Nous devons nous faire plus radicaux. Lorsque la justice n'est pas radicale elle est corrompue.
Les relations entre la démocratie et la société de consommation ne sont pas réciproques, les relations entre la technologie et l'économie le sont : chacune renforce l'autre.
Il n'y a au monde que deux manières de s'élever, ou par sa propre industrie, ou par l'imbécillité des autres.
On a toujours assez vécu, quand on a le temps d'acquérir l'amour des femmes et l'estime des hommes.
Il est plus difficile de se garder d'un médisant que d'un voleur.
Si on pouvait recouvrer l'intransigeance de la jeunesse, ce dont on s'indignerait le plus c'est de ce qu'on est devenu.
Aimer, c'est n'avoir plus droit au soleil de tout le monde. On a le sien.
Le sage honore Dieu même en gardant le silence ; ses actes ont plus de prix que ses paroles.
Qui ne craint point la mort ne craint point les menaces.
Les enfants sont comme les marins : où que se portent leurs yeux, partout c'est l'immense.
La réussite est la place qu'on occupe dans les journaux. La réussite est l'insolence d'un jour.
La nation, comme l'individu, est l'aboutissant d'un long passé d'efforts, de sacrifices et de dévouements.
Il faut être deux pour être trois.
Ne perds jamais ton ignorance, tu ne pourras pas la remplacer.
Si la vanité est le moteur de l'humanité, la flatterie en est le lubrifiant.
Soyez humains : si vous avez un fils qui ne sait pas distinguer les couleurs, faites-en plutôt un critique d'art qu'un mécanicien de chemin de fer.
La fausse modestie est le plus décent de tous les mensonges.
En politique internationale, les coups d'épingle répétés finissent par engendrer des coups de canon.
Il vaut mieux avoir du bien au soleil que du mal à l'ombre.
Les mourants qui parlent de leur testament peuvent s'attendre à être écoutés comme des oracles.
Telle est la volonté des dieux : tout plaisir s'accompagne de peine.
Le zèle est bon pour les sages, mais on le trouve surtout chez les sots.
Dans tous les temps et tous les pays, c'est la femme qui décide si le monde doit pardonner une faute ou ne pas la pardonner.
On se livre d'autant plus vivement aux plaisirs qu'on se sent près de les perdre.
Si le mariage apportait la paix, on devrait alors permettre aux grands de ce monde d'être bigames.
Lorsqu'on les vit, ce sont les instants les plus doux qui paraissent les plus longs. Le souvenir diminue leur durée.
Il y a cette différence entre un cornichon et un mari que l'un se confit dans son entier et l'autre dans sa moitié.
Rien ne vaut l'expérimentation quand on se met à douter du réel ce qui revient, assez paradoxalement, au même qu'à douter de la fiction.
La femme est un mot qui se forme à distance.
Une âme contemplative est à charge à tous les désoeuvrés remuants qui couvrent la terre : l'imagination et le recueillement sont deux maladies dont personne n'a pitié.
Les gens de droite ne croient qu'aux conneries qu'on leur a apprises. Les gens de gauche ne croient qu'aux conneries qu'ils ont découvertes.
Celui qui, après sa mort, ne remarque aucune différence ne mérite pas d'être venu au monde.
Personne n'a aucune raison de m'aimer. Donc, si on m'aime, ce sera vraiment pour moi-même.
Traduire, c'est avoir l'honnêteté de s'en tenir à une imperfection allusive.
Donnez une chance à la chance, alors elle devient nécessité.
La parole dépasse en action l'acte lui-même.
Les certitudes de la science médicale ne sont jamais que des certitudes.
Qu'est-ce donc qu'un moine, sinon un homme seul ?
C'est le déclin quand l'homme se dit "Que va-t-il se passer ?", au lieu de dire "Que vais-je faire ?"
Ah ! La musique. Ce sont des morceaux de bon Dieu qui vous entrent dans l'âme par les oreilles !
Pour notre corps, la mort n'est qu'une lessive.
Dans les grandes émotions, la solitude est parfois salutaire.
La religion, comme l'art, est par-dessus tout un culte désintéressé.
Ni la richesse ni le savoir ne permettent de lutter efficacement contre les excès humains.
Le calcul que vous trouvez si mauvais est pourtant celui de toutes les passions. Des années entières de poursuite, pour la jouissance d'un moment.
N'est ce pas soi-même qu'on reconstruit dans l'authenticité retrouvée de sa langue : le style ?
Il nous faut dorénavant une éducation personnelle, et non pas une attitude morale inculquée.
Icebergs, icebergs, cathédrales sans religion de l'hiver éternel.
Les porcs et les moutons, sous le couteau du boucher, ont-ils leur mot à dire ?
La charité est mauvaise conseillère.