Les maximes générales sont surtout bonnes contre les peines et les erreurs du voisin. Mais contre une fureur d'amour trompé ou d'ambition, ou d'envie, que pourrait une maxime ? Autant vaudrait, contre la fièvre, lire l'ordonnance du médecin.
Le genre humain vit grâce à quelques hommes.
Nous faisons merveille quand il s'agit de construire des machines ou bien de vendre. Mais quand il s'agit seulement de parler l'un à l'autre, nous avons peur et tirons nos revolvers.
Le moyen de ne pas varier, c'est de ne pas penser.
La foi a cela de particulier que, disparue, elle agit encore.
Le monde est à la volonté bien plus qu'à la sagesse.
On constate de plus en plus que l'immobilité n'existe vraiment que dans la mort...
Toutes les professions sont des conspirations contre les profanes.
L'austérité n'est acceptable qu'étayée par l'ambition.
L'expérience est cette chose merveilleuse qui vous permet de reconnaître une erreur quand vous la faites à nouveau.
Il faut traiter chaque occupation de manière artistique, si l'on veut qu'elle atteigne sûrement, durablement et absolument son but.
Ce que nous appelons immortalité n'est le plus souvent qu'une continuité minimale d'existence en bibliothèque, capable d'être remobilisée par moments, pour cautionner la mode ou l'humeur littéraire du temps.
J'étais entré au ministère aussi... Un autre univers. Qui me plaisait. Parce que, dans les ministères, le travail, je ne dis pas qu'il ne sert à rien, non, non, il sert mais au moins on ne voit pas à quoi. Ça rassure.
Le soir était tombé. Aucun des deux ne songeait à le ramasser...
« Lutteur ou acteur ? » Je ne pouvais m'empêcher de rire. Jamais je n'avais voulu devenir un véritable lutteur. La lutte m'était nécessaire sur le plan émotionnel, c'était une manière pour moi de conquérir le chandail frappé du grand L cramoisi. Moi, je voulais être acteur.
Il est bon que, dans la jeunesse, on ait cet appétit de savoir, qui n'a que trop de tendances à se recroqueviller par la suite, quand on a compris que l'objet de la connaissance se sauve perpétuellement devant nous.
A trente ans on inhume encore une promesse à cinquante on enterre des concessions.
On y lit que le monde se ressemble, et que le jour n'est pas pressé de commencer.
Nul homme ne réussit dans tout ce qu'il entreprend. En ce sens, nous sommes tous des ratés. L'essentiel est de ne pas échouer à rendre cohérent et à soutenir jusqu'au bout les efforts de notre vie.
Je suis convaincu que nul homme ne comprend jamais tout à fait ses propres esquives et ruses pour échapper à l'ombre sinistre de la connaissance de soi.
Le lecteur domine l'écrivain, même quand il en est subjugué.
Le propre du père, c'est de pardonner et d'aimer.
Le ciel de ParisSon bleu son éclatJe veux y volerDe toutes mes forcesLongues sont ses jambesEt noble est son coeurSolides sont les chaînesOui mais moi de même.
Mes mots déséquilibrés sont le luxe de mon silence. J'écris par pirouettes acrobatiques et aériennes - j'écris à cause de mon profond vouloir parler. Quoique écrire ne me donne que la grande mesure du silence.
Assimilés aux capitalistes comme les femmes aux prolétaires, on note que les hommes ne cèdent leur pouvoir que sur des points mineurs pour mieux conserver l'essentiel.
Au fond de la plus noire douleur j'ai surtout souffert de trouver des limites à ma faculté de l'exprimer.
Tout est dit dans mes chansons. Seulement, ce n'est pas raconté de façon prosaïque, c'est enjolivé. L'essentiel est dedans...Alors à quoi bon en parler ? Si je me mets à parler, ça perd de son intérêt. Moi, je suggère. C'est le public qui fait le reste.
Le naturel est miraculeux.
Un cloporte, sûrement, trouverait une issue. Lui ne la cherche même pas.
On écrit moins sur la Chine, au fond, que sur soi-même face à la Chine: elle est révélatrice encore plus que révélée.
Il n'y a pas au monde, un homme qui échappe complètement à l'erreur.
En tout pays, chacun renâcle devant certaines contraintes du progrès. Mais dans les pays polycentriques, ce refus est surmonté : les récalcitrants ne peuvent s'en prendre à personne d'une évolution qui est celle de l'époque; elle les déborde de toutes parts; elle est un défi, qu'ils relèvent.
Car le journaliste est l'adversaire du communicant. Son rôle consiste à arracher les costumes et à déconstruire les sourires. Pour cela, il faut oser toutes les questions et exiger toutes les réponses.
Mais au moins, se perdre dans l'espace, ça vous tenait occupé.
Pensez-y comme vous le voulez, pas comme il est !
Notre objectif est de fabriquer les meilleurs appareils au monde, pas d'être les plus gros.
Au lycée, j'adorais l'histoire. J'aimais aussi la cosmographie, l'algèbre. Le Mexique est si riche en culture et en histoire, et j'ai toujours apprécié cela.
Au nom de Dieu, arrêtez-vous un instant, cessez votre travail, regardez autour de vous.
Donnez-lui assez de corde et il se pendra.
Rien ne s'est vraiment passé tant qu'il n'a pas été enregistré.
Les tailles étroites et les esprits étroits vont de pair.
Les trois types de fierté sont : (1) penser que je suis meilleur que les autres ; (2) penser que je suis pire que les autres ; et (3) penser que je suis aussi bon que les autres.
L'essentiel est d'être en contrôle de votre propre destin.
Je ne dis pas que l'ambition soit un vice inutile ; elle peut servir à fouetter l'âme. Seulement elle l'épuise. Je ne sache pas de succès qui ne s'achète par un demi-mensonge ; je ne sache pas d'auditeurs qui ne nous forcent à omettre, ou à exagérer quelque chose.
L'amitié en veut à l'amour, comme le pauvre en veut au riche.
Les jeunes faut pas les engueuler, sinon ils sont effrayés après, mais les vieux...
Il paraît qu'on n'apprend pas à mourir en tuant les autres.
Clint Eastwood s'attend à ce que vous sachiez ce que vous faites. Il va faire deux pas en arrière et vous laisser faire. J'ai une telle appréciation pour cette partie de lui.
Lorsque nous pensons avoir été blessés par quelqu'un dans le passé, nous construisons des défenses pour nous protéger contre les blessures futures. Ainsi, le passé effrayant provoque un futur effrayant et le passé et le futur ne le deviennent plus.
J'ai vraiment aimé le mouvement de Seattle.