Si je vous fais rire, vous m'aimez plus, ce qui vous rend plus réceptif à mes idées. Et si je peux vous faire rire d'une chose que j'ai dite, comme vous en riez, vous en reconnaissez la vérité.
L'audace cache de grandes craintes.
L'église ne reconnaît qu'une sorte de laïcs : les siens.
Ce n'était qu'un minute à passer. Elle est passée. Vous en vivez une autre qui passe déjà. N'est-ce pas simple ? S'abandonner à la minute, celle qu'on vit, sans s'effrayer de celle qui vient ?
Le monde est dévoré par l'ennui.
La prière n'est qu'un moyen de parvenir à la plus haute connaissance, à la fusion divine.
Comme on devient horriblement raisonnable quand on y est contraint.
Les poètes le sont par l'âme et non par le savoir. L'érudition n'engendre que peu de poètes.
Le temps est démesuré quand on est petit et qu'on attend.
Mourir après avoir donné la vie, c'est continuer de vivre.
Evitons de croire théoriquement à l'évidence.
Il me faut, à chaque instant passer par l'infini pour atteindre d'incertaines et transitoires petites choses.
Quand nous tombons dans un puits, ce ne sont pas nos oreilles qui arrêtent la chute.
Quelqu'un peut lire les ouvrages de Marx, les savoir par coeur, les réciter à l'envers, mais s'il n'aime pas le peuple laborieux, rustre, inculte, et qu'il se croit supérieur aux travailleurs, il ne sera pas du tout marxiste.
Le théâtre a toujours placé en exergue du monde ce qui le déchirait. Il n'existe que dans le rapport à la blessure dont le terme le plus commun est la psychose, la folie : l'histoire du théâtre est une longue histoire de fous, de possédés.
Il est caractéristique de la nouvelle culture glauque des clubs de remise en forme que les entraîneurs personnels se permettent de se prendre pour des médecins sans avoir prononcé le serment d'Hippocrate.
Bigamie : faute de goût pour laquelle il sera infligé une punition future appelée trigamie.
Les individualités disparaissent chez un peuple nivelé par l'instruction !...
Il y a des places qu'il faut laisser désertes. Il y a des actes qu'on ne peut faire sans être aussitôt défait par eux.
C'est le style qui crée réellement de la pensée.
C'est ça le succès : être traduit dans des langues dont on ignorait jusqu'à l'existence.
Les antiquités : sont toujours de fabrication moderne.
Les hommes oublient tout. Les femmes se souviennent de tout.
Le pire des fléaux, c'est la solitude.
Au XXe siècle, après tant de travaux, l'humanité s'acharne à effacer ses traces.
Société des gens de lettres. -- Étonnant, comme ils savent peu parler !
Être heureux n'est pas le but, mais il faut au moins l'avoir été.
L'argent, c'est la puissance matériellement projetée sur le monde.
Sans public, on n'est rien.
Si vous passez outre ce sentiment de peur, ce sentiment de prise de risque, des choses vraiment surprenantes peuvent arriver.
Les médias d'information désinforment.
Tu aurais pu avoir un peu de patience, attendre qu'on parte ensemble. On dit que la fin du monde est proche.
Un corps verbal ne se laisse pas traduire ou transporter dans une autre langue. Il est cela même que la traduction laisse tomber. Laisser tomber le corps, telle est même l'énergie essentielle de la traduction.
Et maintenant, arrivé à la dernière étape, il me vient un remord d'avoir osé rire de vos peines, comme si j'avais taillé un pipeau dans le bois de vos croix.
S'il est si dégoûtant de juger, ce n'est pas parce que tout se vaut, mais au contraire parce que tout ce qui se vaut ne peut se faire et se distinguer qu'en défiant le jugement.
Difficile de donner un âge à celui que l'alcool a attaqué. C'est le prototype du Français qui aime trop le vin, nez déformé, la fraise, visage bouffi, voix d'outre-tombe, les dents jaunes et avariées.
Un crime peut être une oeuvre d'art, et un détective un artiste.
Les livres les plus faciles à adapter sont ceux qui, une fois enlevée la littérature, continuent de tenir debout. Il y en a moins qu'on ne le croit. Souvent, la beauté de la littérature vous fait prendre des vessies pour [...] ► Lire la suite
L'oeuvre juste et nécessaire s'accomplira. Si jamais les misères et les vilénies du temps présent jetaient le trouble dans nos coeurs, eh bien, projetons nos regards au-delà de notre moment circonscrit de la durée vers le passé et l'avenir ; [...] ► Lire la suite
Au beau milieu de la fouleD'un dimanche après-midiAu beau milieu de la fouleJe le reconnais, c'est lui.
Bourrez les gens de données incombustibles, gorgez-les de «faits», qu'ils se sentent gavés, mais absolument «brillants» côté information. Ils auront l'impression de penser, ils auront le sentiment du mouvement tout en faisant du sur-place.
Je suis un arbre aux branches folles,L'épouvantail, le sous-marin...J'ai plusieurs morts. Une paroleSuffit à me tuer. Je crains
Il ne faut jamais avoir pénétré dans un asile pour ne pas savoir qu'on y fait les fous tout comme dans les maisons de correction on fait les bandits.
Ni le désaveu de l'histoire, ni l'impatience des citoyens n'entament le sentiment d'infaillibilité qui imprègne l'administration : cette conviction vertigineuse que les hommes qui se trouvent au sommet de la hiérarchie savent seuls ce qui est bon pour les hommes qui peuplent les degrés inférieurs.
Beaucoup d'appelés et peu d'élus est une loi de la Cité aussi bien que du Ciel.
Nous revînmes à pas lents.Les crapauds chantaient, dolents,Sous l'eau morte ;Et j'avais le coeur en deuilEn t'embrassant sur le seuilDe ta porte.
La fenaison transforme le paysage en y inscrivant les traces d'une archéologie éphémère.
Les idées, ce n'et rien : tout le monde en a ; ce qu'il faut, c'est les faire passer dans les faits.
Notre vision du futur s'est rétrécie.
Je ne me permets pas de douter de moi même un instant.