Nous agissons toujours comme si le confort et le luxe étaient essentiels à notre existence, alors qu'il suffit pour être réellement heureux de trouver quelque chose qui nous intéresse passionnément.
La crainte du Seigneur est le commencement de la sagesse.
Le malheur ne peut se consoler qu'avec le malheur des autres.
En France, nous avons nos réserves d'imbéciles comme les réserves de Peaux-Rouges en Amérique : ce sont les intellectuels. On est sûr de ne jamais en manquer.
On ne se hait point soi-même ; mais on ne peut pas s'aimer.
Le peintre original procède à la façon des oculistes.
La caractéristique des mauvais romanciers est qu'ils savent d'avance ce qu'ils vont raconter.
On apprenait à Sacha le décès d'un de ses amis. Sacha déclara : Quelle terrible chose ! Quand je pense combien il m'admirait !
Qui n'entend rien à la création du monde ne comprend pas le besoin social !
Elle mourut en prononçant ces mots qui tirent les larmes : Maman... maman... la vie... c'est beau !
Quelque étrange que la chose puisse paraître, nous devons considérer comme vrai que quiconque demande reçoit, et qu'on ouvre à celui qui frappe.
L'art est l'opposé des idées générales... Il ne classe pas : il déclasse.
Il y a des choses d'hommes qu'il faut taire aux femmes. Elles exigent rarement la justice dans l'idée quand elles l'ont dans les actes.
Si tu as été aimé, si tu as donné du bonheur ou de l'espérance, il se trouvera forcément quelqu'un, au jour de ta mort, pour te fermer les yeux, quelqu'un pour rassembler tes amis, organiser une veillée et t'entourer de tes souvenirs les plus chers.
Il est impossible d'écouter quelqu'un attentivement en faisant autre chose en même temps.
La sécurité a du bon... la lutte aussi, surtout quand on en sort vainqueur.
Les bons écrivains sont ceux qui utilisent un langage efficace. C'est-à-dire clair et précis.
N'est-ce pas précisément cela "comprendre" ? Sentir qu'on saisit l'indéfinissable, l'indispensable.
Dieu propose, la vanité de l'artiste dispose.
Mieux vaudrait, par respect pour l'arbitraire du destin, ne jamais former de phrases qu'au conditionnel : du moins n'engage-t-il à rien.
Pour bien jouir, il serait sage de se priver.
La mémoire, comme le coeur, se laisse abuser, et souvent pas celui-ci comme de juste.
Ce qui est fait est fait. C'est autant de pas accomplis dans la route qui mène à l'éternité.
La jeunesse ne raisonne pas, elle agit. Le vieillard raisonne et voudrait faire agir les autres à sa place.
Il faut toujours vouloir vivre parce que c'est beau aussi.
On naît livré au hasard et c'est en se créant qu'on se livre, en créant sa vie.
On est toujours responsable de ses malheurs.
Il faut se garder de considérer un livre moins important que son auteur.
On dit que les Américains mangent toute la journée. C'est faux. Mais ce qu'ils mangent est tellement mauvais qu'ils doivent s'y reprendre à plusieurs fois.
Le sens de toute chose réside peut-être dans l'absence de sens.
Ce qui reste finit par nous rendre ce qu'on a perdu.
La sagesse est aussi une sorte de luxe, une sorte de dépense de luxe.
Il n'y a rien qu'un homme aime tant que de plaire à une femme.
Il y a des familles où l'on semble entretenir soigneusement des parents malades pour refuser les invitations à dîner.
Les amis sont une seconde existence.
Celui qui interroge se trompe Celui qui répond se trompe.
Une oeuvre de la langue traduite dans une autre langue : quelqu'un passe la frontière en y laissant sa peau, pour revêtir le costume local.
Il y a trois sortes de créatures qui, lorsqu'elles semblent venir s'en vont, et quand elles semblent partir, s'en viennent : les diplomates, les femmes et les crabes.
Il n'est pas nécessaire de vivre mais il l'est de vivre heureux.
Il y a des vies comme des cascades, d'autres comme des flaques.
L'humour est l'impolitesse du désespoir.
La créativité, ça ne s'ouvre pas comme un robinet, il faut l'humeur adéquate.
Dieu est pour le bien des hommes à quelques conditions : qu'on l'honore, qu'on le prie, qu'on lui fasse des sacrifices. Sinon, Dieu devient terrible ! Il te fait le déluge, l'exil, la guerre, la sécheresse, la foudre, au choix.
L'histoire de l'art a comme la couleur du dollar.
Le seul secret qui vaille d'être dévoilé, ce que nous sommes incapables de faire, c'est celui de notre relation avec Dieu. Les hommes n'entrevoient ce vrai secret que lorsqu'ils sont pris par le vertige des profondeurs.
La vie d'un roman est le plus souvent de trois mois, tandis qu'un livre de poèmes, on le prend, on le lit, on le laisse, on le reprend, ça dure longtemps, très longtemps...
Tout homme qui exerce un art, et quel que soit cet art, et même tout homme qui acquiert une oeuvre d'art, cherche à prolonger sa durée biologique, à se rattacher au passé et à se projeter dans l'avenir.
La différence sexuée est la première chose observable et sur laquelle la volonté humaine n'a pas de prise. Aucun moyen n'existe pour changer la donne : il y a du masculin et il y a du féminin.
C'est la nécessité de combattre qui semble oubliée... ce qui domine semble être la certitude tranquille d'un progrès en marche...
Nous nous connaissons mieux qu'il n'y paraît, et nous nous gardons de reprocher à autrui les défauts que nous sommes sûr d'avoir.