On n'écoute pas d'autre prédication que le temps, qui vous inculque toutes les idées que les gens plus âgés que vous, avaient vainement essayé de vous mettre dans la tête.
S'il faut se vanter, c'est de ma faiblesse que je me vanterai.
On n'attelle pas au même timon le cheval fougueux et la biche craintive.
C'est trop aimer quand on en meurt.
Pas besoin d'intérêt pour mentir. Le plaisir suffit.
Le carrosse du passé ne nous conduit nulle part.
Le monde n'a pas besoin qu'on y mette de l'ordre ; le monde est ordre, incarné. C'est à nous de nous harmoniser avec cet ordre.
Je connais maintenant la définition de la guerre : la guerre, c'est la mort des autres. On ne la laisse durer que parce que ce sont les autres qui la font et qui en meurent.
Le peintre original procède à la façon des oculistes.
Un match d'un homme de 70 kilos contre un obus du même poids est, sans discussion, une des inventions les plus sottes de notre temps.
La pipe est la pierre de touche des nerfs.
Le meilleur prophète est celui qui devine juste.
C'est le malheur de beaucoup de gens de vouloir un bonheur qui ne leur va pas.
On a mille définitions de Dieu. On n'en a qu'une de la vie : Dieu.
Comme tous les hommes faibles, il tenait absolument à ne pas changer d'avis.
Branle-bas de nuit pour les rats, dans la ferme où le chat est jeune.
Les mots et les faits s'oublient ; ce sont les impressions qui restent.
On souhaite la paresse d'un méchant et le silence d'un sot.
Toute philosophie pourrait se réduire à rechercher laborieusement cela même que l'on sait naturellement.
Le trésor que l'on espère Vaut presque le trésor qu'on a.
L'enfance véritable se définit justement par l'absence d'angoisse ou d'avenir.
Longévité : prolongation peu commune de la crainte de la mort.
La propension au bonheur se nourrit aux souriants.
Prenez l'amour d'une femme pour enclume ; plus vous le frapperez, plus il sera brillant et fort.
La douleur est un feu que chacun alimente en soi.
La volonté du souverain est le souverain lui-même.
Tout ce qui va arriver, peut et doit être prévu.
Pour tromper le monde, ressemblez au monde.
Il n'y a rien de plus fragile, de moins sûr, il n'y a rien qui ne fasse plus de mal à un auteur que la lecture ou la relecture de ses écrits.
Les hommes politiques finissent toujours par se convaincre plus ou moins de ce qu'ils veulent faire croire à leurs électeurs.
La vie réserve ses richesses aux âmes dignes d'elle.
Le sourire, c'est l'amorce du baiser.
Notre vie n'est précieuse que parce que nous avons le pouvoir d'en disposer, et que nul ne peut jamais exercer ce pouvoir à la place d'un autre, telle est la terrible économie de notre existence !
Accepter de vivre, n'est-ce pas parfois une forme de suicide ?
L'honnêteté est plus inébranlable que la loi. L'une, personne ne pourra jamais l'ébranler par la parole ; l'autre, en la tournant et la retournant souvent, un rhéteur la met à mal.
On ne doit pas faire payer le fait que l'on doit de la reconnaissance, et c'est une tentation qui nous guette tous.
Dans la nature, ce sont les hommes qui décrètent de la beauté ou de la laideur.
Les lois de l'espace scénique sont différentes de celles de la littérature, mais l'enjeu reste toujours de faire passer le plus possible de littérature sur l'espace scénique.
Le metteur en scène, c'est le comble du traducteur.
Le sens de toute chose réside peut-être dans l'absence de sens.
Les hommes ne sont pas ce qu'ils ont été, mais ce qu'ils sont devenus.
L'absence de système est encore un système, mais le plus sympathique.
En matière politique, grimper, c'est ramper verticalement.
Les grands esprits sont capables de grandes cruautés, tandis que les petits n'en font que de petites.
Je n'ai jamais cherché que cela en écrivant : communiquer avec les autres.
La destruction à grande échelle est l'affaire de Dieu, les hommes n'ont pas le droit de s'en mêler.
Ah, Dieu, comme l'esprit peut hésiter dès qu'il se préoccupe de considérations morales ou éthiques !
C'est au moment de payer les pots qu'on sent qu'on n'a plus soif.
Ce qui est ordinairement le plus envié, c'est la gloire.
Un livre doit être un morceau de langage déchiré, un morceau que l'on arrache à la parole.