A ma grande honte, je suis né dans un lit, avec une femme.
Un jour, je m'avisai de médire de l'amour : il m'envoya le mariage pour se venger.
En fumant, vous abrégez votre vie, me dit-on. Je fume depuis l'âge de dix-huit ans, j'en ai soixante-cinq, si je n'avais pas fumé, j'en aurais soixante-dix. Je serais bien avancé !
Ce que les hommes désirent, c'est une vierge qui soit putain.
Yeux : il leur arrive d'être fermés pour cause de décès.
Mourir en beauté, c'est un luxe qu'on ne peut vraiment plus se permettre à partir d'un certain âge.
Grand est le nombre des femmes qui, sous l'ombre d'un voile ou dans celle d'une tente, sont belles. Mais soulève le voile et tu verras la mère de ta mère.
Il faut avoir des enfants à qui donner une vie ; autrement, pourquoi est-ce qu'on vit ?
Au commencement était le verbe. C'est seulement après qu'est venu le silence.
Beaucoup plus facile d'admettre le suicide de quelques-uns que l'obstination de la majorité à vivre.
Ayant dit un nombre prodigieux de sottises, la Révolution en a fait encore dire plus !
La mort d'un homme de talent m'attriste toujours, puisque le monde en a plus besoin que le ciel.
Au-dessus de la matière, il y a la pensée ; au-dessus de la pensée, il y a l'idéal.
L'envie comme le caprice est fille de la liberté.
Elle est acariâtre et autoritaire : c'est un boulet. Il l'a épousée quand même : c'est une boulette.
Rendre leur mépris par la haine est encore une façon d'aimer ceux qui nous font du mal.
Ne fais jamais de dettes ni pitié. Mais envie.
On ne vit pas longtemps. Il faut vivre bien...
Enfance, seul âge de la vie où le bonheur puisse être un état.
Il y a des gens qui préfèrent au succès la satisfaction qu'ils trouvent en eux-mêmes.
Le corps : une paire de pincettes fixée à un soufflet et à une bouilloire, le tout monté sur des échasses.
La beauté n'a pas d'intelligence. Elle est aveugle, sotte, sotte...
Il y a satisfaction, joie animale à combattre un ennemi qui n'est pas invincible.
Chacun de nous est la somme de ce qu'il n'a pas calculé.
Nous ne pouvons être que d'un seul sexe et ne pouvons que fabuler les plaisirs et les désirs de l'autre sexe. C'est pour cela que les hommes et les femmes ne se comprennent jamais.
Nous sommes toujours quelque peu artificiels pour autrui.
Le désespoir compose, avec l'avidité, un assez beau lyrisme.
Quand elle est vraiment personnelle et jaillie des origines, la prière se trouve à la limite de la pensée philosophique, elle devient philosophie dans l'instant où s'abolit toute relation intéressée avec la divinité.
Devant la cuisine anglaise, il n'y a qu'un seul mot : "soit !".
Si vous tuez mille hommes, la mort de chacun a mille fois moins d'importance que s'il était mort seul.
Les mots traduisent beaucoup plus qu'ils ne définissent. Surtout quand il s'agit de personnes.
On a beau ne pas être superstitieux, on craint toujours les malédictions des gens.
Dieu est bon pour ceux qui aiment. Il a pensé à eux depuis les origines. Il a créé deux mondes : l'un pour ceux qui aiment, le second pour les autres.
Le travail, quelle belle chose ! S'il n'existait pas, il faudrait l'inventer, ne fût-ce que pour anesthésier les ennuis !
Rien n'est beau comme la voix humaine, quand elle est belle.
La solitude est mauvaise pour l'homme. C'est un état de malheur.
Fais tes films à ta manière. Mets-y ta marque. Prends une position et tiens-la. Tu te feras des ennemis mais tu feras de bons films.
Le latin n'est pas une langue marrante. D'ailleurs elle en est morte.
Plus un être est accompli, plus profondément il ressent la douleur et le bonheur.
Celui qui écrit fait nécessairement acte de mondanité, tout en ouvrant des perspectives nouvelles au langage.
C'est leur pertinence qu'on reproche aux impertinents.
La vérité n'est très souvent qu'une seconde manière de redire un mensonge.
Le vrai voyageur ne doit avoir aucun objectif.
L'homme ne se construit qu'en poursuivant ce qui le dépasse.
Mon copain pensait qu'il n'allait pas y arriver. Il s'est alors mis à positiver. Maintenant qu'il positive, il ne va plus le faire.
Certains ont grand appétit : si on leur donne à téter, ils boivent le lait puis dévorent le sein.
Un peu d'albumine, de sucre, d'arythmie cardiaque, n'empêche pas la vie de continuer normale pour celui qui ne s'en aperçoit même pas, alors que seul le médecin y voit la prophétie de catastrophes.
Vouloir tout voir et tout savoir sur chacun d'entre nous, c'est tenter de réaliser une véritable "police des images", qui serait à la paix ce que la "guerre des images" est déjà aux derniers conflits internationaux.
Le propre de la pensée naturaliste n'est pas d'accorder un sens quelconque à l'idée de nature, mais de tabler sur le mot nature pour refuser tout ce qui existe artificiellement, c'est-à-dire pour contester tout ce qui existe.
La vie est un éternel problème, et l'histoire aussi, et tout. Il s'ajoute sans cesse des chiffres à l'addition. D'une roue qui tourne, comment pouvez-vous compter les rayons ?