Quand on étudie l'histoire, on s'aperçoit que ce sont les individus qui font avancer les collectivités.
Aimer un être âgé, c'est s'enfoncer avec lui, profondément, dans un chemin d'où il faudra revenir tout seul dans le noir.
Le plaisir est le plus souvent imparfait. Ce n'est pas une raison pour le refuser.
Aucune civilisation n'est durable si elle n'est pas capable de donner un sens à l'effort, de justifier l'écoulement du temps.
Tout est tentation à qui la craint.
On engendre les conflits en fertilisant les petites erreurs.
Il n'est pas toujours nécessaire de penser pour être libre penseur.
Penser, c'est être à la recherche d'un promontoire.
Les sages sont ceux qui ont compris que de ce que le commun des êtres appelle la vie il n'y a rien à tirer que froid et tristesse et qui sont partis, avec leur pensée, en quête d'autre chose qui est au-delà du froid et du chaud, du rire et des larmes.
Les camps de camping, c'est quelque chose ! C'est un truc qui pue, qui coûte cher, où les gens s'entassent par plaisir et que si demain ils étaient obligés d'y aller, ils gueuleraient comme jamais !
Nous avons adopté certains mots que nous façonnons au gré de nos ambitions et de nos désirs. Utilité devient utilitarisme avec tous les relents d'argent que le terme comporte.
La vérité ? Une marotte d'adolescent, ou un symptôme de sénilité.
Tout événement procède de causes, il n'y a donc lieu d'accuser aucune divinité ni de récriminer contre ce qui est et qui ne pourrait pas ne pas être.
Il y a des gens qui préfèrent au succès la satisfaction qu'ils trouvent en eux-mêmes.
Rien ne rend plus rusé, plus hypocrite que l'amour. Ce sentiment, qui est censé être le plus grand de tous, nous fait faire, sans honte, les choses les plus petites et les plus mesquines.
Je ne connais pas d'endroit où il se passe plus de choses que dans le monde.
On a l'impression quand on a atteint la quarantaine, qu'on n'a pas fait ce que l'on devait faire et qu'on n'a plus le temps de faire ce qu'on a à faire.
Pour adorer Dieu, il faut devenir Dieu.
Les meilleurs, à vingt ans, ont le goût de tout transformer. S'ils gardaient cette ferveur quand ils ont vieilli, tout serait sauf.
Le combat peut être une fête.
N'est-ce pas précisément cela "comprendre" ? Sentir qu'on saisit l'indéfinissable, l'indispensable.
Les dieux ont enseigné aux hommes à se contempler eux-mêmes dans le spectacle comme les dieux se contemplent eux-mêmes dans l'imagination des hommes.
Il y a un langage pour la mort comme il y a un langage pour la vie.
L'art est un appel auquel il y en a trop qui répondent sans avoir été appelés.
L'esprit est tel une tapisserie richement tissée dont les couleurs dérivent de l'expériences des sens, et dont le motif serait tiré des circonvolutions de l'esprit.
Et la volupté n'est, peut-être, je le crois, Que l'essai de mourir ensemble.
Quand on est connu, aujourd'hui, le simple fait de se promener en public sans lunettes noires constitue presque un attentat à la pudeur.
Ce ne sont pas les langues qui définissent les frontières d'Internet mais les liens culturels.
La fausse vertu est à la portée de tout le monde. Un beau vice, non.
Les mots sont aussi nécessaires aux gens que le pain.
La liberté n'a pas de prix. On paye la rançon qui nous a été demandée - fût-ce notre chair - le jour où l'on a compris qu'on ne pouvait vivre sans elle.
La philosophie n'est peut être que l'art d'ensevelir nos doutes sous une avalanche de mots.
Comme si la vie allait attendre la raison ! Non, la vie s'édifie à tout instant de ses propres effritements...
La tentation est un mal que la présence du péché ne peut guérir.
Autrui, obstacle à la création, est le paradoxal destinataire de l'art.
Rien de bon n'est jamais sorti des reflets de l'esprit se mirant en lui-même. Ce n'est que depuis que l'on s'efforce de se renseigner sur tous les phénomènes de l'esprit en prenant le corps pour fil conducteur, que l'on commence à progresser.
Le reportage et la propagande utilisent les mêmes images.
On devient stupide dès que l'on cesse d'être passionné.
Un manteau royal va toujours bien. C'est le triomphe de la confection.
Toutes les croyances procèdent de la pensée mythique quand même elles se réclameraient de sa fin. Et c'est par leur mise en scène que lesdites croyances acquièrent les différences qui les distinguent.
Le plaisir d'un texte, le ravissement d'une interprétation ne sont pas liés au prix du livre ou de la chaine hi-fi.
L'être humain est une ruche d'Etres.
Deux êtres ont cessé de s'aimer lorsqu'ils ne sont plus capables de transformer en bonnes blagues leurs différends.
Peu importe le niveau de virilité d'un homme, il en perd 50% dans une jacquette d'hôpital.
L'égalité des chances, c'est pour ceux qui ont de la chance.
Le hasard joue un rôle important dans l'histoire de l'humanité.
Au théâtre il y a des règles très précises d'unité, on peut donc mettre en scène des gens exceptionnels, des fous. L'excès des contraintes et l'excès de liberté font que la pièce s'équilibre d'elle-même.
Un phénomène historique existe sur deux plans. Le premier est celui des réalités. L'autre celui des représentations ou l'imaginaire.
Dans la société démocratique, telle qu'elle se développe secteur par secteur, il faut de plus en plus savoir argumenter, exposer ses idées à la discussion et discuter les idées des autres.
Quand une jolie fille vous regarde, il y a deux possibilités : ou bien c'est une allumeuse et vous êtes en danger ; ou bien ce n'est pas une allumeuse et vous êtes encore plus en danger.