Les Hommes sont transportés à travers les siècles par le ventre des femmes.
Dès qu'on dit feu Untel, c'est qu'Untel s'est éteint.
C'est bon écrire. On regarde filer sa main, qui trace de curieuses arabesques ; et la pensée précède ou accompagne la grimace de l'encre qui s'écoule et des signes qui s'inscrivent.
Un homme plein de lui-même fait un joli petit paquet.
Heureux celui que les arbres caressent, que le vent conseille, que les enterrements saluent.
Il n'y a de hasard que dans les choses dérivées et multiples.
Etre un homme, c'est diminuer sa part de comédie.
Une question est une réponse.
Quitte à cracher sur la société, fais de la politique.
Tout le monde a de bons parents, il suffit de leur parler.
Quiconque veut oublier peut toujours essayer.
Le temps est démesuré quand on est petit et qu'on attend.
Le rêve, s'il doit avoir un sens, devrait dominer la vie des hommes.
L'emballage d'un écrivain qui a réussi, c'est sa légende, les anecdotes qu'on raconte à son sujet, les mots d'esprit qu'on lui attribue... même sans jamais l'avoir lu.
Les femmes ne mentent pas, elles évitent de déplaire.
Les hommes sont libres dans la mesure où ils forgent eux-mêmes leurs propres opinions.
Avant il y avait les mouches, maintenant il y a la télévision.
Ecrire pour le théâtre, c'est écrire pour l'autre : le metteur en scène et l'acteur car ce sont eux qui, avant le public, transforment en représentations scéniques les mots couchés sur le papier.
Simplement, rendre la prison visible.
Croire est ce que nous autres humains faisons le mieux.
Les poètes célèbrent avant tout l'amour et ils ont raison, car rien n'a plus que l'amour le besoin d'être transformé en ce qu'il n'est pas.
Quand un état a remporté cinq grandes victoires, il est en ruine.
Un sénateur, c'est un député qui s'obstine.
Les livres s'adressent rarement aux lecteurs aussi directement que peut le faire un interlocuteur de chair et de sang.
Si nous avions vécu avec quelqu'un cent vingt ans, et si on nous demandait ce que nous pensons de lui, pour ne pas trahir la complexité de sa personnalité, il nous faudrait répondre : "Je commence seulement à le connaître."
C'est le style qui crée réellement de la pensée.
Personne ne peut dire de quoi l'avenir sera fait, ce que l'homme sera capable de réaliser. Et c'est bien cette inconnue, ce côté imprévisible de l'homme qui rend la vie si intéressante !
Notre sénilité endormie se trouve à l'aise dans l'absurde.
Sur cent milliardaires, il y a quatre-vingt-dix-neuf fripouilles. Quant au centième, si on remonte son passé, il est pas blanc.
C'est ça le succès : être traduit dans des langues dont on ignorait jusqu'à l'existence.
Il est aussi utile à un peuple de craindre la guerre qu'à un individu, la mort.
La mort, si elle nous voyait pleurer, elle se tordrait.
Il faut tout dire : le travail donne une satisfaction un peu béate. Il y a dans la paresse un état d'inquiétude qui n'est pas vulgaire, et auquel l'esprit doit peut-être ses plus fines trouvailles.
L'homme ne pourra plus accepter de travailler sans créer ni participer aux décisions.
L'esprit de l'homme n'a point de bornes en ses aberrations.
Aux auteurs la critique est utile.
Les contractuelles ont souvent les yeux en amende.
Etre écrivain, c'est errer dans l'espace avec un crayon.
Les cadavres sont plus lourds que les coeurs brisés.
Le rassurant de l'équilibre, c'est que rien ne bouge. Le vrai de l'équilibre, c'est qu'il suffit d'un souffle pour faire tout bouger.
Les américains ont une maladie grave - pire que le SIDA : Le complexe du gagnant.
La solitude m'a toujours accompagnée, de près ou de loin, comme elle accompagne tous ceux qui, seuls, tentent de voir et d'entendre, là où d'aucuns ne font que regarder et écouter. Ami inestimable, ennemi mortelle - solitude qui ressource, solitude qui détruit, elle nous pousse à atteindre et à dépasser nos limites.
Tu aurais pu avoir un peu de patience, attendre qu'on parte ensemble. On dit que la fin du monde est proche.
L'humain c'est la possibilité de redouter l'injustice plus que la mort.
Il faut être de son temps et peindre ce que l'on voit.
Sans honneur, le talent importe peu.
Chacun est le fils de son temps.
La jouissance masculine est, pour une part, jouissance de la jouissance féminine, du pouvoir de faire jouir.
Plus on étudie l'homme, plus on connaît que l'orgueil est sa passion dominante, et qu'il affecte la grandeur jusque dans la plus triste misère.
Si le grand peuple que nous sommes pouvait périr, il périrait par l'indifférence.