S'il fallait tenir compte des services rendus à la science, la grenouille occuperait la première place.
Le ridicule n'existe pas : ceux qui osèrent le braver en face conquirent le monde.
On n'attelle pas au même timon le cheval fougueux et la biche craintive.
Pas besoin d'intérêt pour mentir. Le plaisir suffit.
Ce n'est pas l'injustice en soi qui nous blesse, c'est d'en être l'objet.
Il faut dire la vérité le plus souvent possible si vous voulez que vos mensonges passent inaperçus.
A peine a-t-on publié un livre, on n'a qu'un souci : l'effacer, le faire oublier par le suivant. Une carrière d'écrivain est une succession d'amendes honorables.
Il n'y a d'universel que ce qui est suffisamment grossier pour l'être.
Aimer, c'est ne plus comparer.
La morale est comme les régimes : elle interdit tout ce qui est bon.
Réconforter l'être devient à la longue une routine, autant que l'acte sexuel.
Le meilleur prophète est celui qui devine juste.
Devenir vieux, c'est être de plus en plus puni pour un crime que l'on n'a pas commis.
Une gondole, c'est un cercueil avec une rame.
Si l'oeuvre de Dieu est tout entière bonne, c'est qu'elle est tout entière utile au salut de l'homme ; elle n'est donc pas en soi une fin, mais un moyen qui tire sa justification de l'usage que nous en faisons.
Mon Dieu, je vous en supplie, qui que vous soyez, soyez !
Il faut si peu de choses pour faire accepter chaque jour.
Les enfants eux, vivent la vie sans se préoccuper ni du passé, ni de l'avenir. Ils sont présents au monde.
Pour bien jouir de l'été en Angleterre, il faut le faire encadrer et le mettre sous verre dans un salon confortable.
Je marche à l'aide des pieds, je philosophe à l'aide des sots. Même à l'aide des philosophes.
Le côté honteux de l'écriture c'est lorsque le succès ne vient pas la couronner. Le succès n'est rien que la permission de continuer.
Rien c'est n'importe quoi mais ce n'est pas rien pour autant.
Toute science a la voracité destructrice d'un rite obsessionnel.
Longévité : prolongation peu commune de la crainte de la mort.
Partir un peu, c'est mourir moins vite.
Les couteaux les plus aigus peuvent s'émousser mais la langue d'un homme reste toujours tranchante.
La douleur est un feu que chacun alimente en soi.
Ce qui peut tout animer, tout adoucir, tout colorer - un grand amour.
Tout ce qui va arriver, peut et doit être prévu.
Il se trouve dans les trois quarts des hommes, comme un poète qui meurt jeune, tandis que l'homme survit.
Certaines personnes croiront n'importe quoi si vous le leur murmurez.
La recherche d'effets liés à une cause n'a jamais conduit qu'à des sottises.
Rien n'est plus beau chez l'homme que le don de pitié, reçu dès l'enfance ; il lui permet de vivre et de vieillir sans se plaindre de ne pas pousser à la roue de l'univers.
L'avenir est un inconnu à toutes les dimensions. Mais le passé est un abîme où l'on risque à chaque pas de s'anéantir si on ne réussit pas à faire taire les échos.
La vertu se meurt, l'espérance est morte. et ceux qui souffre n'ont plus qu'un refuge : le suicide.
C'est le silence qui se rapproche le plus de Dieu.
L'agriculteur est un homme qui tire son argent de la campagne et le dépense à la ville.
La haine que l'on porte aux grands est, de la part du peuple, un hommage involontaire.
Les gens malades sont des gens qui s'ennuient.
Moi aussi on m'a dit ça Fais pas ci fais pas ça Et j'en suis arrivé là.
Dès que l'on parle de poux, tout le monde cherche à les attraper, si l'on craint soi-même d'en être un, comment faire ?
C'est deux fois secourir un malheureux que de le secourir promptement.
Il y a trois sortes de fils : l'enfant qui ne vaut pas son père, celui qui se hisse à son niveau et celui qui le surpasse.
Voulez-vous être très connu ? Faites des dettes ; voulez-vous être inconnu ? Faites des vers.
Dieu ne va jamais au secours que des gens qui savent nager.
Les plus grands naissent posthumes.
Vieillir à tout de même des avantages. Je ne peux plus lire les graduations de ma balance.
Ce qui est ordinairement le plus envié, c'est la gloire.
Il n'y a rien de définitif en nous, et qu'il est vain et futile d'essayer de rechercher qui on est : on ne découvrira jamais qui on est, ce qu'il faut c'est découvrir où on veut aller, ce qui est beaucoup plus intéressant.
Aucune des révolutions successives qui ont marqué le monde depuis le début de l'ère industrielle n'a été prévue par les futurologues qui en sont toujours réduits à des extrapolations hasardeuses fondamentale, qui a vocation d'explorer l'inconnu.