer dans ses sources profondes une oeuvre dramatique, il faut d'abord se demander pour quel public elle a été composée.
A quoi bon fuir ? Oui, à quoi bon ? Puisque nul ne peut se quitter lui-même. Toute la sagesse de vivre tient là-dedans : savoir qu'il faut en sortir mais qu'on ne peut pas partir...
Qu'est-ce qu'un débauché ? Quelqu'un qui a encore de l'esprit là où d'autres n'ont plus qu'un corps.
Tous les parents se valent.
Le tact est après tout une sorte de faculté à pénétrer la pensée des autres.
Le bonheur s'alimente volontiers de malentendus.
Intellectuel n'est pas toujours synonyme d'intelligent.
Rien de plus pathétique que le dérisoire.
Le spectacle de la mort, chez les jeunes gens, exalte la passion de vivre.
Auprès des politiciens, les finesses de l'étiquette, les subtilités de la diplomatie comptent moins que le succès.
On tolère mal la paix qui se fonde sur la liberté.
Un homme qui a vécu sait que la vérité n'existe peut-être pas...
A propos de l'univers toutes les idées se valent. Elles sont toutes fausses. Même la science est un tissu de mensonges et d'illusions.
Vivre c'est pécher. Et vous péchez par le seul fait d'exister...
La victoire représente le plus efficace des passeports.
La lecture, c'est sans fin. C'est comme l'amour, c'est comme l'espoir, c'est sans espoir.
Lorsqu'on se tue, c'est un homme qu'on tue.
Nous naissons, nous vivons, nous mourons dans les pleurs : c'est à ce prix qu'est l'existence.
Comme les hommes aiment la justice quand ils jugent les crimes d'autrefois.
C'est drôle, les familles. Elles se veulent éternelles, et dans un sens elles le sont : on n'y change plus jamais de la vue qu'on y a des enfants, même quand ils grandissent.
C'est assez curieux, cette façon qu'on a de se livrer au dentiste, abandonné et réticent.
Un artiste ne doit pas se faire d'illusions : exceptionnelles sont les oeuvres totalement réussies.
Les amours sont comme les empires : que disparaisse l'idée sur laquelle ils sont bâtis, ils périssent avec elle.
La culture est une chose qui vous arrive. Vous pouvez en acheter au Virgin Megastore et en louer chez Blockbuster Video. Mais ce n'est pas une chose à laquelle vous participez, ni à laquelle vous pouvez répondre.
Une règle : faites ce qu'il faut pour que cela fonctionne. Un outil : débrouillez-vous !
L'histoire est condamnée, par un vice de nature, au mensonge.
Nous avons besoin de croire. Par exemple, de croire que nous n'avons pas aimé en vain.
Nous sommes tous plus ou moins amochés, il faut apprendre à se panser soi-même.
Ce qui plaît à l'homme est partout ce qui est défendu.
Caramélite : religieuse qui voue une dévotion particulière aux sucreries.
L'ouvrage est toujours gai quand il se fait gaiement.
Seule la démesure de nos souffrances peut nous réconcilier avec l'infinitude du monde.
Les chefs-d'oeuvres ressemblent aux perruques : pas un cheveu ne dépasse.
L'aiguillon de la chaleur, comme un trait de guêpe, irrite.
Il est généreux de se ranger du côté des affligés.
Nul n'a le pouvoir d'interdire les rêves.