Alunissage : Procédé technique consistant à déposer des imbéciles sur un rêve enfantin.
Une grande misère parmi les homme, c'est qu'ils savent si bien ce qui leur est dû et qu'ils sentent si peu ce qu'ils doivent aux autres.
Créer, c'est se souvenir.
La forêt, c'est encore un peu du paradis perdu. Dieu n'a pas voulu que le premier jardin fût effacé par le premier péché.
Il n'y a pas de héros sans auditoire.
Si l'on veut s'approcher des enfants, il faut parfois devenir enfant soi-même.
Pour polir toute matière il faut mille dents de la lime ; pour rendre un enfant poli, les mille contraintes de l'éducation.
Je ne suis ni dessinateur ni peintre ; mes dessins sont de l'écriture dénouée et renouée autrement.
On s'est longuement interrogé sur les causes du sommeil. La principale est l'envie de dormir.
La vie est comme on la fait.
Nous ne sommes que des grains de sable mais nous sommes ensemble. Nous sommes comme les grains de sable sur la plage, mais sans les grains de sable la plage n'existerait pas.
Qui se casse les dents sur le noyau mange rarement l'amande.
On n'échappe pas à l'obéissance à Dieu que pour choir dans la servitude.
Dire que Dieu n'existe pas, c'est déjà de la prétention, c'est prétendre connaître son absence.
Il n'est pas d'incident si négligeable où ne s'inscrit la volonté de Dieu comme toute l'immensité du ciel dans une goutte d'eau.
L'espérance est un emprunt fait au bonheur.
A mesure que les acteurs deviennent mauvais, le public vient. Un mauvais acteur attire le public comme la viande avariée attire les mouches.
Le hasard ne fait toujours que la moitié du chemin.
N'est-ce pas avoir assez vécu que de mourir sans regret ?
Vivre, c'est naître sans cesse. La mort n'est qu'une ultime naissance, le linceul notre dernier lange.
Le bonheur : comme une raison que la vie se donne à elle-même.
Le coeur s'attendrit plus volontiers à des maux feints qu'à des maux véritables.
Le Canadien français n'arrive pas à mourir à un certain passé, à ce qu'il fut dans une lointaine ascendance. Les racines de l'arbre généalogique lui dévorent la moelle.
C'est le contraire du vélo, la bicyclette. Une silhouette profilée mauve fluo dévale à soixante-dix à l'heure : c'est du vélo. Deux lycéennes côte à côte traversent un pont à Bruges : c'est de la bicyclette.
Il y a des femmes qui sont comme le bâton enduit de confiture de roses : on ne sait pas par quel bout les prendre.
Il faut être psychothérapeute pour savoir combien il est rare d'obtenir le pardon d'autrui.
Il y a toujours mort d'homme à l'origine de l'ordre culturel.
Le passage clouté est le haut lieu de la tendresse municipale.
On n'est pas responsable de ses pensées. On est coupable seulement de celles que l'on cultive.
La meilleure façon de surmonter le chagrin, de désamorcer le drame, de dominer ses propres peines et faiblesses du corps, c'est de travailler et d'étudier.
Ne pas exprimer sa douleur au compte-gouttes ni la payer à crédit avec des intérêts astronomiques.
Le rôle du poète, choisir des voix qui se poseront là, et viendront éclater les murs et sortir et continuer au dehors du théâtre.
C'est la manie des jeunes de mettre toute l'humanité dans un derrière, un seul, le sacré rêve, la rage d'amour.
O misère de nous ! Notre vie est si vaine qu'elle n'est qu'un reflet de notre mémoire.
Les espérances de nos enfants ! Pour les cueillir, ils doivent nous passer sur le corps.
Les plus belles découvertes cesseraient de me plaire si je devais les garder pour moi.
L'amour est la seule force qui peut stopper un homme dans sa chute.
Vous devez apprendre à vivre, voilà ce qu'on veut. Vous devez concevoir l'humour de la vie.
Tirez du péril ceux que l'on mène à la mort, et ne cessez point de délivrer ceux qu'on entraîne pour les faire mourir.
La jalousie est un doute, la crainte est une petitesse.
C'est l'observation de la différence des sexes qui est au fondement de toute pensée, aussi bien traditionnelle que scientifique.
Quand le réalisme s'impose comme la vision unique, qu'il brandit comme idéal de représentation la photographie, qu'il fait du roman sa chasse gardée, qu'est-ce qu'il reste à faire au poète ?
Les disputes incessantes, il n'y a rien de pire pour donner une image négative du mariage aux enfants.
Qui défend un malfaiteur devient criminel.
Un livre de citations... ne peut jamais être terminé.
Les critiques littéraires sont les cactus qui vivent de leurs piquants parmi les vautours qui vivent de leurs plumes.
Je sais à quoi ressemble une pomme qui grille et grésille dans l'âtre, un soir d'hiver et je sais le réconfort qu'apporte le fait de la manger toute chaude, avec un peu de sucre et un filet de crème...
Le côté déprimant des temps modernes est la fâcheuse nécessité qu'ils impliquent de la nullité des temps anciens.
Il faut écrire des choses très folles en ayant une vie très rangée.
D'où qu'elle nous vienne, l'intime conviction restera toujours plus poétique, plus forte et plus rassurante que la réalité.