Quand il n'y a dans un sentiment rien que d'analysable, il n'y a rien.
De quelqu'un qui ne pense qu'au présent on pourrait dire : "Il n'a pas inventé l'immortalité de l'âme."
Lorsque vous avez éliminé ce que vous ne pouvez pas faire, il ne reste que ce que vous devez faire.
Les intellectuels sont des impuissants qui rêvent de confort en prétendant le contraire.
Nous nous sommes partagés les dieux, mais eux, se sont-ils partagé les hommes ?
Le journalisme est un art, à n'en pas douter, mais de même que toute chose vraie, il est rare.
La souffrance existe pour les êtres, aucun d'entre eux ne peut s'y soustraire.
On s'aperçoit de ce qu'on cherchait après qu'on a trouvé ce qu'on ne cherchait pas.
Non l'homme n'émane pas que de Dieu, et ce serait là mal juger le créateur. L'homme émane aussi du diable, ce qui rend hommage aux deux, mais les diminue aussi l'un et l'autre.
Le regard, la voix, la respiration, la démarche sont identiques ; mais comme il n'a pas été donné à l'homme de pouvoir veiller à la fois sur ces quatre expressions simultanées de sa pensée, cherchez celle qui dit vrai, vous connaîtrez l'homme tout entier.
Les pessimistes, ceux qui disent : considérons d'un côté les désavantages, de l'autre les inconvénients.
On ressemble à la vie qu'on a menée.
Les tableaux sont des rêves qu'on pose sur les choses.
On est porté à s'attrister quand on se regarde sérieusement.
Il y a une mélancolie qui tient à la grandeur de l'esprit.
La vraie jouissance ne peut-elle être qu'innocente ?
Malheureusement, dans les rapports entre les gens, seuls comptent les gains et les pertes.
Il n'y a pas de guerre sans morts.
Ce qui est fascinant, avec l'argent boursier, c'est que, lorsqu'on le perd, en cas de baisse, par exemple, il se volatilise, il ne va dans la poche de personne. D'une certaine façon, c'est poétique.
Un président n'a pas d'amis.
Apprendre à devenir poète, c'est désapprendre à vivre.
Les destins n'ont jamais de faveurs qui soient pures.
Vous dites : "Je suis vaniteux", mais vous l'êtes surtout parce que vous dites que vous l'êtes.
Toute foi profonde a engendré l'outrage à l'humanité.
Il n'y a que les usuriers pour jouir du passage du temps.
Les bourreaux ne parlent pas ; ils n'ont pas de paroles.
L'idolâtrie du présent : la plus terrifiante escroquerie du siècle.
C'est pas la peine d'être sans domicile fixe si c'est pour rester assis au même endroit !
L'amour est-il un art ? En ce cas, il requiert connaissance et effort. Ou bien l'amour est-il une sensation agréable, dont l'expérience est affaire de hasard, ce dans quoi l'on "tombe" si la chance vous sourit ?
Les gens orgueilleux se forgent à eux-mêmes de pénibles tourments.
La liberté que nous assure ce désengagement critique (à tous les sens de ce mot) est donc sollicitude et ouverture sur la totalité.
Devrait-on accepter de dire que tout meurtre, toute transgression du "Tu ne tueras point " ne peut viser que l'homme, et qu'en somme il n'y a de crime que "contre l'humanité" ?
On est dans l'idéologie inverse : plus on a le nez sur l'événement, plus on pense que l'on comprend.
Peut-être les très grands hommes, et je le crois tout à fait, sont-ils ceux qui ont conservé, à l'âge où l'intelligence a toute sa force, une partie de cette impétuosité dans les impressions... qui est le caractère de la jeunesse ?
L'absence est une charmeresse, l'absence est une bonne déesse, l'absence est une fée ! Qu'elle touche un de nous du bout magique de sa baguette, le voilà soudain enveloppé d'un nuage rose, un cercle d'or au front, des étoiles dans chaque main... Oui, l'absence embellit tout...
Mathématiquement, l'âge de chacun est zéro. Le monde se dissout quand un être vivant cesse de rêver, de se remémorer, d'écrire. Le temps est une invention de l'homme. Il n'existe pas pour l'araignée, le faucon ou le loup.
Les traîtres se reconnaissent aux déclarations d'amour qu'ils font en toutes circonstances.
L'automne fait les bruits froissés,De nos tumultueux baisers...
Il faut terroriser les terroristes
Moi-même, qui suis Dieu,Tremble et frémis de frayeur et d'émoi,Voyant la terre et la mer dessous moi.
- Y en a qui pensent pouvoir compenser la petite taille de leur sexe par des blagues...- Alors que pour faire rire une femme, il suffirait que celui qui a une petite bite la lui montre.
Est-ce qu'il ne faut pas être rejeté pour devenir soi-même ?
Je sais trop que,dans le monde, la nature elle-même introduit des causes irréductibles de souffrance. Nous ne supprimerons pas la maladie, la mort des enfants, l'amour mahleureux, mais, à côté de ces misères naturelles, il en est d'autres qui sont le produit d'un mauvais état social et qui peuvent disparaître avec lui.
Des livres lui dégringolaient sur les épaules, les bras, le visage. Un volume lui atterrit dans les mains, presque docilement, comme un pigeon blanc, les ailes palpitantes.
Les écologistes, tout à leur science-fiction éthique, se soucient plus de nos méfaits éventuels que des injustices présentes. Sous l'ingénuosité de la prophétie se cachent les grosses ficelles de la propagande : détourner l'attention des misères d'aujourd'hui.
Un français sur deux, parait-il, ne lit pas.La moitié de la France se prive du plaisir du texte
En réalité, peu m'importent les chances d'être réellement comblé (je veux bien qu'elles soient nulles). Seule brille, indestructible, la volonté de comblement.
Oh ! Écoute la symphonie ;Rien n'est doux comme une agonieDans la musique indéfinieQu'exhale un lointain vaporeux ;
Si je suis journaliste, c'est que j'accepte d'être ces autres dont j'ai choisi de parler. Pour mieux redevenir moi-même ensuite.
Un esprit satisfait est la plus grande bénédiction dont un homme peut jouir en ce monde.