Dans toute crise, apparaissent des leaders qui savent ce qu'ils ont à faire.
On devient parfois bizarre, en vieillissant, et l'on se raccroche aux lubies les plus aberrantes.
Dans l'imagination, il y a une révélation du Moi à lui-même.
Quand on a pas d'imagination, mourir c'est peu de choses, quand on en a, mourir c'est trop.
La possession de ce qu'on aime est une joie plus grande encore que l'amour.
Imaginer, c'est choisir.
Nous ne demandons pas au chrétien de ne point violer la loi chrétienne ; nous lui demandons, s'il la viole, de savoir qu'il la viole.
C'est la plus grande de toutes les faiblesses que de craindre trop de paraître faible.
Quand l'orgueil chemine devant, honte et dommage suivent de près.
Accepter l'idée d'une défaite, c'est être vaincu.
Vos enfants vivront entourés de machines ; il faut qu'ils les comprennent et soient avec elles familiers. Les machines traitent très mal ceux qui ne les aiment pas.
La biologie nous surprend un peu lorsqu'elle nous apprend que, statistiquement, les femmes les plus belles ne sont pas les plus sottes.
Une seule pensée de l'homme vaut plus que l'univers tout entier.
Celui qui court vers la femme qu'il aime, celui-là aussi fait tourner le monde !
L'amour est comme la rougeole, plus on l'attrape tard, plus le mal est sérieux.
Que d'époux ne sont séparés que par le mariage !
L'acteur est un sculpteur de neige.
On apprend ordinairement les langues pour pouvoir exprimer nettement qu'on sait . Mais il semble que les médecins n'apprennent leur jargon que pour embrouiller ce qu'ils ne savent point.
La seule chose qui me console un peu, c'est d'avoir tant de chagrin.
On appelle les comédiens des cabots, parce qu'ils se sauvent quand on les siffle.
A quoi sert la pudeur ? Elle sert à paraître plus belle quand on est belle et à paraître moins laide quand on l'est.
Ce sont toujours nos bons sentiments qui nous font faire de vilaines choses.
Oisiveté mère de tous les vices et fille de toutes les vertus.
Règle d'optique : tout semble plus grand de loin.
Je puis m'imaginer une époque où nos idées religieuses paraîtront tout aussi singulières que l'est pour nous l'esprit chevaleresque.
Toutes les richesses du monde ne valent pas un instant de bonheur. Tous les pouvoirs du monde ne valent pas un moment d'amour. Toutes les puissances du monde ne valent pas un éclat de joie.
De toutes les qualités du cuisinier, la plus indispensable est l'exactitude.
L'écriture n'est pas recherche parce qu'elle est savoir.
L'érotisme réside dans la possibilité d'un geste. Il appartient au domaine du rêve.
L'oubli est une grâce.
Un point géométrique est une abstraction de l'esprit.
Sur la terre, un homme n'a besoin et envie que d'aimer, mais on supporte toutes les servitudes, excepté celles de l'amour.
A nous de savoir, à personne d'autre.
Avec l'amour et la pénicilline, on peut guérir le monde entier.
Les miroirs n'ont pas d'intérêt, eux à mentir !
Le mensonge est souvent la pierre de touche de la vérité.
On ne doit jamais rêver au passé ou à l'avenir ; on doit rêver au présent...
Le dard qui empoisonne tous les bonheurs humains : le temps !
La vieillesse s'oublie car le coeur ne change guère, et plus on vieillit, plus on a d'aventures pour s'engaillardir.
Pourquoi ces longues queues devant les théâtres ? C'est qu'on a vu des gens heureux sortir d'une pièce nouvelle, et qu'on essaie tout naturellement d'être du nombre...
Dans un poème ou une nouvelle, on peut décrire des objets parfaitement triviaux dans une langue on ne peut plus banale, mais d'une grande précision, et doter lesdits objets d'une force considérable, et même confondante.
On se souvient toujours des dates importantes... le lendemain.
Un slow, c'est le degré zéro de l'inspiration : comme une lettre où on mettrait seulement : Je t'aime.
Ici n'existe qu'en fonction de là : si nous ne regardons pas en haut, nous ne saurons jamais ce qui se trouve en bas.
Les enfants sont au centre des sensations, donc du monde.
Voyager, comme raconter ou vivre, revient à choisir donc à omettre.
Manger est bon. Avoir mangé est meilleur.
Derrière un roman ou un poème, derrière la richesse d'un sens à interpréter, il n'y a pas de sens secret à chercher. Le secret d'un personnage n'existe pas, il n'a aucune épaisseur en dehors du phénomène littéraire.
La première découverte que l'on fait quand on voyage, c'est que l'on n'existe pas.
Marcher seul, sac au dos, c'est se livrer entièrement aux dangers et aux hommes. Il n'y a nulle possibilité de fuite comme à vélo, ou d'abri comme avec une voiture.