Inconsciemment l'homme connaît son destin, il sait qu'un jour il l'atteindra.
Aimer ou être aimé. Ce ne sont que deux formes différentes de lâcheté.
Les petits faits inexpliqués contiennent toujours de quoi renverser toutes les explications des grands faits.
On ne fait pas de guerres pour des territoires mais pour des mots.
La justice, comme la peste, change les âmes et les visages.
Il y a plusieurs façons d'être en amour. C'est ce qui rend l'amour si fascinant.
On imagine assez bien un dieu, ayant créé un univers absurde, y jetant un être pensant pour voir si celui-ci trouverait un sens à tout cela.
Qu'est-ce que mourir ? Fermer les yeux ?
Qu'est-ce que bien lire, sinon écrire ? Un texte est-il jamais lu par un autre que par celui qui l'écrit.
Les amoureux sont comme les somnambules ; ils ne voient pas seulement avec les yeux, mais avec le corps tout entier.
Chacun lutte comme il peut contre l'angoisse de la mort et la solitude ; tracer des mots pour les écarter ne constitue pas l'un des plus mauvais moyens inventés par l'Homme.
Bourlinguer, n'est-ce pas rêver la vie.
La nature de la vérité n'est pas d'être dépossédée mais d'être recherchée.
Opéras vieux, latin d'église, refrains niais, rythmes naïfs, tout est musique.
Si vous voulez plaire infiniment aujourd'hui, il faut vous résoudre à être ridicule dans vingt ans.
Le Beau et le Bien sont régis par des lois opposées : le Beau est d'autant plus beau qu'on parle de lui, le Bien est d'autant moins bien qu'il en est question.
De toute éternité, le Beau est plus rentable que le Bien.
Lorsque les forces et l'âge te le permettent, supporte les peines.
Les Chevaliers de l'Ordre National évitent soigneusement d'abréger cette distinction.
Le plaisir touche de plus près à la douleur qu'à la gaieté.
L'homme agit, la femme vit.
Le plus grand danger des autoroutes de l'information, une fois de plus, ça sera pour les hérissons de l'information...
Chaque je n'a d'existence qu'en empiétant un tout petit peu sur celui des autres, en empiétant un tout petit peu celui des autres.
La fortune est une créature fantasque, toujours ivre, et aveugle par-dessus le marché : aussi, ne voit-elle point ce qu'elle fait et ne sait-elle ni qui elle abat, ni qui elle élève.
Entre eux les gens de lettres se suffoquent d'encens ou s'inondent de fiel.
L'euro, on ne vous demande pas de comprendre, on vous demande de payer.
La mode selon laquelle nous pensons change comme la mode selon laquelle nous nous habillons et pour la plupart des gens, il est difficile, sinon impossible, de penser autrement que suivant la mode de leur époque.
Il n'y a aucun progrès qui ne se paye d'une perte.
Comme on a tort de croire que l'intelligence ou les facultés d'analyse peuvent nous mettre à l'abri !
Le souvenir des maux est agréable à ceux qui les ont passés, et ajoute quelques douceurs aux félicités dont ils jouissent.
Être heureux n'est pas le but, mais il faut au moins l'avoir été.
La réalité de nos itinéraires est rarement rectiligne.
Tenter le mariage n'est pas grave en soi. Il y a de plus en plus de mariages à l'essai. Ce qui est plus grave, c'est qu'il n'existe pas encore de formule pour les "enfants à l'essai".
Il vaut mieux être plusieurs sur une bonne affaire que seul sur une mauvaise.
Le nouveau service militaire dure trois heures. C'est une honte, il faut beaucoup plus de temps pour apprendre à devenir alcoolique, menteur, voleur et tire-au-cul !
Les débuts sont des moments délicats.
J'aime aller derrière les mots parce qu'il y a autre chose encore. Je ne vais pas à l'évidence. J'aime bien fouiller derrière les mots pour voir.
Pour vivre jusqu'à 90 ans, mon spécialiste m'a conseillé "pas de fruit, pas de légume !" : avec des pâtes, du riz et des pommes de terre, on vit très bien... si vous le voulez.
Ayant toujours eu tendance à me sous-estimer je crains d'être débordé, de perdre confiance.
Y a-t-il une vie après la mort ?Ce qui est sûr, c'est qu'il y a une mort après la vie.
Mon arrière-grand-père est mort, mon grand-père est mort, mon père est mort... Je crains que ce soit héréditaire.
Les abus et les excès rendent pernicieux ce qui est bon en soi-même.
Ne pas résister aux événements ni à plus fort que soi vaut mieux que lutter opiniâtrement contre des forces supérieures.
Aussi ne saura-t-il jamais comme je l'aime, et celà non parce qu'il est beau mais parce qu'il est plus moi-même que je ne le suis.
Décider d'une guerre est une responsabilité très lourde. La prédire propre et rapide relève du cynisme ou de l'utopie.
Il y a, dans la déconstruction, une figure auto-interprétative qui n'impose sa nécessité qu'en accumulant les forces qui tentent de la refouler.
Après moi mon amour, avec tant d'insistanceTu appelles en rêve et désires me voirque ton rêve m'atteint à travers la distanceEt que tu m'apparais à la chute du soir.
Acheter la couleur des jours, un nouveau pull d'automne.
Ce n'est pas ce que l'on dit qui compte, mais ce qu'on entend. C'est fou comme la voix seule peut dire d'une personne qu'on aime - de sa tristesse, de sa fatigue, de sa fragilité, de son intensité à vivre, de sa joie.
Chacun est le fils de son temps.