Jeunesse du prince, source des belles fortunes.
Instruite, la vertu calcule aussi bien que le vice.
Ce n'est pas si simple que ça, d'être simple.
Les rêves des femmes ne sont jamais des rêves d'exil, mais d'intimité.
Un vrai livre se termine là où il doit commencer.
Celui qui n'est rien est l'égal de tout le monde.
La femme que l'on a aimée résume-t-elle toute notre conception de l'amour ?
Lorsqu'on dit d'une personne qu'elle est estimable, on sous-entend qu'elle est méprisée de tous.
Les crimes sont un tribut payé à la vie.
Une chose peu remarquée, la plus déchirante peut-être au coeur maternel, c'est que l'enfant est injuste.
Une main occupée pour la force, l'autre pour l'amour, quel orateur pourrait prétendre à la grâce en pareille situation ?
L'usage exige qu'un sadique reconnaisse le meurtre mais non pas le plaisir.
Une chose que l'on ne connaît que par les journaux et les livres, on peut jurer qu'on ne la connaît pas.
Evite de craindre ou haïr l'artiste qui est en toi. Honore-le et aime-le... n'essaie pas de le posséder.
On devrait pouvoir ouvrir des écoles pour professeurs inadaptés.
La vie ressemble à la maladie en ce qu'elle procède par crises et usure progressive, comme elle comporte aussi ses améliorations et aggravations quotidiennes. Mais, à la différence des autres maladies, la vie est toujours mortelle.
Tout le sensible a besoin de la croix, tout l'intelligible doit passer par la tombe.
L'exil, c'est la nudité du droit.
Il est défendu aux enfants de contrarier le monde créé par les adultes.
Il faudrait écrire sans jamais penser qu'on sera lue ou alors par des êtres dotés d'une immense compassion et qui vous pardonneront d'user votre vie à restituer l'impalpable traversée des heures, des minutes, des secondes. Autant dire rien.
Le présent, quand il accapare tout du corps, abolit le passé et ne permet pas au futur d'empiéter sur le temps.
Universités. C'est une industrie qui sert à alimenter le marché commun de la pensée de la nation.
Si le mensonge n'existait pas, il n'y aurait nul besoin de le conjurer en disant des "je le jure".
Les citadins ne diffèrent guère des villageois. Ils adorent tous les ragots, à cette différence près que les derniers en consomment des timbales pleines tandis que les premiers les sirotent dans des dés à coudre.
L'hostilité peut être aussi une dimension de l'amour.
On devient stupide dès que l'on cesse d'être passionné.
La fonction même du poète, en tant que mode de connaissance, n'est pour moi qu'une règle de vie qui nous tienne plus vivant, fût-ce à vif, sur l'autre versant de l'apparence.
Un savoir multiple n'enseigne pas la sagesse.
Cette frontière-là, entre les lecteurs et les autres, est plus fermée encore que celle de l'argent. Celui qui est sans argent manque de tout. Celui qui est sans lecture manque du manque.
Ceux qui écrivent le français sans savoir leur langue n'en ont que plus de mérite.
C'est toujours ce qui se passe dans la vie : on s'imagine jouer son rôle dans une certaine pièce, et l'on ne soupçonne pas qu'on vous a discrètement changé les décors, si bien que l'on doit, sans s'en douter, se produire dans un autre spectacle.
Faut-il toujours un cadavre pour que vienne un nouveau-né ?
Le public moderne semble avoir un faible pour les écrivains confus qui ne livrent jamais leur dernier secret et qui, peut-être, dans leurs désordres, n'en cachent aucun.
Aujourd'hui nous recevons trois éducations différentes ou contraires : celles de nos pères, celles de nos maîtres, celle du monde. Ce qu'on nous dit dans la dernière renverse toutes les idées des premières.
Les scientifiques, dans une démocratie, doivent influencer les décideurs en mettant l'accent sur la gravité de certains problèmes.
Un croque-mort est un monsieur qui ne peut avoir que des indigestions.
Qui a le pouvoir de changer le cours des chemins invisibles ? On ne peut que suivre celui qui cherchent nos pas.
Dieu n'existe pas, il me l'a dit.
Il faut qu'un honnête homme ait l'estime publique sans y avoir pensé, et pour ainsi dire, malgré lui. Celui qui l'a cherchée donne sa mesure.
Nous ne mourons pas, nous autres chrétiens : notre tombe est le berceau de notre âme.
Eldoradin : qui n'accepte de partager avec personne son petit coin de paradis.
Qui sont nos maîtres aujourd'hui ? La peur et l'argent
Il nous faudrait deux bouches : une pour bâiller, et l'autre pour se taire.
C'est ce que les hommes aiment ensemble qui fait l'amitié.
La modestie est un abus de confiance si elle dissimule un vrai talent ou une erreur stratégique si elle avoue de réelles faiblesses.
Je suis libertineJe suis une catinJe suis si fragileQu'on me tienne la main.
Les larmes amères qui tombent parfois de nos paupières, ce sont celles de l'adorateur du vrai Dieu qui voit son temple envahi par les idoles, et le peuple stupide, pliant les genoux devant ces divinités de boue et de pierre, abandonner pour elles...le culte du Dieu vivant.
La barbarie de la course au pouvoir est vieille comme le monde, mais certains de mes adversaires me haïssent vraiment. M'écarter de la présidence ne leur suffit pas. Ils ne seront satisfaits que lorsque j'aurai été emprisonné, écartelé et rayé [...] ► Lire la suite
Parler de l'Egypte après M. Pierre Loti ! la chose me serait malaisée, s'il n'y avait toujours à glaner dans cette mystérieuse contrée, dans cette mine inépuisable d'études et d'impressions de toutes sortes. A lui, dont la plume est un [...] ► Lire la suite
Il brille, le sauvage Été,La poitrine pleine de roses,Il brûle tout, hommes et choses,Dans sa placide cruauté.