Je hais cet accidentel repentir que l'âge apporte.
L'avantage des gens qui n'ont pas le baccalauréat, c'est qu'ils le préparent leur vie durant.
La vraie séduction de l'acteur, c'est faire admettre au public qu'il est vraiment le personnage.
Les tragédies des autres sont toujours d'une banalité désespérante.
Gouverne le mieux qui gouverne le moins.
S'ils sont plus grands que nous... ils ont les pieds aussi bas que les nôtres.
Un homme intelligent à pied va moins vite qu'un sot en voiture.
L'interminable est la spécialité des indécis.
La noblesse n'est pas de rigueur pour entrer à l'Académie ; l'ignorance, bien prouvée, suffit.
On ne peut être fidèle envers les autres que si on l'est d'abord envers soi-même.
On compte ses aïeux quand on ne compte plus.
On dit communément des rois qu'ils ont le bras long ; je voudrais bien qu'on en pût dire autant de leurs oreilles.
J'ai eu longtemps une incapacité à mentir qui était une infirmité véritable. En vieillissant, cela s'améliore.
Nos grandes qualités nous éloignent les uns des autres ; ce sont nos sottises qui nous rapprochent.
Certaines fortunes se font plus sur la ruée que sur l'or. Mais ça ne prouve pas qu'il n'y ait pas d'or.
L'impossible est ce qui ne peut pas être et qui pourtant est.
On est quelquefois un sot avec de l'esprit, mais on ne l'est jamais avec du jugement.
L'amour qui ne sert qu'à dominer les êtres trouve en lui-même sa récompense.
L'un des aspects le plus humain de l'art dramatique est justement celui de rapprocher les uns des autres les hommes de tout rang et de toute condition.
S'il y avait moins de monde dans la foule, il y aurait plus de place pour chacun.
Qu'est-ce qui peut bien nous garder vivants, lorsqu'il n'y a plus l'amour ?
Un satiriste est un homme qui a tellement la chair de poule face aux horribles et incongrus aspects de notre société qu'il ressent le besoin de l'exprimer le plus brutalement et crûment possible afin d'être soulagé.
Nous faisons d'abord nos habitudes, ensuite elles nous font.
Ne parle pas. C'est par la parole qu'on devient indigne de tout.
Le plus grand des pêchés est d'être né.
Le temps, c'est quand on va d'un Noël à l'autre.
On est porté à s'attrister quand on se regarde sérieusement.
Les discours doivent correspondre aux saisons.
On parle pas de malheur ! Ca le fait venir !
L'attention est une forme de prière.
Les hommes chantent parce qu'ils ont goûté à la mort.
Mon orgueil pervertit tout.
La rapidité des esprits scientifiques rattrapera toujours l'imagination des artistes.
La poésie ne souffre aucune hypothèse, mais la seule évidence des miracles.
Au sortir d'un Salon, n'importe quoi qui se laisse regarder fait plaisir.
Experts. Se trompent sans arrêt. Toujours à se disputer (les "querelles d'experts").
Toute foi profonde a engendré l'outrage à l'humanité.
L'art est une manifestation d'amour.
'ai la certitude que la mort ne peut éteindre la flamme que j'allumée au Ghana et en Afrique. Longtemps, après ma mort, elle continuera de brûler et d'être portée haut, éclairant et guidant tous les peuples.
Le mot une fois parti ne revient plus.
Si la nature était une banque, elle aurait déjà été sauvée.
Il suffit du regard d'un homme pour briser la solitude.
Mourir est une poignante amertume, mais l'idée de devoir mourir sans avoir vécu est insupportable.
L'homme de l'organisation a perdu la capacité de désobéir, il n'est même pas conscient du fait qu'il obéit. Au point de l'histoire que nous avons atteint, notre capacité de douter, de critiquer et de désobéir est sans doute le seul moyen d'éviter la fin de la civilisation et d'assurer l'avenir de l'humanité.
Tout est vanité aux hommes vains et mensonge à ceux qui se mentent à eux-mêmes.
Le preux ne cherche d'autre protection que dans l'expertise de son destrier, dans la qualité de son armure et dans le dévouement de ses camarades dont l'amitié le flanque. L'honneur l'oblige à paraître intrépide.
La liberté que nous assure ce désengagement critique (à tous les sens de ce mot) est donc sollicitude et ouverture sur la totalité.
Sans enfant, pas de bonheur féminin.
Eh ! faites-la donc, mon Dieu, votre malle, une bonne fois ! qu'on n'entende plus parler de vous...
Sanctionnant l'expérience universelle, encore mieux que ne peut le faire le catholicisme, le positivisme explique pourquoi le bonheur privé et le bien public dépendent beaucoup plus du coeur que de l'esprit.