L'homme orgueilleux seul croit qu'il vivra toujours.
Chaque usage a sa raison.
Celui qui est juste au milieu, entre notre ennemi et nous, nous paraît être plus voisin de notre ennemi.
Il est bien plus difficile qu'on ne croit de ne pas croire à Dieu.
La vérité, c'est de chercher toujours la vérité.
Tout ce qui vaut la peine d'être fait vaut la peine d'être bien fait.
L'homme est prêt à croire à tout, pourvu qu'on le lui dise avec mystère. Qui veut être cru, doit parler bas.
Maudire, c'est prier le diable.
Malheur à l'incroyant qui, face à ses insomnies, ne dispose que d'un stock réduit de prières !
De ce que le naturel, par accident, fait de l'art, il ne s'ensuit nullement que l'art doive faire du naturel.
La mort s'est tellement rapprochée qu'on tient compte d'elle même pour de toutes petites décisions, savoir, par exemple, s'il vaut encore la peine ou non de se faire plomber une dent.
Celui-là seul connaît vraiment l'enfer, qui a appris ce que c'est vraiment que le présent.
Il semble que l'on puisse faire en France une statue qu'avec les débris d'une autre statue et qu'on en élève une que pour avoir un prétexte d'en briser une autre.
Beaucoup de suicides ne sont dus qu'à une minute de lucidité.
Il m'arrive de me donner d'excellents conseils, mais je suis incapable de les suivre.
Les cadeaux sont comme les Muses : ils aiment les chants alternés.
Les vieillards meurent parce qu'ils ne sont plus aimés.
Il y a deux manières de plaire : amuser et intéresser.
Il n'y a de réellement obscènes que les gens chastes.
D'un homme politique : chacune de ses mains ignore celles que serre l'autre.
L'histoire n'est pas dans les mots, elle est dans la lutte.
Espérer c'est déjà moins souffrir.
Il y a des mémoires malheureuses qui ne se rappellent que ce qu'on leur demande d'oublier.
L'usage est de louer les saints morts et de persécuter les vivants.
On pourrait composer une diète pour la santé de l'entendement.
Il ne suffit pas de mépriser une passion, pour ne pas l'éprouver.
L'homme en s'inventant des dieux, s'est aussi inventé des démons.
Les discours doivent correspondre aux saisons.
La bourgeoisie sue l'ennui.
Le théâtre a toujours eu lieu aux grandes époques de bouleversements politiques.
On a déjà raconté tellement de bêtises : rien ne t'empêche d'en raconter encore.
Comme les mythes et les suppositoires, aphorismes et maximes ont leur temps. Il faut s'en pénétrer avant qu'ils ne se défraîchissent.
Un Anglais voit de la vertu là où il n'y a que de l'inconfort.
Les mariages doivent être une sorte de plat de viande puisqu'on les interdit les jours de jeûne.
C'est encore accorder quelque chose que de refuser avec grâce.
Fonds secrets. - Sommes incalculables avec lesquelles les ministres achètent les consciences.
La plupart des grands capitaines sont devenus tels par degrés.
Larmoir : meuble servant à ranger les pleurs.
Ecrire est toujours un don de soit à autrui, un appauvrissement.
Dans chaque parcours, on trouve dix-huit pièces de théâtre, parfois tragiques, parfois comiques.
Comprendre que le comportement blessant de l'autre n'est pas l'autre, mais plutôt la manifestation de sa souffrance, aide à amener l'esprit vers la compassion.
Du point de vue d'un ver de terre, une assiette de spaghettis est une orgie.
Il n'y a pas d'homme plus courageux au monde que celui qui réussit à s'arrêter après la première cacahuète.
Si tu veux vraiment faire plaisir aux pauvres, montres-leurs que le bonheur existe.
C'est l'échec qui est facile. Le succès est toujours difficile.
La paresse séduit, le travail satisfait.
Mon arrière-grand-père est mort, mon grand-père est mort, mon père est mort... Je crains que ce soit héréditaire.
Une bataille gagnée, c'est une bataille dans laquelle on ne veut pas s'avouer vaincu.
C'est être sage que de n'accuser que soi de ses malheurs.
La pensée de cette lutte universelle provoque de tristes réflexions, mais nous pouvons nous consoler avec la certitude que la guerre n'est pas incessante dans la nature, que la peur y est inconnue, que la mort est généralement prompte, et que ce sont les êtres vigoureux, sains et heureux qui survivent et se multiplient.