Et l'enfant que je vois M'a pris tout l'amour Qu'il me reste.
Tout a déjà été écrit, heureusement que tout n'a pas encore été pensé.
Quand il gèle et qu'on n'a pas de gants, on supporte l'alliance.
Nous devrions tous être physiquement beaux ; la mort nous le doit bien.
L'aisance est exigeante et ne cherche qu'à s'accroître : la misère se partage.
C'est toujours très curieux ce qui se passe quand on se meurt d'amour et qu'on n'a personne pour se jeter dedans, follement.
Penser veut dire aussi rêver.
La création n'est rien d'autre qu'un rêve durement mis en forme.
Le caractère, voilà ce qui dure, et non pas la fortune.
Il y a des gens si intelligents que lorsqu'ils font les imbéciles, ils réussissent mieux que quiconque.
En grandissant, un enfant s'use.
Niaiserie d'une époque où chacun cherche les événements dans le journal au lieu de les voir sur sa route.
Il se trouve dans les trois quarts des hommes, comme un poète qui meurt jeune, tandis que l'homme survit.
Pour bien jouir, il serait sage de se priver.
Le suprême triomphe de la raison est de jeter le doute sur sa propre validité.
Pourquoi après une mort, y a-t-il un espace systématique de mensonge sur la vertu et la valeur du disparu ? Pourquoi ce qui valait avant ne vaudrait-il pas après ?
Il n'y a pas de bons ou de mauvais juges, il n'y a que des juges médiocres ou prestigieux.
L'amour est aussi une affection de la peau.
Il est impossible à la femme de discerner le mensonge de la vérité.
On ne lit pas pour être inspiré. On lit pour se tranquilliser l'esprit, pour trouver pire que ce qu'on est...
La prudence exige qu'on ne s'entoure que d'êtres qui n'ont pas besoin de soi.
Il est difficile, ici-bas, surtout quand on vit longtemps, de ne point encombrer sa conscience d'un petit péché par-ci, d'un petit péché par-là, plus ou moins consciemment.
Les yeux des femmes posent toujours la même question : est-ce qu'on me désire ?
Il y a des révolutions quand les classes assujetties n'ont plus d'admiration pour ceux qui les dominent.
"Demander" est un verbe qui porte malheur.
Toute autorité contient les germes de la tyrannie.
Dès que l'on parle de poux, tout le monde cherche à les attraper, si l'on craint soi-même d'en être un, comment faire ?
Je me vante d'avoir grandi, mûri, vieilli dans la familiarité du vin ; à le tutoyer dès l'enfance, on perd l'esprit d'intempérance et de gloutonnerie ; on acquiert, on forme son goût personnel.
Les objets solides ont une tendance à subsister qui confine à la monotonie.
Si les voitures veulent se suicider, ça les regarde. Mais je ne comprends pas cette manie de vouloir le faire lorsqu'elles ont des gens à bord.
Tout absolu - personnel ou abstrait - est une façon d'escamoter les problèmes.
Je crois à l'amour, je crois à la beauté, je crois à la justice, je crois malgré tout que dans cette terre le bien l'emporte sur le mal et que les hommes créeront Dieu.
Un borgne, c'est un infirme qui n'a droit qu'à un demi-chien.
Nous sommes bien faits, ami, pour nous comprendre ! Pour être l'un à l'autre et, dans tout, de moitié !
Les questions auxquelles on répond par oui ou par non sont rarement intéressantes.
Celui qui aime la littérature n'aime ni l'argent, ni les tableaux, ni les bibelots, ni le reste.
Dans la conquête de la toison d'or, il est bien difficile de s'agripper à la première mèche.
Une fille qui, par le peu qu'elle laisse voir à un homme, le fait devenir curieux de voir le reste, a déjà fait trois quarts du chemin qu'il lui faut faire pour le rendre amoureux.
Les gens qui ont l'air constipé sont souvent les plus chiants !
Qui meurt de vieillesse est le dernier à en convenir.
L'artiste est un malade qui essaie de se soigner en créant, mais plus il se soigne, plus il est malade. Et plus il est malade, plus il est content, vu qu'il n'a aucune envie de guérir.
Mais que savent donc faire les utopies, sinon naître et mourir ?
L'art n'exige pas seulement la passion, il veut avant tout la vérité, et d'abord, la vérité de la passion.
Quand tout est pur et clair dans votre esprit, personne ne peut vous créer d'obstacles.
Il est étonnant comme le temps passe vite quand on ne fait rien. Pourvu qu'on ne soit pas libre. Je veux dire pourvu qu'un "devoir" vous force à rester en place. Autrement, ça ne tient plus.
Ce que nous vivions là, et nous en étions conscients tous les quatre, c'était un peu de rab. Un sursis, une parenthèse, un moment de grâce. Quelques heures volées aux autres...
Avec de la paresse et de l'entêtement, on est toujours sûr d'arriver à quelque chose.
Provençaux, voici la coupe,Qui nous vient des Catalans,Tour à tour buvons ensemble,Le vin pur de notre cru,Verse-nous la poésie,Pour chanter tout ce qui vit,Car c'est elle l'ambroisie,Qui transforme l'homme en Dieu.
La civilisation commence quand tu donnes la priorité à l'autre sur toi-même.
Ce n'est pas si difficile que cela. C'est comme une douleur avec laquelle on apprend à vivre, quand on a mal au dos par exemple.