Très souvent, le mal vient du remède même. Ce n'est donc pas la pire règle de la vie que de laisser aller les choses.
Faites l'amour le matin, et partez avec quelque chose de chaud dans le ventre.
Le tombeau des héros est le coeur des vivants.
Entre l'amour physique et le ridicule il n'y a qu'un pas.
Le pain est le plus conventionnel et le plus frelaté des symboles de la nutrition : l'âme de l'homme n'est pas omnivore.
Si on pouvait recouvrer l'intransigeance de la jeunesse, ce dont on s'indignerait le plus c'est de ce qu'on est devenu.
Pour fumer moins, embrasser plus. Se méfier des allumeuses et prendre la précaution d'utiliser des filtres.
Mon berceau a de ma tombe, ma tombe a de mon berceau.
Pour un plaisir, mille douleurs.
Si les péchés faisaient souffrir quand on les fait, nous serions tous des saints.
Quand on aime quelqu'un, c'est effrayant comme on pense peu aux autres...
Le mal caché est le plus grave.
Absent le chat, les souris dansent.
La liberté de l'homme, c'est l'innocence.
Ceux qui craignent Dieu n'ont rien à craindre des hommes.
Une chambre d'enfant à ranger, c'est une vie à construire.
Un bon archer atteint la cible avant même d'avoir tiré.
La renommée est un instrument à vent que font résonner les soupçons, les jalousies, les conjectures.
L'ennui avec les conseils, c'est qu'il faut d'abord les suivre pour savoir ce qu'ils valent.
Le despotisme soumet une nation à un seul tyran, la démocratie à plusieurs.
Il vaut mieux avoir du bien au soleil que du mal à l'ombre.
Ce qu'il y a de plus difficile, ce n'est pas de prendre un premier amant, c'est de trouver le dernier.
Peut-être Paris ne vaut-il que par ses provinciaux ?
Les consultants sont des gens qui descendent de la colline pour tuer les blessés une fois que la bataille est terminée.
Dépendre de soi-même, c'est parfois la pire dépendance.
La comédie est une forme d'agression et d'hostilité socialement acceptée.
C'est dans la libre préférence du danger à la sécurité qu'on reconnaît les âmes nobles.
C'est l'âme des aïeux qui, voyant qu'elle va continuer de survivre, chante dans les violons, les soirs des noces.
C'est un mauvais signe dans le ciel conjugal quand la femme dont le mari a toujours fumé s'aperçoit qu'il sent le tabac.
Un enfant ne peut jamais se défaire des principes qu'on lui a inculqués, même de force, avant sa quinzième année.
On passe le quart de sa vie à fuir. Et l'on s'étonne de vivre en étranger avec soi-même.
La première attitude d'un chrétien, c'est de voir dans le monde, dans les autres, dans notre temps ce à quoi il faut dire oui.
Le sens de la vie, c'est de tout risquer pour aimer.
Si vous vous mêlez de dire des vérités désagréables à l'homme qui peut vous ouvrir les chemins, ne dites point que vous vouliez passer.
On ne peut aimer deux êtres de façon identique, ni le même être de façon constante. Nous sommes humains et tout ce qui est humain varie, même à l'intérieur de la fidélité.
L'état juif est ce personnage mythique qui conjoint les deux rôles de la victime et du héros.
Le mobile essentiel du mouvement ouvrier est une question de dignité au moins autant qu'une question d'intérêt.
Dans une musique, c'est l'ensemble mystérieux de l'intimité des mesures et du secret des notes qui attire et nous charme.
Il y a des mots si opulents qu'ils vous délivrent par leur seul pouvoir.
On désire férocement la liberté, mais c'est presque toujours pour aller vers d'autres contraintes.
Le mal que l'on imagine est insupportable, celui que l'on subit est presque toujours supportable.
La poésie est un don. Elle peut faire vivre et survivre. - Et pourquoi pas mourir ?
Si la société parfaite ne peut s'établir sans sacrifier la raison d'être de l'homme, sa solitude, c'est que la perfection est l'ennemie de l'homme.
Trente secondes de réflexion, une seconde de lucidité, et on découvre que vivre est épouvantable. Alors, il s'agit de nourrir quelques illusions, afin que l'âme ne se dessèche pas.
Le désavantage de l'esprit - cette drôlerie supérieure - c'est qu'il s'exerce aux dépens de quelque chose ou de quelqu'un.
Le dévouement a cela d'affreux dans ses suites, qu'il ne sert ordinairement ni à celui qui l'a offert, ni à celui qui l'a reçu.
Celui qui pense sans parler est aussi coupable que celui qui parle sans penser ; l'un et l'autre n'apportent rien.
Toute forme de langage devrait être reconnue et libre d'exister sans ironie.
Rien n'est dépourvu de sens, tout en ce monde est relié au reste.
Celui qui cherche la vraie science doit la pêcher là où elle se trouve.