Un bon raconteur d'histoires, c'est quelqu'un qui a une bonne mémoire et qui espère que les autres n'en ont pas.
Quand on écrit ses mémoires, on se fait deux sortes d'ennemis. Ceux dont on parle. Et ceux dont on ne parle pas.
Seules les femmes voient vraiment les choses. Les hommes n'ont jamais qu'une idée.
L'obstacle nous fait grands.
Trop de culture épuise un champ fertile.
Un livre a ceci de particulier qu'il peut être interprété comme on veut.
Les fous sont aux échecs les plus proches des rois.
Appelons hommes de génie ceux qui font vite ce que nous faisons lentement.
Le tabac est l'herbe la plus souveraine et la plus précieuse que la terre ait jamais offerte à l'homme.
Qui meurt paie ses dettes.
Mesure tes forces d'après tes aspirations et non tes aspirations d'après tes forces.
L'être qu'on peut nommer n'est pas l'être suprême.
Les hommes ne veulent connaître que l'histoire des grands et des rois, qui ne sert à personne.
L'histoire n'est pas plus reconnaissante que les hommes.
Toutes les vérités deviennent plus lumineuses les unes par les autres.
Un gourmet, c'est un glouton qui à un cerveau.
En larme de rosée je vais ruisseler tout en bas et à la cendre me confondre.
La simplicité est aux grands seigneurs.
Passer de l'enfance à l'âge adulte, on peut appeler cela une "mutation". C'est aussi important que de passer de la vie du foetus dans le ventre de sa mère à la vie aérienne du nourrisson.
Voyait-il le matin poindre un sophisme protectionniste dans un journal un peu accrédité, aussitôt il prenait la plume, démolissait le sophisme avant même d'avoir songé à déjeuner, et notre langue comptait un petit chef-d'oeuvre de plus.
Quand on me demande dans la rue un don pour les enfants handicapés, je refuse. Je n'ose pas dire que j'ai deux enfants handicapés, on va croire que je blague. L'air dégagé et souriant, je m'offre le luxe de dire : "Les enfants handicapés, j'ai déjà donné."
Il faut, autant qu'on peut obliger tout le monde.
Paris impose à l'Europe attardée ses révolutions et ses modes ; Paris est le Panthéon des vivants, le temple où l'homme devient dieu pour un siècle ou pour une heure, le foyer brûlant qui éclaire et consume toute renommée.
On a deux vies au moins. Une qui s'installe dans notre mémoire comme une pierre au fond de l'eau, et l'autre qui disparaît au fur et à mesure qu'elle se déroule comme si c'était vaporeux.
C'est plus difficile de recevoir le succès que l'échec.
On ne peut pas vivre dans un monde où les objets sont conçus pour être remplacés le plus vite possible.
Tout le monde est beau, à vingt ans. Après, on a la tête qu'on mérite.
L'homme : un animal sociable qui déteste ses semblables.
La réalité, pensait-t-il, essaie toujours d'imiter l'imagination de l'homme, dont elle émane.
La foi scientifique n'apporte pas la paix aux américains ; elle change leur tourment de place et de plan.
Nos sages et doctes aïeux ont brûlé religieusement des gens dont le crime était d'avoir eu des illusions, et de le dire.
Michèle Alliot-Marie, elle ne fait rien, mais elle le fait avec ténacité.
Trahir, qu'on dit, c'est vite dit. Faut encore saisir l'occasion. C'est comme d'ouvrir une fenêtre dans une prison, trahir. Tout le monde en a envie, mais c'est rare qu'on puisse.
Pour qu'un châtiment produise l'effet voulu, il suffit qu'il surpasse l'avantage résultat du délit ; encore faut-il faire entrer en ligne de compte la certitude de la punition et la perte du profit escompté. Tout ce qui va plus loin est superflu et porte la marque de la tyrannie.
Ce n'est point par la rigueur des supplices qu'on prévient le plus sûrement les crimes, c'est par la certitude de la punition ; c'est par la vigilance du magistrat et par cette sévérité inflexible, qui n'est une vertu dans le juge qu'autant que la législation est douce.
Je ne crois pas qu'il y aura de sursaut. Une civilisation, elle a sa logique de développement. Elle grandit puis elle meurt. Vous n'arrêtez pas la mort d'une civilisation.
J'ai peine à concevoir que le ciel vous envoie des sujets de chagrin dans la commune joie.
Dès que quelqu'un se convertit à quoi que ce soit, on l'envie tout d'abord, puis on le plaint, ensuite on le méprise.
Nous sommes tous des brebis à qui il est arrivé de s'égarer.
Que veut Dieu ? Le Bien ? Ou que l'on choisisse le Bien ? L'homme qui choisit le Mal est-il, peut-être, en un sens, meilleur que celui à qui on impose le Bien ?
Le texte de jouissance est absolument intransitif.
Texte de jouissance : celui qui met en état de perte, fait vaciller.
- Ils ne nous aiment pas, disait-il, amer.- Et toi, les aimes-tu ?- Pourquoi aimerais-je des gens qui me détestent ?- Il faut bien que quelqu'un commence !
Si je porte aujourd'hui encore sur les épaules un tel fardeau d'insatisfaction et d'amertume, je le dois entièrement et justement à ces hospitalisations longues et répétées, qui m'ont quasiment réduite à l'état de pantin dépourvu de volonté et doutant perpétuellement de ses valeurs morales et sociales.
C'est pourquoi les interprétations ne doivent pas être couchées par écrit, hormis dans les ouvrages de démonstration, car si elles se trouvent dans ces livres-là, seuls les gens de démonstration y auront accès.
Les personnages sans intégrité sont tout aussi intéressants que les personnages avec beaucoup d'intégrité.
C'est amusant de botter des culs et de montrer également cet autre côté sombre de vous-même.
Il y a quelque chose dans la mode qui peut rendre les gens très nerveux.
Discours sur la vertu et ils passent en masse. Sifflez et dansez le shimmy, et vous avez un public.
La grandeur n'est rien si elle n'est pas durable.