Le dimanche est ennuyeux parce qu'il est dimanche pour tout le monde.
Seule la vie peut défendre un message, pas la parole.
Il faut mettre son coeur dans l'art, son esprit dans le commerce du monde, son corps où il se trouve bien, sa bourse dans sa poche et son espoir nulle part.
Si les gens heureux, comme on prétend, n'ont pas d'histoire, ils feraient bien de ne pas nous la raconter.
Dictature : un régime où l'opinion publique ne peut s'exprimer qu'en privé.
La gloire ou le mérite de certains hommes est de bien écrire ; et de quelques autres, c'est de n'écrire point.
On gouverne les hommes avec la tête ; on ne joue pas aux échecs avec un bon coeur.
Le mal de la grandeur, c'est quand du pouvoir elle sépare la conscience.
Si le vin disparaissait de la production humaine, il se ferait dans la santé et dans l'intelligence un vide, une absence plus affreuse que tous les excès dont on le rend coupable.
Quand on commence, on ne sait pas comment ça finira.
Le carrosse du passé ne nous conduit nulle part.
Une petite flamme de folie, si on savait comme la vie s'en éclaire !
On excuse les vices du riche, et on ne supporte pas les défauts du pauvre.
Un peu de jalousie éveille un amour heureux qui s'endort.
Le monde n'a pas besoin qu'on y mette de l'ordre ; le monde est ordre, incarné. C'est à nous de nous harmoniser avec cet ordre.
En amour, les arguments raisonnables sont inutiles.
Notre vie est une coquette si laide qu'on n'ose la regarder en face de peur d'être effrayé.
La prose doit être un vers qui ne va pas à la ligne.
Ce ne sera pas un des moindres paradoxes de notre époque que d'avoir rêvé le règne de la justice là où régnait déjà l'argent.
Vouloir tard, ce n'est pas vouloir.
Même si on est outragé, on ne peut haïr ses enfants.
C'est un supplice pour l'homme qu'on lui résiste. C'en est un bien plus grand pour la femme que de résister.
Je ne me sens vivre qu'à partir de l'instant où je sens mon inexistence. J'ai besoin de croire à mon inexistence pour continuer à vivre.
La naissance est l'appui des courages mal nés.
Comme c'est fatiguant de rester à la même place, on finit toujours par avancer.
Un pouvoir impunément bravé touche à sa ruine.
Quelqu'un a-t-il jamais profité de l'expérience des autres ?
Les nations les plus fortes sont celles qui partirent de petits commencements et furent assez peu fières pour se mettre aux pieds de l'étranger et tout apprendre de lui.
L'espoir signifie avoir des expectatives quand la situation est autrement désespérée.
Etrange : je me suis intéressé à une foule de choses alors qu'en réalité, à part les filles, rien ne m'intéressait vraiment.
C'est à cet instant qu'on reconnaît précisément le collectionneur. Il se fiche de la mode. Il transcende le temps.
La docilité n'enseigne pas la confiance.
Causer, n'est-ce pas produire ? Peut-être que la gratuité du créateur est plus pure quand il sait que ce qu'il crée ne sera que la flambée d'un moment.
Je crois que la banalité est très anormale.
Le succès n'a rien à voir avec ce que vous gagner ou accomplissez pour vous. C'est ce que vous faites pour les autres.
Quand une pièce fait une chute, c'est le rideau qui ne se relève pas.
L'atavisme, c'est comme la syphilis : les enfants trinquent.
L'idée de la mort n'est supportable qu'aux imbéciles.
Jamais on n'échappe à la réalité tant qu'on est lucide.
La souffrance, la douleur n'existent pas puisqu'on peut les oublier ; elles tarissent, délaissées.
Et si c'est cela la vie : retrouver son enfance, alors, à ce moment-là, lorsque la vieillesse l'a rejointe un beau jour, la petite ronde doit être presque finie, la fête terminée.
On naît livré au hasard et c'est en se créant qu'on se livre, en créant sa vie.
Nous plaçons régulièrement la classe politique sous le plancher de la cave dans notre estime collective, et au bout du compte, nous allons tout de même courir la réélire.
On peut tout faire avec des mayonnaises, sauf s'asseoir dessus.
Soyez sans crainte, le talent n'est pas contagieux.
La cendre est la maladie du cigare.
La femme est, dans le sein des nations lasses, un grand peuple neuf.
Les plus grands naissent posthumes.
On sait si on a été heureux ou pas, le jour où on a assez de temps à perdre pour se poser la question.
C'est au moment de payer les pots qu'on sent qu'on n'a plus soif.