La servitude avilit le despotisme.
C'est une grande servitude qu'une grande carrière.
S'il n'y avait en Angleterre qu'une religion, le despotisme serait à craindre ; s'il y en avait deux, elles se couperaient la gorge ; mais il y en a trente, et elles vivent en paix et heureuses.
La liberté enfante l'anarchie, l'anarchie conduit au despotisme et le despotisme ramène la liberté.
Le despotisme fait illégalement de grandes choses, la liberté ne se donne même pas la peine d'en faire légalement de très petites.
Mais lorsque une longue suite d'abus et d'usurpations, tendant invariablement au même but, marque le dessein de les soumettre au despotisme absolu, il est de leur droit, et de leur devoir, de rejeter un tel gouvernement, et de pourvoir, par de nouvelles sauvegardes, à leur sécurité future.
Il n'y a d'histoire digne d'attention que celle des peuples libres. L'histoire des peuples soumis au despotisme n'est qu'un recueil d'anecdotes.
Commencer par une liberté illimitée, c'est finir par un despotisme illimité.
Les bienfaits du despotisme sont courts, il empoisonne les sources mêmes qu'il ouvre. Il ne possède qu'un mérite d'exception, une vertu de circonstance, et dès que son heure est passée, tous les vices de sa nature éclatent et pèsent de toute part sur la société.
Le secret d'obtenir au moins une partie de la liberté d'un être, c'est de la lui laisser tout entière. La liberté veut être aliénée librement. La jalousie qui exige tout, n'obtient rien. La plus absurde des tyrannies est celle de [...] â–º Lire la suite
Les premières lois et les premiers législateurs sont issus du besoin de parer aux désordres dus au despotisme naturel de chaque homme.
Une république trop vaste ne se garantit du despotisme qu'en se subdivisant et s'unissant en plusieurs républiques confédérées.
Le colonialisme invisible, lui, te persuade que la servitude est ton destin et que tu es naturellement démuni : il te persuade que tu ne peux ni dire, ni agir, ni être.
C'est l'idée du despotisme qui nous donne l'idée de la démocratie.
Ce prétendu progrès moderne dans l'ordre politique n'est donc qu'une évolution, un accident de ce moment précis. Nous pouvons demain embrasser le despotisme avec la fureur que nous avons mise à nous rendre indépendants de tout frein.
La démocratie a deux excès à éviter : l'esprit d'inégalité, qui conduit à une aristocratie, ou au gouvernement d'un seul individu ; et l'esprit d'extrême égalité qui le conduit au despotisme, comme le despotisme d'un seul individu finit par la conquête.
Les seules libertés auxquelles nous soyons sensibles sont celles qui viennent jeter autrui dans une servitude équivalente.
C'est le fanatisme de la liberté, seul, qui peut avoir raison du fanatisme de la servitude et de la superstition.
Quand je pense à ces gens qui flattent le tyran pour exploiter sa tyrannie et la servitude du peuple, je suis presque aussi souvent ébahi de leur méchanceté qu'apitoyé par leur sottise.
Le despotisme anonyme d'une oligarchie est quelquefois aussi effroyable et plus difficile à renverser que le pouvoir personnel aux mains d'un bandit.
Comme le despotisme est l'abus de la royauté, l'anarchie est l'abus de la démocratie.
N'est-il pas clair que les tyrans, pour s'affermir, se sont efforcés d'habituer le peuple, non seulement à l'obéissance et à la servitude mais encore à leur dévotion ?
Lorsque dans une société, la force organisée n'est nulle part, le despotisme est partout.
L'excès de liberté ne peut tourner qu'en excès de servitude pour un particulier aussi bien que pour un état.
La première raison de la servitude volontaire, c'est l'habitude.
La guerre vit du despotisme et n'est pas menée avec l'amour de Dieu.
La pauvreté a le pouvoir a le pouvoir de faire sentir aux êtres humains la pesanteur de la chair et la servitude lamentable de l'esprit.
Le despotisme soumet une nation à un seul tyran, la démocratie à plusieurs.
Comment se fait-il que, sous le despotisme le plus affreux, on puisse se résoudre à se reproduire? C'est que la nature a ses lois plus douces, mais plus impérieuses que celles des tyrans; c'est que l'enfant sourit à sa mère sous Domitien comme sous Titus.
Disons donc ainsi, qu'à l'homme toutes choses lui sont comme naturelles, à quoi il se nourrit et accoutume ; mais cela seulement lui est naïf, à quoi la nature simple et non altérée l'appelle : ainsi la première raison de la servitude volontaire, c'est la coutume.
C'est par la servitude qu'on devient une âme damnée.