La reconnaissance posthume d'un alpiniste ou d'un écrivain a quelque chose à voir avec les glaces éternelles.
On essaie en vain de rattraper sa vie. Le passé, présence hallucinante qui fut quand on veut la rejoindre.
Rien de bon n'est jamais sorti des reflets de l'esprit se mirant en lui-même. Ce n'est que depuis que l'on s'efforce de se renseigner sur tous les phénomènes de l'esprit en prenant le corps pour fil conducteur, que l'on commence à progresser.
On ne peut traverser à gué un fleuve aux courants dangereux. Mais il est toujours possible d'y puiser pour étancher la soif.
Avec l'âge, les maladies ne deviennent pas plus nombreuses, elles deviennent plus précises.
A-t-on jamais vu deux caïmans dans la même mare ? Deux hippopotames mâles dans la même rivière ?
Dieu a permis le malheur parce qu'il rend l'homme intelligent.
Il y a décidément beaucoup de rire dans la galanterie.
L'histoire est un immense désordre qui se tient.
Il y a deux attitudes possibles devant la mort. Ce sont les mêmes attitudes que devant la vie. On peut les fuir dans une carrière, une pensée, des projets. Et l'on peut laisser faire - favoriser leur venue, célébrer leur passage.
Tendresse est tendance à se livrer en toute faiblesse à la douceur d'être faible. Mais d'où vient ce "plaisir" ? Cette faiblesse, il est vrai, cet attendrissement - prépare un coup d'extrême force.
De plus en plus de nos importations viennent de l'étranger.
Les masses peuvent être magnétisées mais le social les enveloppe comme une électricité statique et la plupart du temps elles font masse, c'est-à-dire qu'elles absorbent toute l'électricité du social et du politique.
Notre civilisation accouche d'un monde nouveau, sur une longue durée et dans la douleur.
Il n'existe pas un noir, mais des noirs.
Dis quelquefois la vérité, afin qu'on te croie quand tu mentiras.
Le tapioca a un goût de moisi assez déplaisant pour les personnes qui n'aiment pas le moisi.
Le diable a rendu de tels services à l'église que je m'étonne qu'il ne soit pas encore canonisé.
La vie c'est moins bien que la télé, parce qu'on ne peut pas changer de chaîne.
La pensée : habitude physiologique d'un être dressé.
Comme l'imprudence est la source de toutes les disgrâces de la vie, la prudence en fait tout le bonheur.
Sentiment. Le plus beau des bouquets offerts ne peut remplacer les sentiments ; des bijoux au moins sont nécessaires.
Elle dévisagea sa soeur, puis la dépoitrina et enfin la déjamba.
La préparation de mets délicieux est vraiment une forme d'art, une joie de notre civilisation.
C'est pour la vérité que Dieu fit le génie.
Le hasard aime à servir celui qui suit toujours une même pensée.
Oui, on meurt tous de manière différente. Mais on naît tous de la même manière, nuance, étrange, non ?
Il n'est aucune si douce consolation en la perte de nos amis que celle que nous apporte la science de n'avoir rien oublié à leur dire, et d'avoir eu avec eux une parfaite et entière communication.
La solution républicaine n'a rien à voir avec une "religion civile".
Nous avons perdu la foi et nous voulons croire encore.
La guerre transforme chaque bonheur en brûlure parce qu'on se dit toujours que ce sera le dernier.
En littérature, les anciens cavaliers sont les meilleurs ethnologues du regret.
Allumant ton flambeauA l'étincelle des étoiles,Tu as, dans le marbre et sur la toile,Incarné la suprême beauté.Tu es la patrie de l'art divinEt toute grâce vient de toi :Tu es la source de l'allégresse,Tu es l'éternelle jeunesse !
À force de voir tous les jours les mêmes choses, l'esprit s'y accoutume aussi bien que les yeux.
Dans décolonisation, il y a donc exigence d'une remise en cause intégrale de la question coloniale. Sa définition peut, si on veut la décrire avec précision, tenir dans la phrase bien connue: "les derniers seront les premiers." La décolonisation est [...] ► Lire la suite
Les cigales palpitent dans les grands platanes ; la Méditerranée s'étend devant moi dans toute sa splendeur estivale d'un bleu magnétique.
Rassurons-nous, tout va mal.
Mais il vient des mots étouffants;On laissera les chers enfants,Livrés à de vagues désastres.
Le rythme argentin de ta voix,Dans mes rêves gazouille et tinte.Chant d'oiseau, bruit de source au bois,Qui réveillent ma joie éteinte.
On ne peut rien dire de si absurde qui n'ait été dit par quelque philosophe.
Maman entre sans bruit pour me border, elle s'éloigne sur la pointe des pieds. Du fond de mon sommeil j'entends son pas qui résonne, décroît, comme les notes d'argent d'une musique très précieuse, très ancienne... Je suis un enfant.
Wall Street est le seul endroit où les gens se rendent en Rolls Royce pour obtenir des conseils de ceux qui prennent le métro.
Il y a des lieux qui tirent l'âme de sa léthargie, des lieux enveloppés, baignés de mystères, élus de toute éternité pour être le siège de l'émotion religieuse.
Ce qu'on appelle "mourir" c'est achever de naître et ce qu'on appelle "naître" c'est commencer à mourir. "Vivre" c'est mourir en vivant. Nous n'attendons pas la mort : nous vivons perpétuellement avec elle.
Les livres agissent même quand ils sont fermés.
La prison, c'est dur. C'est un choc émotionnel qui est énorme. C'est du temps que tu retrouveras jamais, c'est de la souffrance... c'est la souffrance de voir les autres souffrir.
L'art de la guerre est de gagner du temps quand vos forces sont inférieures.
Les succès de Satan sont les plus grands quand il apparaît avec le nom de Dieu sur ses lèvres.
Il faut faire attention à ce que la technologie ne soit pas détournée.
Le contraire de la légèreté, c'est la lourdeur, pas la gravité.