Se faire tuer ne prouve rien ; sinon qu'on n'est pas le plus fort.
Un homme d'esprit fait toujours quelque profit de mal qu'on dit de lui.
On est fidèle à soi-même, et c'est tout.
Aux âmes simples les joies simples.
Et le vent n'est-il pas la voix de Dieu, autant que celle du poète qui ne l'a que par Lui ?
Pourquoi serait-il plus difficile de mourir, c'est-à-dire de passer de la vie à la mort, que de naître, c'est-à-dire de passer de la mort à la vie ?
L'amour est un repos laborieux.
Les nids les plus chauds sont ceux qu'on ne voit pas.
Les autos ont remplacé les fiacres, et les camions, les charrettes à foin ; mais aucune invention n'a remplacé l'homme lui-même.
L'apparente immobilité d'un livre nous leurre : chaque livre est aussi la somme des malentendus dont il est l'occasion.
La femme ? Elle est comme l'amour qu'elle inspire.
La vérité ne nourrit pas son homme.
Il y a des cas où tout l'art de la diplomatie consiste à maintenir les problèmes intacts le plus longtemps possible.
N'écrivez jamais l'histoire des autres. Contentez-vous d'écrire la vôtre. Vous trouverez que c'est déjà trop.
La diffusion de la méconnaissance du monde doit être élaborée, elle aussi, de manière scientifique.
Ce qui a été compris n'existe plus.
La souffrance affecte moins nos sens que l'imagination.
Quand un préjugé disparaît, il y a une vertu qui disparaît en même temps. Une vertu n'est qu'un préjugé qui reste.
Ne plus aimer n'est qu'un malheur, ne pas le dire est une injure.
Qui se grise de rêverie est d'autant plus prêt au délire qu'il prolonge son extase.
La vie ne permet pas d'aller bien loin, non plus que d'approfondir le sens de tout ce qui est. L'être humain, si doué soit-il, reste toujours à l'extérieur de ce qu'il veut percer.
Pour être ambitieux, il faut haïr ceux qui se mettent en travers de notre chemin.
En apprenant à connaître les maux de la nature, on méprise la mort ; en apprenant à connaître ceux de la société, on méprise la vie.
La télévision ne connaît pas la nuit. Elle est le jour perpétuel.
Il faut qu'en premier lieu, tu observes tes propres défauts et les qualités d'autrui plutôt que le contraire.
Le marxisme est la vieillesse du monde.
Les notaires c'est comme les avocats, moins t'en vois, plus t'as d'quoi.
La mort n'existe pas. Surtout pas la mort. Le mot ne devrait pas exister car il désigne ce qui n'est pas.
La religion commence peut-être au bord de la détresse.
Le boeuf n'est pas particulièrement intelligent, c'est un ruminant, ses pensées sont nourries de foin.
L'argent, pour les personnes âgées, c'est tout le contraire des maladies : on ne veut en parler à personne.
Il n'y a pas de libéralité bien placée, pourvu qu'elle le soit sans calcul et sans ostentation, qui ne vaille mieux qu'une économie.
Il n'est pas nécessaire de vivre mais il l'est de vivre heureux.
Les grands esprits sont capables de grandes cruautés, tandis que les petits n'en font que de petites.
Je me vante d'avoir grandi, mûri, vieilli dans la familiarité du vin ; à le tutoyer dès l'enfance, on perd l'esprit d'intempérance et de gloutonnerie ; on acquiert, on forme son goût personnel.
Une vieille dame qui s'amuse ne se déplace pas dans l'espace comme une vieille dame que la vie pousse sans raison, ainsi qu'un joueur blasé son pion sur l'échiquier.
Il n'y a pas de chute de l'Amérique pour la simple raison que l'Amérique n'a jamais été innocente. Il est impossible de perdre ce qu'on n'a jamais possédé.
L'ennui, quand on est petit, c'est qu'on raconte sa vie en moins de deux.
L'homme est en droit de vouloir n'importe quoi d'une femme, mais, s'il ne veut pas se comporter en brute, il doit faire en sorte qu'elle puisse agir en harmonie avec ses illusions les plus profondes.
On se cache d'être brave comme d'aimer.
Ce qui compte dans l'homme, c'est le moulin à vent.
Dans tous les cas, le jour qui se lève est l'aube d'un nouveau pas sur le chemin de l'évolution, de la croissance de l'être et - qui sait ? - de la sagesse.
Le plus riche est celui qui a le moins de désirs.
La mort ne donne la clé de rien. Des clés, on n'en trouve que dans la vie.
Applaudir est vraiment une grande jouissance, qui n'a d'égale que celle de huer.
Il faut manger pour vivre et vivre pour digérer.
De toutes les réponses affirmatives, la plus simple est oui.
Je prends acte, pour l'autre vie, de ma conduite en celle-ci.
Savoir la vérité ne change pas la vie.
On est fondé à se demander si nos vies ne sont pas, après tout, que des vies artificielles.