Il n'est pas de douleurs que le sommeil ne sache vaincre.
Ecoutez donc ceci, peuple stupide et irréfléchi : avec leurs yeux, ils ne voient rien, avec leurs oreilles, ils n'entendent rien !
Il n'appartient qu'aux grands hommes d'avoir de grands défauts.
Il n'est pire misère, parce qu'on veut faire le bonheur d'un peuple, que de croire en lui.
Il y a trois hameçons auxquels se prend la femme : le torse, le sentiment, le métal.
Le renom d'habileté vient souvent de maladresses dont on a su tirer parti.
C'est un fait que les morts les plus chers, au bout de quelques mois, seraient, s'ils revenaient, des intrus dans l'existence des vivants.
La pub nous traque, nous matraque, nous a à l'usure, finit toujours par obtenir qu'on lui dise "oui" juste pour avoir la paix.
Après le malheur de naître, je n'en connais pas de plus grand que celui de donner le jour à un homme.
Il y a la croissance et puis il y a la décrépitude ; entre les deux il n'y a rien. L'apogée, ça n'existe pas.
Est-il permis de détester les gens à cause de leurs bonnes intentions ?
Les lots de consolation ne consolent jamais.
On se fait communément une étrange idée de ce que c'est qu'une opinion neuve et hardie. C'est toujours une opinion vieille comme les rues, mais expliquée.
On trouvera toujours quelqu'un pour nous mettre sous le nez nos erreurs de jeunesse.
La leçon la plus importante que l'homme puisse apprendre dans sa vie n'est pas que la douleur existe dans le monde, mais qu'il dépend de nous d'en tirer profit, qu'il nous est loisible de la transmuer en joie.
La femme ne s'exalte pas, comme l'homme, face à la mort. Parce qu'elle donne la vie, elle accepte aussi la mort.
Vivre un échec est pire que lutter.
L'âge est devenu une maladie vénérienne.
La faculté de s'aveugler et de se décevoir est la base de tout bonheur, sinon de toute vie.
Il n'existe pas de plus beau paysage que le corps vibrant ou alangui de qui l'on aime ; pas de plus sûr refuge que l'âme secrète et tendre de qui l'on aime ; pas de meilleure nourriture que les caresses de qui l'on aime.
La vraie et unique vertu est de se haïr.
Un Canadien français, c'est un type qui donne son coeur à la France, son argent à l'Angleterre, son sang à la Croix-Rouge... et son vote à tort et à travers.
Si quelque chose ne peut plus empirer, ça empirera quand même.
La conversation est un art difficile. Il faut savoir être économe.
Ne pas être occupé et ne pas exister c'est la même chose.
Il faut aimer beaucoup pour avouer à quelqu'un sa misère.
La pire des morts, c'est de mourir pour rien.
On n'échappe pas à la nature : les hommes s'accomplissent dans l'esprit, les faits y progressent, les images y poussent comme des plantes.
Essuyer une larme est chose facile, l'assécher l'est beaucoup moins.
Pour créer des besoins, il faut attiser la jalousie, la douleur, l'inassouvissement.
La souffrance, la douleur n'existent pas puisqu'on peut les oublier ; elles tarissent, délaissées.
Tout ce qui s'est fait de grand dans le monde, s'est fait au cri du devoir ; tout ce qui s'y est fait de misérable s'est fait au nom de l'intérêt.
Rien n'est plus simple que de poser une question difficile.
Rien ne supprime le chagrin ; mais le vrai coeur le rend utile et bénéfique.
Il y a des hommes qui nous inspirent l'irrésistible besoin de les taquiner : ceux dont les vertus ne sont pas les nôtres.
Lire et être curieux, c'est la même chose.
Tant que les mouches feront souffrir l'âne, La vie restera un jeu de chicanes.
La chose la plus importante à dire d'un poème, c'est : apprenez-le.
La bonté illimitée est un phénomène rare.
Le monde a été crée par des idiots afin que les sages puissent y vivre.
En journalisme, on peut écrire une mauvaise page aujourd'hui à condition d'en écrire une bonne demain. Dans une pièce de théâtre, il faut déchirer la page mauvaise.
Il y a, dans le peuple français, des trésors d'intelligence, de combativité et de vertu.
Exercer bonnement le métier qu'il sait faire, Voilà, je crois, pour chacun la meilleure affaire.
Fini le temps où nous voulions un peu plus de tout. C'est une diminution que nous voulons maintenant. De moins en moins de choses.
Le sang humain est le ciment de l'autel de la liberté.
Le bonheur... C'est l'émerveillement de s'emboîter exactement avec quelqu'un.
Nul n'est méchant volontairement, mais il y en a quand même qui le cherchent un peu.
Le salariat est une forme nouvelle de l'esclavage. La mine doit être au mineur, comme la mer est au pêcheur, comme la terre est au paysan... Entendez-vous ! la mine vous appartient, à vous tous qui, depuis un siècle, l'avez payée de tant de sang et de misère !
Toute tentative de remplacer une conscience personnelle par une conscience collective fait violence à l'individu et est le premier pas vers le totalitarisme.
Je ne suis pas un profond jurisconsulte, mais je crois véritablement que si le gouvernement était renfermé dans les limites dont je parle, et que toute la force de son intelligence, de sa capacité fût dirigée sur ce point-là : [...] ► Lire la suite