Si vous me réduisez au désespoir, je vous avertis qu'une femme en cet état est capable de tout.
Soyez humains : si vous avez un fils qui ne sait pas distinguer les couleurs, faites-en plutôt un critique d'art qu'un mécanicien de chemin de fer.
Dieu n'a pas mal réussi la nature, mais il a raté l'homme.
La vie à deux adoucit l'égoïsme en le dédoublant.
Tout penseur qui voudra devenir orateur, tout homme d'esprit et de coeur qui voudra se faire éloquent et être éloquent, remuer les masses, dominer les assemblées, avec sa parole, n'aura qu'à passer de la région des idées dans le domaine des lieux communs.
L'homme n'est libre que de choisir sa servitude.
Les optimistes et les pessimistes ont un grand défaut qui leur est commun : ils ont peur de la vérité.
Où peut-on être mieux qu'au sein de sa famille ?
Une âme non tentée, que sait-elle ? Elle ne sait rien d'elle-même, elle ne sait rien de Dieu.
Les femmes ne trouvent leur portrait ressemblant que lorsqu'il ressemble à ce qu'elles voudraient être.
La politique consiste dans la volonté de conquête et de conservation du pouvoir ; elle exige, par conséquent, une action de contrainte ou d'illusion sur les esprits, qui sont la matière de tout pouvoir.
Il y a toujours quelque niaiserie à trop respecter les femmes.
Seuls les riches peuvent être ruinés, Seuls les malades peuvent guérir ; Voilà encore deux grandes injustices de la vie.
On dit communément : "La plus belle femme du monde ne peut donner que ce qu'elle a" ; ce qui est très faux : elle donne précisément ce qu'on croit recevoir, puisqu'en ce genre c'est l'imagination qui fait le prix de ce qu'on reçoit.
Lorsque ma femme me fait un cadeau, j'éprouve deux surprises : d'abord le cadeau et ensuite de le payer.
La vertu est une musique et la vie du sage une harmonie.
Dessert : une pêche si on est seul, un péché si on est deux.
Nous jugeons les actes de l'histoire avec la conscience de notre époque. Or la conscience ne peut pas devancer celle qui prévaudra dans une société de l'avenir... et vous ne pouvez pas retourner pour changer le passé.
Ce qui instruit les sots, ce n'est pas la parole, c'est le malheur.
Le philosophe est le marchand de sommeil des élites.
A travers le couple se réalise la jouissance de soi dans l'infinité ; c'est l'extase.
Certains ne parviennent pas à devenir des penseurs parce que leur mémoire est trop bonne.
L'expérience, c'est le résultat des bêtises qu'on a faites de bonne volonté...
Les plaisirs sans fin du contact avec la nature ne sont pas réservés aux scientifiques, mais accessibles à tous ceux qui se placent sous l'influence de la terre, de la mer, du ciel, et de leur existence surprenante.
Presque toujours, nos contradicteurs ne répondent pas aux objections que nous leur avons opposées, mais aux sottises qu'ils nous prêtent.
L'amour existe d'autant plus que son objet imaginé existe moins.
Le bonheur s'édifie parfois sur des ruines plus solidement que sur des fondations nouvelles.
Le doute ?... C'est peut-être de la peur distillée !
Ah ! La musique. Ce sont des morceaux de bon Dieu qui vous entrent dans l'âme par les oreilles !
La poésie est un don. Elle peut faire vivre et survivre. - Et pourquoi pas mourir ?
Nous ne tenons jamais la vie : c'est elle qui nous tient ; nous ne la quittons pas : c'est elle qui nous lâche.
Qui a frôlé l'irréversible, découvre dans le futile merveilles.
Le commerce est le plus grand de tous les intérêts politiques.
Toujours le Social. Le contrat social, le sens social, l'avenir social, la souffrance sociale, le spectre social. Cette croyance à la Société est quand même la plus étrange qui ait jamais existé.
Fais à l'autre ce qu'il aime qu'on lui fasse. Si tu n'aimes pas ça, laisse tomber.
Si quelque chose ne va pas, ce ne peut pas être la faute d'un seul individu. Personne ne monopolise jamais le "bon" côté.
Séduire, c'est ne pas mourir. C'est vivre dans le regard de l'autre.
Le désavantage de l'esprit - cette drôlerie supérieure - c'est qu'il s'exerce aux dépens de quelque chose ou de quelqu'un.
Les jours filent comme les roues d'un véhicule : les bons jours ressemblent aux roues d'une voiture qui accélère, tandis que les mauvais jours ressemblent à des roues enlisées qui patinent dans un bourbier.
Si l'amour n'était pas ce mélange insoluble de crime prémédité et d'infinie délicatesse, comme il serait aisé de le réduire à une parole ! Mais les souffrances de l'amour dépassent les tragédies de Job... L'érotisme est une lèpre éthérée...
J'aime, je n'aime pas : cela n'a aucune importance pour personne ; cela apparemment n'a pas de sens. Et pourtant, tout cela veut dire : mon corps n'est pas le même que le vôtre.
Ce qui unit les femmes entre elles est beaucoup moins l'effet de la sympathie que des confidences qu'elles se font réciproquement.
Londres est une ville de brouillards et de charbon de terre : au bout de huit jours, une chemise n'y est plus mettable.
Spécialiste : personne qui en sait de plus en plus lorsqu'il y en a de moins en moins à savoir.
Quand j'ai bien faim et que je mange et que j'ai bien de quoi choisir, je ressens autant de plaisir qu'à gratter ce qui me démange.
Ce qu'il y a de difficile, pour un homme qui habiterait Vilvoorde et qui voudrait aller à Hong Kong, ça n'est pas d'aller à Hong Kong, c'est de quitter Vilvoorde.
Elle me prenait gentiment la main et moi que voyais-je ? Une main molle, blanchâtre, avec la consistance d'un gant Mappa.
L'amour est une botte de radis achetée à Tarascon et croquée sur un banc avec du gros sel.
Une théorie ne ressemble pas plus à un fait qu'une photographie ne ressemble à son modèle.
Les fausses opinions ressemblent à la fausse monnaie qui est frappée d'abord par de grands coupables et dépensée ensuite par d'honnêtes gens qui perpétuent le crime sans savoir ce qu'ils font.