C'est toujours par l'ennui et ses folies que l'ordre social est rompu.
Notre savoir consiste en grande partie à "croire savoir ", et à croire que d'autres savent.
Etre fataliste, ce n'est pas tellement croire en Dieu. C'est bien plutôt une sorte de lassitude, une forme du dilettantisme et un manque presque total de volonté.
La guerre est l'acte par lequel un peuple résiste à l'injustice au prix de son sang.
Aujourd'hui, la censure a changé de visage. Ce n'est plus le manque qui agit mais l'abondance.
Le poème doit être comme l'étoile, qui est un monde et paraît un diamant.
Le talent seul ne suffit pas pour faire un écrivain. Derrière un livre, il doit y avoir un homme.
Un con peut à l'occasion avoir raison. Question de chance.
Le cerveau est un organe merveilleux qui se met en marche au moment où vous vous réveillez et s'arrête au moment précis où vous arrivez au bureau.
La plupart du temps, nous mourons de faiblesse, nous ne mourons de ne rien oser.
Je n'aime pas les spécialistes. Pour moi, se spécialiser, c'est rétrécir d'autant son univers.
J'aime mieux tout de quelque chose que quelque chose de tout.
Nous avons un goût naturel pour le faux, mais nous avons naturellement besoin de croire que le faux est le vrai.
Tout ce qui est exact est court.
Il est plus facile de critiquer que d'imiter.
Je lis dans l'avenir la raison du présent.
Les mots sont comme les sacs : ils prennent la forme de ce qu'on met dedans.
La souffrance de l'emprisonnement réside dans le fait que l'on ne peut, à aucun moment, s'évader de soi-même.
Il n'y a que deux partis entre lesquels il faut choisir dans la vie : se vendre ou se donner.
La folie, c'est la mort avec des veines chaudes.
Il paraît donc, ou que la société n'est pas gérée, ou qu'elle n'est pas une affaire sérieuse.
Cette émulation à inventer des routes plus légitimes vers une mort qu'on l'on a dans sa poche depuis l'âge de raison.
Si toutes les femmes ont le même clavier, chacune, néanmoins, doit être touchée différemment.
Ne dis pas que tu veux donner : donne. Jamais tu ne satisferas une attente.
Quand on dit d'un homme qu'il a fait un beau mariage, on peut affirmer presque à coup sûr que sa femme en a fait un mauvais.
Quand un Français a des idées, il veut les imposer aux autres. Quand il n'en a pas, il le veut tout de même.
Un fils est un créancier donné par la nature.
Les erreurs ont toujours été les plus grands professeurs.
La mort est un moissonneur qui ne fait pas la sieste.
Où habite Dieu ? Dieu habite où on le fait entrer.
Que dire ? L'homme n'est qu'une méprise de Dieu ? Ou bien Dieu une méprise de l'homme ?
Tel est le mystère de la liberté de l'homme, dit Dieu... Si je le soutiens trop, il n'est plus libre Et si je ne le soutiens pas assez, il tombe.
Comment le vent sait-il dans quelle direction il doit souffler ?
L'étalon est l'image de l'ami moqueur : il hennit sous tout cavalier.
La pudeur qu'on prête aux femmes pimente la moindre liberté de leurs gestes.
Je ne connais qu'une distraction dans la vieillesse : être utile. C'est sortir de soi.
Un amant trop généreux ouvre la voie à trop grande liberté.
Il faut apprendre et réapprendre toujours. Si tu t'arrêtes, c'est l'engourdissement progressif de ton cerveau ; la vie quitte peu à peu ton intelligence et tu deviens alors un être sans âme avec nulle part où aller.
L'angoisse, au fond, n'est qu'un dérivé de l'espoir.
Un marteau n'a pas de raison d'être s'il n'existait des clous pour qu'il les martèle.
Les danseuses sont nues par en bas et les honnêtes femmes par en haut. C'est à ça qu'on les distingue.
Le tournevis n'est pas le seul outil de politique économique.
La vie : un homme a de la chance s'il en sort vivant.
A vouloir tout mener de front, on n'est bon nulle part.
C'est l'eau du désert qui est la meilleure, parce qu'on la trouve sous l'aridité des sables.
Un dictionnaire sans citations est un squelette.
A deux on possède mieux la vie, on s'en échange les contraintes, on passe du pourquoi au comment.
Un homme doit être sûr de sa morale pour la simple raison qu'il doit souffrir pour elle.
Le mépris tourne vite à l'éloquence.
Une vérité ne devient pas une erreur simplement parce qu'une foule de gens défendent l'erreur et se rangent de son côté.