Toute une vie auprès du même être, c'est long : un des bienfaits du mariage est de nous faire sentir la durée.
Rien de plus difficile que de n'être pas soi-même ou que de ne l'être que jusqu'où l'on veut.
Celui qui sait avouer peut oublier.
Le bonheur n'existe pas, si l'on n'en a pas la conscience claire.
Le monde progresse grâce aux choses impossibles qui ont été réalisées.
Quand on reste immobile, la peur pousse mieux.
Comment définir le réel ? Ce que tu ressens, vois, goûtes ou respires, ne sont rien que des impulsions électriques interprétées par ton cerveau.
Il n'entend pas ce qu'on lui dit, à force d'écouter ce qu'il va dire.
Un tribunal d'exception est un tribunal qui ne se montre équitable que par exception.
Si tu brises le noyau de l'atome, tu y trouveras enclos un soleil.
Si l'on vous sert une tasse de café, ne vous efforcez pas d'y trouver de la bière.
Les risques du métier : son menton a soudainement quitté la paume de sa main droite posée grâce à un coude et sa tête est venue frapper lourdement le bureau. Une fois encore, un fonctionnaire s'est tué au travail.
La musique la plus extrême est le silence de la bouche aimée.
Ne pas avoir faim, ne pas avoir soif, ne pas avoir froid ; celui qui dispose de cela, et a l'espoir d'en disposer à l'avenir, peut lutter comme il arrive, et coulera des jours heureux.
Travailler durement, vivre durement, mourir durement et aller en enfer après, ce serait vraiment trop dur.
Nous ne sommes pas juges de ce que Dieu attend d'un vie et d'une autre.
Si tout le monde appuyait fermement du pied droit sur le sol pour freiner, le temps passerait moins vite.
Toute faute qu'on fait est un cachot qu'on s'ouvre.
Les vivants ne peuvent rien apprendre aux morts ; les morts, au contraire, instruisent les vivants.
Quand on tombe, on ne tombe jamais bien.
Ne vous fiez pas à l'ami réconcilié, car les bons offices n'effacent pas les anciens griefs.
Apprendre à mourir ! Et pourquoi donc ? On y réussit très bien la première fois !
Tout homme a le droit d'être vaniteux tant qu'il n'a pas réussi.
Celui-là t'aime bien qui te fait pleurer.
Ne soyons pas si difficiles : Les plus accommodants, ce sont les plus habiles.
Nous estimons trop peu ce que nous obtenons trop aisément.
On ne se prépare pas plus à la mort qu'on ne s'était préparé à vivre.
Chagrin et joie dépendent plus de ce que nous sommes que de ce qui nous arrive.
Le désespoir n'a pas d'habitude, il n'a que des abonnés.
Artistes, poètes, écrivains, si vous copiez toujours, on ne vous copiera jamais.
Les assemblées politiques sont le dernier endroit au monde où il n'est pas éliminatoire d'appartenir au troisième et même au quatrième âge.
L'éternité, la suite la plus longue possible des moments les plus longs possibles.
Ecrire, c'est tuer, prier, délirer. Pour combler l'écart. Abolir l'Entre. Et n'y parvenir jamais.
Depuis l'avènement de la République, la campagne est devenue... électorale.
Elles nous abandonnent leurs corps - convaincues que cela devrait nous suffire - alors que, précisément, cela pourrait nous suffire.
Que c'est long à venir, une civilisation ! Que c'est long à crever !
L'esclave ne souffre plus. C'est ce qu'on appelle l'évolution d'une civilisation.
Quand on sait qu'il suffit d'appuyer sur la commande de la télé pour qu'un lave-vaisselle apparaisse à la place de votre tête, ça vous donne le sens du relatif.
Plus les plaisirs vous sont petits et rares, moins on se résigne à les lâcher.
Même en s'appliquant, un cul-de-jatte ne sautera pas un mur.
Le troisième millénaire sera rigolo ou ne sera pas.
Les corps politiques recommencent sans cesse ; ils ne vivent que de remèdes.
On ne regrette que ce qu'on a connu.
Où va l'homme ? Où son coeur l'appelle.
L'ennui n'engraisse que les sots.
J'ai 19 ans et je me sens vieille.
Sous un pli bleu je t'envoyais, la tendresse de Bernard Dimey,Tu trouvais que c'était joli, tu n'y as jamais rien compris,Je t'envoyais des chansons de Brel, celles qui frappaient où le coeur se fêle,Je pensais qu'elles pourraient peut-être, faire pousser un arbre au désert.
Seule la réalité est capable d'éveiller l'oeil, de l'arracher à son rêve solitaire, à sa vision, pour le contraindre à l'acte conscient de voir, au regard.
Lorsque je suis devenu connu à mon tour, j'ai bien constaté que j'étais toujours aussi con qu'avant. Rien n'avait changé.
Les propagandes politiques et publicitaires qui s'emparent brutalement des esprits sont bien plus fortes que les patients efforts de la pensée réfléchie.