La servitude avilit le despotisme.
Ce prétendu progrès moderne dans l'ordre politique n'est donc qu'une évolution, un accident de ce moment précis. Nous pouvons demain embrasser le despotisme avec la fureur que nous avons mise à nous rendre indépendants de tout frein.
Le despotisme anonyme d'une oligarchie est quelquefois aussi effroyable et plus difficile à renverser que le pouvoir personnel aux mains d'un bandit.
L'amour est un don, la volupté une servitude, et, entre cette servitude et la joie, il n'y a certes aucune commune mesure.
L'excès de liberté ne peut tourner qu'en excès de servitude pour un particulier aussi bien que pour un état.
Les seules libertés auxquelles nous soyons sensibles sont celles qui viennent jeter autrui dans une servitude équivalente.
Le mariage est le tombeau de la femme, le principe de toute servitude féminine.
La monarchie dégénère ordinairement dans le despotisme d'un seul ; l'aristocratie dans le despotisme de plusieurs ; la démocratie dans le despotisme du peuple.
La liberté enfante l'anarchie, l'anarchie conduit au despotisme et le despotisme ramène la liberté.
C'est par la servitude qu'on devient une âme damnée.
Les hommes ne sont-ils pas les propres artisans de leur servitude en s'imposant toute une bureaucratie qu'ils appellent du nom abusif de gouvernement.
Il ne peut entrer dans l'esprit de personne que la nature ait mis quiconque en servitude puisqu'elle nous a tous mis en compagnie.
Quand je pense à ces gens qui flattent le tyran pour exploiter sa tyrannie et la servitude du peuple, je suis presque aussi souvent ébahi de leur méchanceté qu'apitoyé par leur sottise.
La cruauté est un geste de servitude : car elle atteste que la barbarie du régime oppresseur est encore présente en nous.
Seul, presque sans effort, il apprit en deux ans ce que le despotisme abêtissant de tous les pions de la terre n'aurait pu lui enseigner en un demi-siècle.
N'est-il pas clair que les tyrans, pour s'affermir, se sont efforcés d'habituer le peuple, non seulement à l'obéissance et à la servitude mais encore à leur dévotion ?
Mais lorsque une longue suite d'abus et d'usurpations, tendant invariablement au même but, marque le dessein de les soumettre au despotisme absolu, il est de leur droit, et de leur devoir, de rejeter un tel gouvernement, et de pourvoir, par de nouvelles sauvegardes, à leur sécurité future.
Il est plus difficile de libérer une nation de la servitude que d'asservir une nation libre.
Les bienfaits du despotisme sont courts, il empoisonne les sources mêmes qu'il ouvre. Il ne possède qu'un mérite d'exception, une vertu de circonstance, et dès que son heure est passée, tous les vices de sa nature éclatent et pèsent de toute part sur la société.
S'il n'y avait en Angleterre qu'une religion, le despotisme serait à craindre ; s'il y en avait deux, elles se couperaient la gorge ; mais il y en a trente, et elles vivent en paix et heureuses.
Seule l'histoire des peuples libres mérite notre attention ; l'histoire des hommes sous un despotisme n'est qu'un recueil d'anecdotes.
Il n'y a pas d'histoire digne d'attention que celle des nations libres ; l'histoire des nations sous l'emprise du despotisme n'est qu'un recueil d'anecdotes.
Comment se fait-il que, sous le despotisme le plus affreux, on puisse se résoudre à se reproduire? C'est que la nature a ses lois plus douces, mais plus impérieuses que celles des tyrans; c'est que l'enfant sourit à sa mère sous Domitien comme sous Titus.
C'est une grande servitude qu'une grande carrière.
Le despotisme fait illégalement de grandes choses, la liberté ne se donne même pas la peine d'en faire légalement de très petites.
Le despotisme soumet une nation à un seul tyran, la démocratie à plusieurs.
Le gouvernement de la révolution est le despotisme de la liberté contre la tyrannie.
Lorsque dans une société, la force organisée n'est nulle part, le despotisme est partout.
Il y a un sentiment de liberté à suivre ses caprices, et tout au contraire de servitude à courir pour son établissement : il est naturel de se croire digne de le trouver sans l'avoir cherché.
Comme le despotisme est l'abus de la royauté, l'anarchie est l'abus de la démocratie.