L'indifférence est l'antichambre du cynisme.
Les soupçons ne sont autre chose que des rides.
Apprends à te connaître : tu t'aimeras moins, et à connaître les autres : tu ne les aimeras plus.
Tout le monde est très beau, ou alors personne.
L'agrément de la raison ne suffit pas pour adopter une éthique. Il faut aussi l'adhésion du coeur.
Si l'homme civilisé devait tuer lui-même les animaux qu'il mange, le nombre des végétariens augmenterait de façon astronomique.
Le passé, c'est le trésor des vieux. Ils y trouvent leurs souvenirs, le film de leurs luttes et de leurs erreurs.
Le pourcentage de voleurs est le même dans toutes les communautés, même chez les gendarmes.
Nous avons tous trop souffert, anges et hommes, De ce conflit entre le Pire et le Mieux.
Et souvent, c'est l'effet des caprices du sort, Qu'au milieu des écueils on rencontre le port.
Je suis une nature plutôt intime, qui préfère à tout autre plaisir la solitude à deux.
Si elles n'ont pas besoin d'argent, les femmes qui partent ne reviennent pas.
J'ai beau chercher la vérité dans les masses, je ne la rencontre que dans les individus.
Pour dormir tranquille, il faut n'avoir jamais fait certains rêves.
Tout est bon quand il est excessif.
Ceux qui ont beaucoup à espérer et rien à perdre seront toujours dangereux.
Si les choses étaient vraiment ce qu'on voulait qu'elles fussent, il s'en trouverait encore pour regretter qu'elles ne soient plus ce qu'elles étaient.
On répète les médisances, en citant leur auteur, pour s'en donner le plaisir sans danger.
La plupart des voyages trouvent leur intéret dans l'anticipation qu'on en fait ou le souvenir qu'on en garde ; la réalité se limite le plus souvent à la perte de ses bagages.
La libéralité consiste moins à donner beaucoup qu'à donner à propos.
L'âme humaine est comme un gouffre qui attire Dieu, et Dieu s'y jette.
N'employez jamais un mot nouveau, à moins qu'il n'ait ces trois qualités : être nécessaire, intelligible et sonore.
L'adolescence est comme un cactus.
C'est de la contradiction des idées et des forces que vient l'évolution.
Les asiles d'aliénés comportent dans leur personnel des internes et des internés. Entre ceux-ci et ceux-là, ne se dresse que l'épaisseur d'un accent aigu.
L'humanité fait un interminable discours dont chaque homme illustre est une idée.
La folie, c'est l'incapacité de communiquer ses idées.
L'animosité, l'intolérance, le fanatisme ne favorisent jamais entre elles la bonne entente. Partout où vivent côte à côte des races différentes, la plus faible est vouée à l'oppression de la plus forte, conquérante ou usurpatrice.
Énigme du monde, j'ai peur qu'elle n'ait que deux mots : propagation pour les espèces et douleur pour les individus.
Les bonheurs dont nous avons perdu l'espérance sont, sans doute, les meilleurs à recevoir, ceux qui nous émeuvent le plus profondément.
Chaque fois qu'un désir est comblé, son objet nous devient indifférent.
On dit d'un homme qu'il est raisonnable, comme les putains disent d'un client qu'il est sérieux.
A vingt ans, une femme ne veut épouser que l'homme avec lequel elle pense être heureuse ; à trente ans, elle pense être heureuse avec n'importe quel homme qui voudrait l'épouser.
L'amour donne le vertige, mais son vertige, si intolérable qu'il soit, est un délice infini.
En définitive, nous aimons tout pour nous-mêmes. L'amour est le plus égoïste des états...
Même erronés, les chiffres sont signes d'exactitude.
Les amis de la paix ne sont pas les meilleurs ennemis de la guerre.
La poésie est une éternelle jeunesse qui ranime le goût de vivre jusque dans le désespoir.
La mort n'est qu'un mot, une sorte de signe dont le sens nous échappe.
Dieu se repose une fois l'an chez les riches, et les pauvres se reposent sur lui tout le reste du temps.
Qu'est-ce qu'un paysage ? - C'est l'âge du pays quand nous y sommes.
Le dard de la peur est un des rares à atteindre l'âme avec autant de méchanceté. A y laisser de traces vives.
Le paradis terrestre est partout quand nous le voulons.
La vie fait de chacun ce qu'elle veut. Il faut la laisser faire. C'est peut-être dommage, mais c'est ainsi. Le plus sage est encore d'en prendre son parti et de tuer ses rêves.
On voit tellement de choses lorsqu'on ferme les yeux.
Lorsque vous commencez un travail d'importance, vous ne pouvez espérer le finir de suite : c'est la raison pour laquelle il ne faut laisser personne vous forcer à vous hâter ou vous décourager tant que vous n'êtes pas allés au bout de votre tâche.
Pardonnez beaucoup de choses, oubliez-en un peu.
Le cérémonial a toujours servi à se mettre du plomb dans la cervelle. Sans la grandiloquence des rites, on n'aurait de force pour rien.
Le théâtre imagine pour le spectateur, et lui fait vivre les produits de cette imagination.
Le théâtre doit servir à ça, à aller, toujours, vers un peu plus de communion.