La haine n'est pas l'envers de l'amour, elle en est le renoncement. Ne plus pouvoir aimer, glisser lentement vers l'indifférence... Seule, la volonté de puissance peut combler ce vide.
Gardons-nous de suivre la pensée d'un auteur... D'ailleurs, qu'en sait-il de sa pensée ?
On n'arrive pas à croire que le mensonge existait déjà avant l'invention de l'imprimerie.
Aimer un être âgé, c'est s'enfoncer avec lui, profondément, dans un chemin d'où il faudra revenir tout seul dans le noir.
La pièce était si mauvaise que les acteurs eux-mêmes partaient avant la fin.
Le plaisir est le plus souvent imparfait. Ce n'est pas une raison pour le refuser.
Aucune civilisation n'est durable si elle n'est pas capable de donner un sens à l'effort, de justifier l'écoulement du temps.
Les qualités pour gagner sont plus importantes que les parties gagnées.
La mémoire de ma mère et ses enseignements ont été, après tout, le seul capital dont j'ai disposé pour affronter la vie. Et ce capital m'a fait devenir ce que je suis.
Faire croire à des gens d'esprit que nous sommes ce que nous ne sommes point est plus difficile, dans la plupart des cas, que de devenir vraiment ce que l'on veut paraître.
Si l'homme est véritablement le roi de la création, le chien peut, sans être taxé d'exagération, en passer pour le baron, tout au moins.
Le fardeau de l'amour : il pèse si peu sur le coeur !
La jeunesse s'instruit par intuition. Si l'on ne savait que ce qu'on apprend on ne saurait rien.
Branler du chef n'est pas inconvenant.
Sans inspiration, pas de création qui réponde vraiment aux cris du coeur, aux mouvements de l'âme.
Les courtes peines, et qui sont suivies de bonheur, ne détruisent pas le goût des plaisirs, au contraire, elles l'aiguisent.
La vérité ? Une marotte d'adolescent, ou un symptôme de sénilité.
La seule phrase qui ne peut pas être contredite est celle qui dit que tout peut être contredit...
Je ne connais pas d'endroit où il se passe plus de choses que dans le monde.
Le combat peut être une fête.
N'est-ce pas précisément cela "comprendre" ? Sentir qu'on saisit l'indéfinissable, l'indispensable.
Les dieux ont enseigné aux hommes à se contempler eux-mêmes dans le spectacle comme les dieux se contemplent eux-mêmes dans l'imagination des hommes.
L'esprit est tel une tapisserie richement tissée dont les couleurs dérivent de l'expériences des sens, et dont le motif serait tiré des circonvolutions de l'esprit.
Quand on est connu, aujourd'hui, le simple fait de se promener en public sans lunettes noires constitue presque un attentat à la pudeur.
Puisque nous ne savons pas à l'heure actuelle comment rendre les ordinateurs sages, nous ne devons pas leur confier de tâches demandant de la sagesse.
La maladie est un prétexte pour se valoriser.
Les mots les plus beaux sont encore ceux qui vibrent dans le tabernacle des mains qui se cherchent.
Il arrive parfois que le hasard prenne l'apparence de la justice.
La liberté n'a pas de prix. On paye la rançon qui nous a été demandée - fût-ce notre chair - le jour où l'on a compris qu'on ne pouvait vivre sans elle.
On a beau ne pas être superstitieux, on craint toujours les malédictions des gens.
Impossible de palper le temps, mais il s'insinue là entre les fibres les plus ténues de l'être, s'y loge en intrus et s'y creuse un nid fatal.
Comme si la vie allait attendre la raison ! Non, la vie s'édifie à tout instant de ses propres effritements...
Pour s'intéresser aux autres, il faut d'abord ne pas s'ennuyer avec soi-même !
La tentation est un mal que la présence du péché ne peut guérir.
Dans chacun de nous il y a un peu de tous les autres ; c'est ça qui est intolérable. On ne peut pas être vraiment soi.
Le chercheur qui a mis au point des clones de moutons s'est finalement endormi.
A voir ce qui s'imprime tous les jours, on dirait que chacun se croit obligé de faire preuve d'ignorance.
Le reportage et la propagande utilisent les mêmes images.
On devient stupide dès que l'on cesse d'être passionné.
La médecine est née du mal, si elle n'est pas née de la maladie et si elle a, au contraire, provoqué et créé de toutes pièces le malade pour se donner une raison d'être.
S'il y a dans le sublime de l'homme les trois quarts de folie, il y a dans la sagesse les trois quarts de mépris.
Le salut du monde viendra de la pensée populaire.
Toutes les croyances procèdent de la pensée mythique quand même elles se réclameraient de sa fin. Et c'est par leur mise en scène que lesdites croyances acquièrent les différences qui les distinguent.
La torture. Il y a quelque chose d'insoutenable et de vertigineux, la destruction de l'homme à l'état pur.
Les journaux regorgent d'histoires de braves gens pris en otages à la banque par des gangsters, mais ils restent muets sur les cas, pourtant plus fréquents, de clients pris en otages pas leur banquier.
Quand une jolie fille vous regarde, il y a deux possibilités : ou bien c'est une allumeuse et vous êtes en danger ; ou bien ce n'est pas une allumeuse et vous êtes encore plus en danger.
Se marier c'est le destin, Se pendre aussi.
Faire envie est préférable à faire pitié.
Ce n'est qu'avec un juste dosage, s'apparentant à une forme de droit négocié, que l'intérêt du citoyen et du téléspectateur, c'est-à-dire l'intérêt général, pourra primer sur tout intérêt privé ou catégoriel.
Avec la radio, surtout la nuit, on peut encore faire rêver.