Parole de coiffeur : il est interdit de descendre avant la raie.
Rien ne renforce plus l'amitié entre deux hommes que lorsque chacun des deux considère qu'il est supérieur à l'autre.
Jeunesse ne vient pas au monde elle est constamment de ce monde.
Toute science crée une nouvelle ignorance.
La religion est moins un sujet de sanctification qu'un sujet de disputes qui appartient à tout le monde.
Qui juge lentement juge sûrement.
La mort n'est pas une excuse.
Ainsi sont toutes femmes, femmes.
On continue à s'entre-tuer pour un dieu, une rivière, la couleur de la peau. Il ne faut pas avoir la peau basanée là où il faut avoir la peau blanche, la peau blanche là où il faut l'avoir basanée, il ne faut jamais croire au dieu qui n'est pas le bon.
Le néant se nie s'il se nomme.
On ne doit pas plus exhiber sa culture que ses biceps. Il faut qu'elle saille sous la phrase comme les muscles sous le vêtement.
Il en est de l'esprit comme de la musique ; plus on l'entend, plus on exige de subtiles nuances.
Pourquoi l'Europe est-elle si économiquement nécessaire et si profondément ennuyeuse ?
Il est aussi inutile de mettre plusieurs épithètes à un même mot que de payer plusieurs fois la même facture.
L'homme, c'est le nom commode qu'on a donné, complet, fini, satisfaisant, à quelque chose qui ne l'est guère. On a fait l'opération contraire avec le mot Dieu.
Dieu ayant créé le monde ne s'en est pas retiré mais continue à le maintenir à l'être par son souffle créateur, faute de quoi dans la seconde même toutes choses retourneraient au néant.
On ne saurait aimer trop de choses et trop peu de gens.
Reste-t-on toujours si peu sûr de son âme qu'on doive écrire constamment pour plus tard le langage du présent ? La jeunesse ne sert-elle donc qu'à fabriquer du passé pour le vieil âge ?
C'est notre amour-propre que l'amour nous séduit ; hé ! comment résister à un sentiment qui embellit à nos yeux ce que nous avons, nous rend ce que nous avons perdu et nous donne ce que nous n'avons pas ?
Il est possible que les manoeuvres ne servent pas à gagner les batailles, mais les exercices forment le caractère.
Moins on s'y attend, plus on a de chances de prendre un but.
Il suffit d'ouvrir un manuel de littérature grecque ou latine pour constater que les belles époques littéraires sont d'un demi-siècle alors que les littératures dites de décadence durent six cent ans.
Votre vie n'aura jamais que la dimension de vos espérances.
Ce n'est qu'une fois transposée en action qu'on voit ce qu'une mise en scène peut faire d'une idée.
Les parfums sont de puissants magiciens pouvant vous transporter au travers des années que vous avez vécues.
Ecrire, c'est une liaison d'amour avec soi et les choses, et les moments et les gens. Ecrire, c'est comme vivre une vie parallèle à sa vie de chaque jour ; c'est le vase purificateur de l'âme et de ses mouvances.
On ne bâtit pas un avenir sur des souvenirs et des sacrifices si beaux soient-ils.
Si les grands hommes n'avaient pas commis d'erreurs, nous ne saurions pas qu'ils ont existé.
L'avance que prennent les femmes changera le vécu de l'amour aujourd'hui plein d'erreurs, en fera une relation qui unisse un être humain à un autre être humain, et non plus un homme à une femme.
Sachons donc borner notre ambition : c'est un funeste délire que de soupirer après ce qu'on ne peut atteindre.
Les mystères les plus profonds résident dans les objets naturels les plus simples.
Les femmes et les journaux ont ceci de commun que chaque homme doit avoir un exemplaire personnel, ce qui ne l'empêche pas, parfois, de parcourir l'exemplaire du voisin.
Il faut naître à quelque chose tous les jours et c'est toujours aussi douloureux que la première fois.
Il n'y a que la littérature pour contourner, tout en les déplaçant, les interdits dont sont frappés nos rêves et nos désirs.
Le mal existe dans la pensée des êtres qui le désirent ou l'imaginent.
Je n'ai tant de chance que parce que tu m'aimes.
Ma femme ! Qui a inventé cette possession ridicule ?
Les grands savants ? Ils perdent tous la foi. Plus ils se posent de questions, plus ils s'embrouillent.
Les principes, les systèmes sont des armes pour lutter contre la vie.
Il n'y a aucune connaissance de la terre qui ne commence par l'imagination. Lorsqu'elle disparaît, lorsque se brise la création par l'imaginaire, la curiosité s'évanouit avec elle et le savoir s'épuise.
Le poète émet, transmet, il est une voix qui se découvre et s'affirme.
Il n'est pas impossible que la prolifération des automobiles entraîne un accroissement de la lecture.
L'art est l'expression sacrée de forces invisibles et surnaturelles scellées par les génies.
Il y a des abîmes d'où personne ne peut vous sortir.
La passion déteste tout ce qui n'est pas la passion.
La neige séjourne longtemps sur les sols pierreux, mais disparaît vite sur les terres cultivées.
Quand je vois le nombre de gens qui sont partis en vacances avec leur sans-fil, je me dis que s'il y avait eu des fils, on n'aurait pas fini de défaire les noeuds.
Le flirt avec l'avenir est le pire des conformismes, la lâche flatterie du plus fort. Car l'avenir est toujours plus fort que le présent. C'est bien lui, en effet, qui nous jugera. Et certainement sans aucune compétence.
Le jeu de boules est une activité dans laquelle on s'engage tout entier. Le temps n'y existe plus et plus rien n'a d'importance que le mouvement fascinant de ces sphères inspirées.
Le mépris doit être le plus mystérieux de nos sentiments.