Le premier qui dit que j'ai mauvais caractère, c'est : ma main dans la figure.
La seule signature au bas de la vie blanche, c'est la poésie qui la dessine.
L'inaction morne de certains hommes rebelles à tout effort ne diffère pas sensiblement du repos de la tombe. Ces morts vivants n'ont de la vie que l'apparence.
Quand une femme est en colère, quatre petits baisers suffisent pour la consoler.
Chacun admire le passé, regrette le présent et tremble pour l'avenir.
Les mots sont comme les sacs : ils prennent la forme de ce qu'on met dedans.
Un proverbe n'est pas une raison.
J'arrive au temps des échéances. J'ai dépensé ma vie qui n'est jamais qu'un prêt et qu'il faut rendre à la mort usurière.
La collaboration est un attelage à deux, où presque toujours, l'un tire plus que l'autre.
Les livres anciens sont pour les auteurs, les nouveaux pour les lecteurs.
Ne posez pas de questions, on ne vous dira pas de mensonges.
Que le ciel existe, même si ma place est en enfer.
La révolution consiste à aimer un homme qui n'existe pas encore.
La solitude est l'outil principal de l'écrivain.
La nature nous est nécessaire comme le mensonge.
Un cigare n'est pas un cigare si l'on est seul à en profiter.
Que devrait être le corps ? Un objet de pur plaisir et de pure liesse.
Les Irlandais. Ce peuple est si malheureux qu'il a toujours festoyé la mort comme une amie, et que nul danger ne peut l'éloigner d'une cérémonie funèbre.
Les Français sont le peuple européen de la culture par excellence.
J'ai besoin de me recueillir pour aimer.
On ne peut comprendre le monde que par l'action, non par la contemplation. La main est est le bord aiguisé de l'esprit.
Le coeur de l'exilé compare, aime ou déplore ; il ne reconnaît pas.
On ne perd pas si facilement une longue habitude surtout lorsqu'elle est vicieuse.
L'homme asservit tout ce qu'il touche, la nature, ses semblables, et davantage encore celui qu'il accable de son amour, homme ou femme.
On peut croire que l'on aime, mais cela ne suffit pas pour réunir un homme et une femme. Ils doivent vivre leur amour pour qu'il existe vraiment, ils doivent le mériter.
Tout le talent de l'acteur consiste à faire éprouver aux spectateurs des émotions qu'il ne ressent pas lui-même.
Dans culture il y a culte et toute culture est une manière de piété. L'esprit humain se forme à accepter, non à décider si une oeuvre est belle mais à réfléchir sur une oeuvre belle.
On parle souvent du Nouveau Testament sans dire qui a hérité de l'Ancien.
Nous devons savoir à la fois que nous devons parler de Dieu et que nous ne le pouvons pas.
La douleur suit les actes qui ne sont pas minutieusement passés au crible de la raison.
Lorsque Dieu veut instruire de leur néant les idolâtres d'eux-mêmes, il se contente d'éterniser les adieux qu'ils disent à leur moi.
Le jeûne a ceci de bon qu'il fait apprécier la moindre collation.
On naît paysan, jamais on ne le devient.
Comment peut-on vivre avec un chat empaillé ? C'est le comble du mauvais goût.
La pauvreté, faut pas que ça empêche les gens d'avoir l'air propre.
Tout le monde a peur du quotidien, comme s'il s'agissait d'une fatalité qui développe l'ennui, l'habitude...
Il y a des secrets qu'une femme ne peut confier qu'à une femme, des secrets de sensibilité.
Le mécanisme qui entrave le bonheur ? Le mal vient de ne pas parler comme un livre.
Cette planète n'est guère outillée pour la joie...
N'est-il pas étrange que les hommes se battent si volontiers pour la religion et vivent si peu volontiers selon ses règles ?
La mort me passionne comme une chose à éviter.
L'homme n'est pas ancien comme le monde : il ne porte que son avenir.
Plaideur. Personne qui se prépare à abandonner sa peau dans l'espoir de sauver ses os.
Londres est une ville de brouillards et de charbon de terre : au bout de huit jours, une chemise n'y est plus mettable.
Les amis sont là comme un rempart solide et infaillible contre les démons de la vie.
C'est très couvrant de dire du mal de soi, surtout si l'on sait trouver les bonnes formules : elles vous habillent.
On devrait retaper notre pauvre planète, avant d'aller bousiller celle des autres.
Un bon compromis laisse toujours tout le monde en colère.
Qui dédaigne son histoire la revivra tôt ou tard.
Le bonheur se distingue du plaisir : ce dernier n'est pas lié au sentiment de l'existence, on ne s'y oublie pas en tant qu'être singulier. Ici se loge la deuxième raison qui peut expliquer la rareté de ce bonheur en littérature.