Les citations sont les béquilles des écrivains infirmes.
Presque tous les écrivains seraient millionnaires s'ils touchaient uniquement leur pourcentage d'auteur sur les livres invendus.
Les écrivains jouissent du privilège mystérieux de faire de la vie avec de la mort ; ils en font, le plus souvent, avec tout ce qui tourne autour de la mort des sentiments.
J'aime les citations car c'est une joie de trouver des pensées que l'on pourrait avoir, admirablement exprimées avec beaucoup d'autorité par quelqu'un de plus sage que soi-même.
Il y a des écrivains qui ne parlent que de leur difficulté, de leur douleur. Si j'écris c'est parce que j'ai envie d'écrire.
Trois choses parlent pour un homme : ses yeux, ses amis et ses citations préférées.
C'est étonnant comme ces écrivains célibataires qui n'ont pas d'enfants s'occupent du problème de l'enfant !
Les écrivains vivent dans la peur et en vivent.
La plupart des anthologues de poésie ou de citations sont comme ceux qui mangent des cerises ou des huîtres, cueillant d'abord le meilleur et finissant par tout manger.
Les écrivains écrivent peut-être pour cautériser à l'aide de mots les silences inconcevables et insupportables de l'enfance.
Les journalistes : ils s'occupent de choses qui passent et disparaissent. Les écrivains sont des journalistes de l'éternel.
On récompense parfois des écrivains pour leur oeuvre. Pourquoi n'en punit-on jamais ?
L'Académie existe par les écrivains. Le lustre justifié dont elle éclate aux yeux du monde lui vient parfois beaucoup moins des écrivains qui la composent que des écrivains qui sont en dehors d'elle.
Les banalités des écrivains rares nous fournissent de bonnes citations.
Je suis persuadé que les écrivains du futur assureront la relève comme l'a fait chaque génération depuis Homère...
Les écrivains posent un problème. Si ce qu'un écrivain écrit est publié et se vend comme des petits pains, l'écrivain se dit qu'il est génial. Si ce qu'un écrivain écrit est publié et se vend moyennement, l'écrivain se dit qu'il [...] â–º Lire la suite
On dirait que pour Bachelard les écrivains n'ont jamais écrit: par une coupure bizarre, ils sont seulement lus.
Les bons écrivains définissent la réalité ; les mauvais ne font que le reformuler.
La littérature et la gastronomie sont inséparables, l'une est la fille de l'autre. La gastronomie est née le jour ou de grands écrivains ont consacré leur talent aux choses de la table. L'oeuvre des cuisiniers n'a de raison de durer... qu'autant que les gourmets en parlent et en écrivent.
Les écrivains doivent connaître la grammaire comme les escrocs le code.
Par des citations on affiche son érudition, on sacrifie son originalité.
Il est plaisant de constater que les écrivains les plus enflés sont aussi les plus plats.
Cette difficulté d'écrire qu'on prête aux écrivains n'est pour eux qu'une difficulté de plus, à cause de l'exigence.
Le comble de la célébrité, c'est de donner naissance à un adjectif. En employant "hugolien", "moliéresque" ou "brechtien", la postérité rend hommage à des écrivains et leur applique une petite couche d'immortalité.
Certains écrivains qui se déclarent le fils de leurs oeuvres sont nés de parents méconnus.
Les auteurs de recueils de citations sont comme ces gens qui mangent des cerises, qui commencent par les meilleures et qui finissent par les manger toutes.
Avant, les écrivains étaient ancrés dans le monde, dans la politique.
Trois ans pour faire un livre, cinq lignes pour le ridiculiser et des citations fausses.
Les mauvais écrivains croient que le divorce des mots n'est pas permis.
Sauf quand elles sont à l'ordre de l'armée, les citations n'ont pas besoin d'être exactes.
Tous les écrivains sont des exilés, volontaires ou non.