Un ivrogne disait : De la naissance à la mort, la route est bien courte. Je la prolonge en zigzaguant.
Il faut tirer le meilleur du pire.
L'aube interrompt souvent les rêves les plus beaux qu'on fait à son sujet.
Une âme contemplative est à charge à tous les désoeuvrés remuants qui couvrent la terre : l'imagination et le recueillement sont deux maladies dont personne n'a pitié.
L'homme malheureux de Paris est l'homme malheureux complet, car il trouve encore de la joie pour savoir combien il est malheureux.
Un marché est la combinaison des comportements de milliers de personnes répondant aux informations, à la désinformation et à leurs caprices.
Destins différents et pourtant solidaires des deux partenaires de l'aventure humaine : l'élément maternel représente la nature et l'élément paternel, l'histoire.
Ce qu'il faut à l'écrivain, comme au peintre, au musicien, c'est l'infini de la vie et l'errance...
La parole dépasse en action l'acte lui-même.
Tout près du renoncement est la béatitude.
De même que les clous de charpentier se divisent en clous forgés et en clous faits en série, l'humanité peut être soumise à pareille distinction.
Il y a un dieu pour les ivrognes, il y a aussi un dieu pour les acteurs.
Quand on promet une chose à un mourant, chacun sait bien qu'il faut tenir sa promesse.
On ne recommence jamais. Recommencer, ce n'est que croire au quotidien des choses, aussi bien dire à l'établissement définitif de soi-même dans sa propre médiocrité.
Ce serait donc ça le plaisir ? La tendresse et les muscles mêlés, ensemble, se liant et déliant ?
Dieu créa la moitié de l'humanité pour exercer la patience de l'autre.
On a les vices que son train de vie permet.
Heureux ceux qui cultivent des rêves. Mais, les rêves exigent des sacrifices et peu de rêveurs survivent.
L'hyène et le chien sont de mauvais compagnons de route.
Le rêve égalitaire qui a présidé au marxisme a pris un cours ironique : la lutte des classes n'en a conçu qu'une seule, celle des miséreux.
Le fauteuil académique est un lit de repos où le bel esprit sommeille.
La pudeur des femmes n'est que leur politique ; tout ce qu'elles cachent ou déguisent n'est caché ou déguisé que pour en augmenter le prix quand elles le révèlent.
Spécialiste : personne qui en sait de plus en plus lorsqu'il y en a de moins en moins à savoir.
Les fausses amours partent en déchirant nos rêves ; les vraies restent en caressant nos jours.
Ecrire ensemble s'avère presque aussi compliqué que de coucher avec quelqu'un et que ça se passe bien pour les deux.
Il y a deux choses qui nous différencient de l'animal. Notre capacité à tomber amoureux et notre sens de l'humour.
L'ivresse permet d'élaborer de nouvelles formes, de révoquer les mots usés de la tribu, bibelots abolis incapables de dire l'éternelle beauté du Monde.
Un peuple ne peut avoir le sentiment de la liberté s'il n'a pas aussi celui de la pitié.
Etre actrice, c'est entrer dans la légende et risquer de devenir un mirage.
On ne peut que fermer les yeux devant la beauté absolue, elle donne des douleurs dans le coeur et brûle les yeux.
Nous sommes tous sourds quand cela arrange notre bonheur. Cela repose un peu de ne pas tout entendre.
Pour faire des chaussures, il ne suffit pas d'avoir du cuir et un marteau.
Quatre beaux vers valent mieux dans une pièce qu'un régiment de cavalerie.
Les économistes ne possèdent, en règle générale, qu'une culture historique plus que sommaire, sont animés d'incroyables préjugés mais disposent d'une influence énorme auprès des "décideurs".
Le divorce est un dépucelage mental.
Tout est permis aux dames, et que tout ce qui vient d'elles est grâce et faveur.
On nuit plus au progrès de l'esprit en plaçant mal les récompenses qu'en les supprimant.
L'amour est-il un mal dont on puisse guérir ?
Les hommes mûrs aiment bien que les petites filles de quinze ans leur fassent de beaux sourires avec des yeux en velours.
La politique est comme le sphinx de la fable : elle dévore tous ceux qui n'expliquent pas ses énigmes.
Vivre et juger sa vie : quel est l'homme capable des deux ?
Le saké pour le corps Le haïku pour le coeur
En tant que cinéaste, j'ai une attitude bizarre vis-à-vis du cinéma. J'aime aller dans les cinémas de province ou à l'étranger.
Plus personne, ou presque, ne pense que voter peut changer significativement sa condition, a fortiori celle du monde.
L'amour, quand il n'est qu'amour, est parfait : un geste, un silence, un mot, lancé comme un don, comme une espérance.
La notoriété, comme le couple ou la vieillesse, rend prévisible.
Au constat que la prison échoue à réduire les crimes, il faut peut-être substituer l'hypothèse que la prison a fort bien réussi à produire la délinquance, type spécifié, forme politiquement ou économiquement moins dangereuse - à la limite utilisable - [...] ► Lire la suite
Qui d'autre que moi lira un jour ces lettres ?
Ne rien faire de spécial, ça a l'air simple mais c'est beaucoup plus compliqué que faire quelque chose de spécial, même difficile.
La voix est le principal témoin de nos émotions, du premier cri jusqu'au dernier souffle qui demeure un son, jusqu'au silence si particulier qui règne après la mort.