Une oeuvre littéraire fabrique une multitude de situations fictives dans lesquelles on se projette, dans lesquelles on devient un autre.
Beaucoup de gens sont malades quand ils sont vieux... C'est triste... D'un autre côté, ça les occupe.
Il y a des instants qu'on voudrait voir durer la vie entière. Cela tient à une secrète plénitude, à un mystérieux apaisement en nous de l'inquiétude, cette autre forme du désir.
C'est une autre chose ça qui mène le monde, l'orgueil dissimulé sous le couvert de la vanité.
Ce qui importe par-dessus tout dans une oeuvre d'art, c'est la profondeur vitale de laquelle elle a pu jaillir.
L'homme d'action mérite d'être jugé sur ses actes, ou plutôt sur leurs conséquences, qui sont le plus souvent bien différentes de celles qu'il avait prévues.
Le mariage, tel que le catholicisme l'institue, n'est pas autre chose qu'une couture au coeur, proprement faite.
Si certains sont en mal d'image, d'autres sont en mal d'efficacité, c'est autre chose.
Le plus court chemin d'un point à un autre est exactement le même en sens inverse.
Je ne crois pas que la littérature puisse changer la politique, mais elle peut exercer une influence sur ceux qui appliquent la politique.
Se pourrait-il que le désespoir ne soit rien d'autre que ce désert, ce vide, cette érosion de tout ce qui m'entoure, cette distance entre les choses et moi, cette indifférence, cette absence totale de raison d'aller ici ou ailleurs, de faire ceci ou autre chose ?
Je garde toujours les mêmes recettes pour impressionner mes amis, et je fais toujours deux ou trois choses, alors ils pensent que je peux cuisiner. Mais je ne sais pas comment cuisiner autre chose.
Si heureuse que soit une femme avec son mari, elle apprend toujours avec plaisir qu'un autre homme souhaiterait qu'elle ne le soit pas.
Un style mort, c'est un style qu'on définit seulement par ce qu'il n'est pas, un style qui n'est plus ressenti que négativement.
Qu'on ne prétende jamais, auprès d'un aîné, que c'est "pour lui" (ou elle) que les parents en mettent un autre au monde. Combien d'enfants sont ainsi sauvagement rendus responsables d'un indésirable frère ou soeur qu'ils avaient soi-disant réclamé, alors qu'ils avaient besoin d'un camarade de jeu de leur âge.
Peu à peu, au nom de la tolérance (ce qui est, après tout, un bon prétexte) à l'égard de religions qui ne sont pas installées depuis longtemps en France, on a accepté de mettre de côté nos principes pour faire place à autre chose, qui contestait nos principes.
Le bonheur est à l'intérieur de vous, pas avec une autre personne.
La littérature est un accessoire aussi indispensable que les cigarettes ou le bon cognac.
Toute oeuvre d'art authentique est un cadeau offert au futur.
Habitue-toi à être attentif à ce qu'un autre dit, et autant que possible entre dans l'âme de celui qui parle.
Un roman naît, d'une façon en quelque sorte nécessaire, avec tous ses chapitres.
Pour moi, dès mes premières réflexions d'enfant, j'ai redouté les barbares qui me reprochaient d'être différent ; j'avais le culte de ce qui est en moi d'éternel, et cela m'amena à me faire une méthode pour jouir de mille parcelles [...] ► Lire la suite
Je ne suis pas un autre : c'est ce que je constate avec effroi.
Chaplin travaille le contenu sans le style tandis qu'Eisenstein travaille le style sans le contenu. Mais si je dois choisir, je préfère Chaplin.
La Française, trompée, tuera sa rivale. L'Italienne tuerait plutôt son amant. L'Anglaise se contentera de rompre. Mais toutes se consoleront avec un autre homme.
Les mots que l'on prononce ne sont pas les mots qu'on écrit. Autre syntaxe, autre monde.
Il est certain que la conviction se trouve infiniment renforcée dès l'instant où une autre âme accepte de la partager.
A mesure que j'avançais en âge, mon « hugolâtrie » grandissait, et chaque nouvelle oeuvre du poète, attendue avec impatience, était dévorée dès son apparition. Si j'entendais autour de moi grincer d'irritantes critiques, je me réconfortais en causant avec Berlioz, qui voulait bien m'honorer de son amitié et dont l'admiration pour Hugo égalait la mienne.
Un être n'est jamais aimé que pour l'idée qu'un autre se fait de lui.
Le public anglais ne s'intéresse en rien à une oeuvre d'art jusqu'au jour où il apprend que l'oeuvre en question est immorale.
Vivre, c'est passer d'un espace à un autre en essayant le plus possible de ne pas se cogner.