Les citations sont les béquilles des écrivains infirmes.
Les bons écrivains touchent souvent la vie du doigt. Les médiocres ne font que l'éffleurer. Les mauvais la violent et l'abandonnent aux mouches.
Les écrivains jouissent du privilège mystérieux de faire de la vie avec de la mort ; ils en font, le plus souvent, avec tout ce qui tourne autour de la mort des sentiments.
Les écrivains qui ont de l'influence ne sont que des hommes qui expriment parfaitement ce que les autres pensent, et qui réveillent dans les esprits des idées ou des sentiments qui tendaient à éclore.
Certains écrivains s'excusent de ne pas avoir forgé des choses excellentes à cause du manque de liberté. Peut-être est-ce une excuse naïve pour justifier leur ineptie ou leur paresse.
La plupart des anthologues de poésie ou de citations sont comme ceux qui mangent des cerises ou des huîtres, cueillant d'abord le meilleur et finissant par tout manger.
Avant, les écrivains étaient ancrés dans le monde, dans la politique.
C'est pour faire exister ce qui n'existe pas qu'il faut sans cesse de nouveaux écrivains !
La littérature n'a rien à voir avec les souffrances des écrivains ou l'idée qu'ils se font de la littérature.
Les citations ne sont pas des paravents derrière lesquels se réfugier. Elles sont une pensée qu'on a caressée et que l'on reconnait sous la plume d'un autre.
Il est triste que l'on ne puisse voir les entrailles érudites des écrivains afin de découvrir ce qu'ils ont mangé.
Les seuls écrivains qui durent sont ceux qui écrivent nus pour l'homme nu, pour l'homme-nature, pour l'homme de tous les temps.
Les grands artistes et les grands écrivains d'autrefois (d'hier encore) ont toujours pris leur point d'appui, leur modèle, leur référence, dans le passé. Ce sont les ignorants et les primaires qui ont fait courir le bruit que le passé était l'ennemi de la
Les écrivains écrivent peut-être pour cautériser à l'aide de mots les silences inconcevables et insupportables de l'enfance.
Je me demande si le temps où il était possible de donner des citations n'est pas terminé.
Tous les écrivains sont des exilés, volontaires ou non.
Les écrivains sont des ours de société. Ils goûtent la solitude sur un théâtre.
C'est la faiblesse de presque tous les écrivains qu'ils donneraient le meilleur d'eux-mêmes et ce qu'ils ont écrit de plus propre pour obtenir un emploi de cireur de bottes dans la politique.
Les médias sont pour les intellectuels une menace comme le fut, comme l'est encore pour les écrivains la mondanité.
Les mauvais écrivains croient que le divorce des mots n'est pas permis.
Les grands écrivains sont des radoteurs estimés.
Les écrivains : nous sommes des manufactures à pensées, des usines à opinions.
Les banalités des écrivains rares nous fournissent de bonnes citations.
Certains écrivains qui se déclarent le fils de leurs oeuvres sont nés de parents méconnus.
Supprimer les guillemets des citations : une manière élégante de recycler les idées usagées.
Les écrivains devraient mettre plus souvent les pieds dans la société civile.
Le public moderne semble avoir un faible pour les écrivains confus qui ne livrent jamais leur dernier secret et qui, peut-être, dans leurs désordres, n'en cachent aucun.
Les écrivains doivent connaître la grammaire comme les escrocs le code.
Les écrivains posent un problème. Si ce qu'un écrivain écrit est publié et se vend comme des petits pains, l'écrivain se dit qu'il est génial. Si ce qu'un écrivain écrit est publié et se vend moyennement, l'écrivain se dit qu'il [...] ► Lire la suite
Le nombre des écrivains est déjà innombrable et ira toujours croissant, parce que c'est le seule métier, avec l'art de gouverner, qu'on ose faire sans l'avoir appris.