Quand nous sommes jeunes, nous souhaitons de chastes épouses, sans savoir tout ce que nous coûtera leur vertu.
Les gouvernements résistent tant que les sous-taxés peuvent se défendre tout seul contre les sur-taxés.
Qui se sent galeux se gratte.
Il y aurait une grande mortalité si l'on cessait de vivre lorsqu'on a plus rien à se dire.
J'imagine que Dieu, dégoûté de sa création, le soir du sixième jour l'abandonna, en se disant : "Le transformisme fera le reste".
L'athéisme n'est point. Les grands esprits qui en sont soupçonnés sont trop paresseux pour décider en leur esprit que Dieu n'est pas.
Yeux : il leur arrive d'être fermés pour cause de décès.
On n'est pas libre lorsqu'on n'est pas maître de soi.
La haine n'est pas l'envers de l'amour, elle en est le renoncement. Ne plus pouvoir aimer, glisser lentement vers l'indifférence... Seule, la volonté de puissance peut combler ce vide.
Gardons-nous de suivre la pensée d'un auteur... D'ailleurs, qu'en sait-il de sa pensée ?
La pièce était si mauvaise que les acteurs eux-mêmes partaient avant la fin.
Les qualités pour gagner sont plus importantes que les parties gagnées.
La mémoire de ma mère et ses enseignements ont été, après tout, le seul capital dont j'ai disposé pour affronter la vie. Et ce capital m'a fait devenir ce que je suis.
Faire croire à des gens d'esprit que nous sommes ce que nous ne sommes point est plus difficile, dans la plupart des cas, que de devenir vraiment ce que l'on veut paraître.
Le fardeau de l'amour : il pèse si peu sur le coeur !
La jeunesse s'instruit par intuition. Si l'on ne savait que ce qu'on apprend on ne saurait rien.
La beauté seule peut transformer en charité son propre mépris.
Branler du chef n'est pas inconvenant.
Sans inspiration, pas de création qui réponde vraiment aux cris du coeur, aux mouvements de l'âme.
C'est fou comme la voix seule peut dire d'une personne qu'on aime - de sa tristesse, de sa fatigue, de sa fragilité, de son intensité de vivre, de sa joie. Sans les gestes, c'est la pudeur qui disparaît, la transparence qui s'installe.
Les courtes peines, et qui sont suivies de bonheur, ne détruisent pas le goût des plaisirs, au contraire, elles l'aiguisent.
Nous avons adopté certains mots que nous façonnons au gré de nos ambitions et de nos désirs. Utilité devient utilitarisme avec tous les relents d'argent que le terme comporte.
Il n'y a plus d'art populaire parce qu'il n'y a plus de peuple.
Le combat peut être une fête.
Plus la terre contient de formes de vie, plus la vie sous toutes ses formes est protégée.
Quand on est connu, aujourd'hui, le simple fait de se promener en public sans lunettes noires constitue presque un attentat à la pudeur.
La fausse vertu est à la portée de tout le monde. Un beau vice, non.
Puisque nous ne savons pas à l'heure actuelle comment rendre les ordinateurs sages, nous ne devons pas leur confier de tâches demandant de la sagesse.
A trente ans, tout est joué : oeuvre, carrière, amour, destinée. Après, il suffit de suivre les rails - chemin de velours ou mauvaise glissade, peu importe - on "suit" sa pente. Entre vingt et trente ans, on la "fait".
La maladie est un prétexte pour se valoriser.
Les mots les plus beaux sont encore ceux qui vibrent dans le tabernacle des mains qui se cherchent.
Il arrive parfois que le hasard prenne l'apparence de la justice.
On a beau ne pas être superstitieux, on craint toujours les malédictions des gens.
Impossible de palper le temps, mais il s'insinue là entre les fibres les plus ténues de l'être, s'y loge en intrus et s'y creuse un nid fatal.
Comme si la vie allait attendre la raison ! Non, la vie s'édifie à tout instant de ses propres effritements...
Pour s'intéresser aux autres, il faut d'abord ne pas s'ennuyer avec soi-même !
Dans chacun de nous il y a un peu de tous les autres ; c'est ça qui est intolérable. On ne peut pas être vraiment soi.
Le chercheur qui a mis au point des clones de moutons s'est finalement endormi.
A voir ce qui s'imprime tous les jours, on dirait que chacun se croit obligé de faire preuve d'ignorance.
S'il y a dans le sublime de l'homme les trois quarts de folie, il y a dans la sagesse les trois quarts de mépris.
Le salut du monde viendra de la pensée populaire.
Toutes les croyances procèdent de la pensée mythique quand même elles se réclameraient de sa fin. Et c'est par leur mise en scène que lesdites croyances acquièrent les différences qui les distinguent.
La torture. Il y a quelque chose d'insoutenable et de vertigineux, la destruction de l'homme à l'état pur.
Les journaux regorgent d'histoires de braves gens pris en otages à la banque par des gangsters, mais ils restent muets sur les cas, pourtant plus fréquents, de clients pris en otages pas leur banquier.
Se marier c'est le destin, Se pendre aussi.
Faire envie est préférable à faire pitié.
L'esprit est cette étrange faculté qui permet à l'homme de se séparer du monde, pour le comprendre, et de lui-même, pour se juger.
La formule nouvelle du roman, c'est de ne pas faire de roman.
Il faut être jeune. Être vieux, c'est ridicule et le ridicule, c'est mal.
Je déteste le piano. Surtout quand quelqu'un en joue.